Alors que le général célèbre en grande pompe, après deux décennies et demie d'attente, l'aboutissement heureux de sa quête iznogoudienne, quelqu'un d'autre, humblement tapi dans l'ombre, doit aussi se féliciter de ses bonnes décisions. Ce quelqu'un, c'est Samir Geagea, le leader rival qui a su s'effacer à temps, se retirer d'une course vaine, avaler son ego et sacrifier ses intérêts personnels pour le bien-être de sa communauté et de sa nation. Surprenant tout le monde en soutenant la candidature de Aoun, il y a presqu'un an de cela, il avait entrepris le premier pas dans le sens de la réunification chrétienne. Il n'est pas sans rappeler Camille Chamoun qui, cinquante ans plus tôt, avait vu plus grand que le petit conflit Kataëb-Ahrar et avait créé le Front national, réunissant toutes les composantes chrétiennes de l'époque, et soutenu la candidature de Bachir.
Le Samir Geagea des années 80-90, redoutable chef d'une milice belliqueuse, n'a rien à voir avec le Geagea sorti de prison en 2005, assagi et mûri après 11 années d'emprisonnement. En 2008, lorsque des éléments armés occupent le centre-ville et envahissent une zone d'Achrafieh pour un bref moment, il aurait très bien pu enflammer ses jeunes excités par un petit discours sur l'autodéfense et plonger le pays dans un bain de sang : au lieu de cela, il avait dit simplement: «Nous nous rangeons derrière l'État de droit.» La catastrophe fut évitée.
Geagea aurait très bien pu rester dans la course présidentielle; il aurait en tout cas bénéficié de l'appui de plusieurs parties, mais il a vu plus loin que le bout de son nez. Il a su que l'intérêt général primait sur les petites dissensions personnelles et les calculs matériels. C'est pour cela qu'il a soutenu Aoun. En cela, il agit comme un véritable responsable politique, dans un pays où la démarche classique de tout politicien consiste en trois étapes : arriver au plus haut poste de pouvoir possible, saper tout ce qui peut l'être et « adios » tout le monde ! Espérons qu'un plus grand nombre de nos politiciens s'inspireront de son exemple.
Louis AMERIGHI


Il arrive parfois,chez les gens intelligents qu'une évaluation d'une situation présente donne à réfléchir doublement voir triple. Prenons le cas du phare AOUN pour qui j'ai une admiration sans limite, c'est un militaire, il sait évaluer les forces en présence,geagea que je commence à apprécier aussi connaît les tenants et aboutissants d'une guerre et des forces en présence, ils ont tous le 2 vu que l'armée la puissante et la plus barbare détaler comme des lapins en 2000 et 2006. Leur repositionnement s'explique tout seul bien que je persiste à dire que ce sont des personnes intelligentes. En-bref ils ont accepté de se couper un doigt plutôt que le bras.
14 h 13, le 04 novembre 2016