Liban

Nouveau gouvernement : l’attente ne serait pas longue

L’éclairage
02/11/2016

Maintenant que Michel Aoun a été élu président, ceux qui se sont réjouis de son élection tout comme ceux qui s'y opposaient au départ sont désormais d'accord pour souhaiter qu'il soit un agent d'unité du Liban.

À cet égard, les observateurs se félicitent de la modération dont le nouveau président a fait preuve, dans son discours d'investiture, dont les termes, dans leur généralité, ont été pesés à la balance de précision et ont réussi à éviter tous les sujets conflictuels. Application intégrale de l'accord de Taëf, distanciation à l'égard des conflits régionaux, aucune allusion à la déclaration de Baabda, d'un côté, pas davantage au triptyque armée-peuple-résistance, mention explicite à la distanciation nécessaire pour qu'aucune étincelle du brasier régional ne retombe sur le Liban, etc. À tout point de vue, un bon début.

Ce qui n'empêche pas les analystes de tenter de mettre au point des grilles de lecture politique de l'élection présidentielle. Ainsi, que l'Iran et la Syrie se soient empressés de féliciter Michel Aoun a été jugé « de bonne guerre » par ceux qui estiment que l'arrivée au pouvoir de Michel Aoun est une victoire pour l'axe syro-iranien. Certains estiment que le feu vert à l'élection de l'ancien commandant en chef de l'armée a été donné par une direction iranienne soucieuse de devancer l'élection probable de Hillary Clinton à la présidence américaine, et la possible nomination de Jeffrey Feltman au département d'État.

 

(Lire aussi : Les consultations présidentielles contraignantes démarrent aujourd'hui, l'inconnue Berry persiste)

 

En tout état de cause, tout le monde est désormais à l'affût des premiers pas du nouveau régime. La palme de l'attente revient aux milieux économiques qui avaient mis en garde contre les conséquences désastreuses de la persistance de la vacance présidentielle. Ces derniers se félicitent du pas qui vient d'être franchi, mais s'interrogent désormais sur les rumeurs concernant un éventuel remplacement du gouverneur Riad Salamé. L'écho de cette inquiète attente se retrouve dans l'hommage rendu par Saad Hariri au gouverneur de la Banque centrale, et au souhait de le voir récompensé pour le succès de sa politique de stabilité monétaire. Dans les milieux politiques, on attend avec impatience les résultats de la prochaine réunion que le président Aoun doit avoir avec M. Salamé, dans l'espoir de voir maintenu ce dernier à son poste, une décision qui doit soulager à la fois milieux économiques et milieux populaires.

Un autre souci dominant au sein de l'opinion est de voir le prochain gouvernement formé rapidement. À cet égard, on s'interroge dans les milieux politiques sur l'attitude du tandem chiite lors des consultations parlementaires d'aujourd'hui et de demain. On apprend à ce sujet que le Hezbollah a délégué au président de la Chambre le soin de prendre les décisions nécessaires aussi bien sur le plan de la nomination du prochain Premier ministre que sur celui de la composition du prochain gouvernement, sachant que le parti pro-iranien n'a jamais nommé Rafic Hariri ou son fils Saad pour la formation d'un gouvernement.
En restera-t-on à la politique du « bulletin blanc », c'est-à-dire à une attitude d'opposition du mouvement Amal et des Marada, auquel se rallierait cette fois le Hezbollah? Le lien personnel qui s'est créé entre Saad Hariri et Sleiman Frangié, qui a même fait état de futures alliances électorales, jouera-t-il, au contraire, en faveur du leader sunnite? Autant de questions auxquelles on aura des réponses assez rapidement, en fait dès jeudi soir, assurent des sources fiables.

 

(Lire aussi : Comment le nouveau président va-t-il naviguer entre les forces politiques ?)

 

C'est la date et l'heure que ces sources fixent à la désignation de Saad Hariri pour la formation du prochain gouvernement, qui serait un gouvernement « d'union nationale ». Les consultations préalables à cette formation devant commencer dès lundi prochain. La tâche principale de ce gouvernement nécessairement transitoire sera de superviser l'adoption de la nouvelle loi électorale et l'organisation des élections législatives du printemps prochain, qui doivent être tenues avant le 20, date de l'expiration de la présente législature.

La transition assurée par ce premier gouvernement sera donc prolongée bien au-delà du délai de grâce des cent jours que l'on accorde, généralement, à un nouveau régime pour faire ses preuves. L'après-législatives sera marqué, lui, par l'arrivée du premier véritable gouvernement du nouveau mandat.

 

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AIGLEPERçANT

Je ne m'attendais pas à voir mon compas commencer à travailler aussi vite. Hahahahah. ..

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

EXPLICATION TRES OBJECTIVE BEYROUTHINE... AVEC H.

Bery tus

Le président du liban la bien fait comprendre il se trouve au centre et n'appartient à aucun axes (d'ailleurs n'a jamais appartenu à un axe) mais même s'il l'avait été un moment maintenant il ne l'est plus !! Il suffit de lire son discours d'investiture prônant la constitution et la supremacie de l'armée seul à détenir le pouvoir de la violence légitime sur le territoire libanais et aussi et non des moindres la position du liban neutre vis à vis des conflits régionaux !!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE GOUVERNEMENT DOIT ETRE UN GOUVERNEMENT D,UNION NATIONALE ! ET LE DIALOGUE ET L,ENTENTE EN TETE DE SON PROGRAMME... POUR QUE PHENIX RESSUSCITE DE SES CENDRES...

AIGLEPERçANT

Une fois la revendication du poste du Président Phare Aoun acquise par les forces des résistances , formées par La Russie , l'Iran , la Syrie du héros Bashar et le hezb résistant , tout le reste ne sera que pure formalité .

Le hezb , au Liban n'est pas intéressé par la moindre parcelle de pouvoir local , en s'assurant que ses armes bienfaitrices empêcheront les prédateurs au sud du pays ne récidivent , il continuera à faire capoter le complot qui veut nous berner avec ses "printemps" à géométrie variable , tout comme les dénominations de ses bactéries recyclées sans fin .

Que saad prenne la présidence du conseil , ma foi , pourquoi pas , du moment qu'il devra être sous la surveillance de ses faits et gestes, du peuple libanais qui a mûri et qui ne se laissera plus faire par les prédateurs internationaux en tout genre . Pour lui c'est , disons, du gagnant-gagnant .

Le gros progrès qu'aura fait le Liban , c'est de se débarrasser à jamais de cette néfaste main mise des puants bensaouds au profit d'un axe nouveau qui n'aura aucun mal à prouver qu'il fera mieux , et ce, à partir de jeudi comme nous le promet Philippe A-A.

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