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Nos lecteurs ont la parole - Georges Tyan

Je t’aime, moi non plus

Je n'ai pas envie de faire les rabat-joie, surtout en cette période de félicité où, enfin, le palais présidentiel s'est trouvé un locataire, et le peuple, toutes tendances confondues, est pris d'une frénésie de liesse qui déborde d'une région sur l'autre tel un ouragan qui fait voler au vent les oriflammes aux couleurs chatoyantes levés bien haut par de jeunes énergumènes désœuvrés.
Je ne m'interrogerais pas non plus sur les bouche-à-bouche fougueux que se font les ennemis d'hier, ce qui est tout à fait dans les normes des canons de l'amour fou. Plus on se déteste, plus l'amour prend son élan, plus on s'aime, plus on s'enlace, plus on s'embrasse, plus on se serre, plus on se frotte, comme pour prendre son pied à s'étouffer.
Qu'on ne s'y méprenne pas, ce n'est pas tiré d'un film porno, mais c'est tout comme. Quand on est euphorique, on fait ce qu'on veut, on baisse la garde, le reflux jaillit comme les bulles d'une bouteille de champagne, le désir normalement maîtrisé vous échappe, il vous conduit à des poses pour le moins délicates, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Comme c'est beau l'amour.
Résultat dans neuf mois, quand l'avorton poussera son premier cri. Avant, même, s'il naît laid, plissé et prématuré. Les recherches en paternité feront jaser, les dénis aussi, nul ne voulant endosser la responsabilité d'avoir donné le jour à un avatar sans queue ni tête, sachant qu'à sa conception, tous avaient joué des coudes pour faire don de leur semence, voire de leur personne, pour que le bonheur revienne au pays du Cèdre.
C'est du déjà-vu, déjà enduré, déjà pénible de constater que nul ne retient les erreurs du passé. On prend les mêmes et on recommence. Le peuple de mon pays s'enfoncera encore plus dans la misère, se bouchant le nez pour ne pas respirer les effluves dégagés par les batailles de chiffonniers que se livreront ses dirigeant alléchés par l'odeur nauséabonde des juteux marchés en perspective.
Il ne me revient pas de donner des cours en démocratie, mais la nôtre semble être unique au monde, elle mérite de figurer dans le Livre Guinness des records, et serait un cas d'école. Il n'y a que chez nous où majorité et opposition se mettent en ménage dans l'exécutif, pour mieux exécuter un peuple qu'en principe elles doivent protéger de leurs exactions.
Et les scènes de ménage, nous connaissons parfaitement et en payons les dégâts quand l'amour devient fou.

Georges TYAN

Je n'ai pas envie de faire les rabat-joie, surtout en cette période de félicité où, enfin, le palais présidentiel s'est trouvé un locataire, et le peuple, toutes tendances confondues, est pris d'une frénésie de liesse qui déborde d'une région sur l'autre tel un ouragan qui fait voler au vent les oriflammes aux couleurs chatoyantes levés bien haut par de jeunes énergumènes désœuvrés.Je ne m'interrogerais pas non plus sur les bouche-à-bouche fougueux que se font les ennemis d'hier, ce qui est tout à fait dans les normes des canons de l'amour fou. Plus on se déteste, plus l'amour prend son élan, plus on s'aime, plus on s'enlace, plus on s'embrasse, plus on se serre, plus on se frotte, comme pour prendre son pied à s'étouffer.Qu'on ne s'y méprenne pas, ce n'est pas tiré d'un film porno, mais c'est tout comme. Quand on...
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ET HUMAINS ET DIFFERENTS AVEC DES S...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

10 h 12, le 09 novembre 2016

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Commentaires (2)

  • ET HUMAINS ET DIFFERENTS AVEC DES S...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 12, le 09 novembre 2016

  • DANS LA PHOTO LE MOT SOUFFRIR DOIT AVOIR DEUX F...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 11, le 09 novembre 2016

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