Après l'élection surprise de Donald Trump, il est tentant de dire que les données économiques antérieures au 8 novembre ont perdu tout intérêt car elles ne mesurent pas l'impact de cet événement. En fait, si le cas du Brexit est un guide, il est peu probable que l'économie américaine soit modifiée de fond en comble par ce choc politique. Il est rare qu'on modifie d'un coup les grandes tendances d'une économie. Aux États-Unis, un point notable est le redressement de l'inflation. C'est dû en large partie au rebond des prix du pétrole. S'y ajoute aussi une légère remontée de l'inflation sous-jacente. L'output gap est comblé, le plein-emploi est retrouvé, et les salaires se redressent lentement. La hausse annuelle du CPI était inexistante en septembre 2015, elle était de +1,5 % un an plus tard. Elle est attendue à 1,6 % en octobre, et par le jeu des effets de base, pourrait dépasser 2,5 % au printemps prochain. Le « choc Trump » pourrait renforcer cette tendance. Primo, si le dollar se retrouve sous pression. Secundo, si la relance budgétaire promise est bel et bien mise en œuvre. Les implications pour la Fed sont ambiguës. D'un côté, le retour sur la cible d'inflation pourrait être un peu plus rapide que prévu, justifiant une hausse des taux en décembre. Il n'est en tout cas plus question de parler du risque de déflation. De l'autre, la Fed peut juger que le degré d'incertitude a monté et différer sa décision. Les plans de la Fed sont certainement un peu moins clairs cette semaine que la précédente.
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