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Nos Lecteurs ont la Parole - Georges TYAN

Tararatata

C'est fini, je ne klaxonne plus, j'économise ma batterie. Arrivé à un carrefour ou dans les encombrements, chose courante de nos jours, je baisse ma vitre, il fait beau encore, et sans fausse honte je lance à tue-tête le cri de guerre qui depuis une vingtaine d'années a fait le bonheur des uns ou le malheur des autres. Quel défoulement !
C'est relaxant. Tant pis si les automobilistes d'à coté me toisent d'un œil sévère, certains même allant jusqu'à s'interroger d'un tour de main au niveau du cerveau sur ma santé mentale, ou les passants qui des fois sursautent étonnés puis rigolent un bon coup, me prenant sans doute pour un fou.
Souvent en regardant, curieux, les reportages que les stations de télévision transmettent désormais en direct à chaque fois qu'un de nos responsables s'enrhume, éternue ou que l'envie de tenir un discours de masse lui prend, je me demandais si le flot des applaudisseurs présents par milliers ne jouait pas du chapeau. Il m'arrivait aussi de mettre en doute ma propre lucidité en observant les politiciens de mon pays faire le grand écart, sautant sans vergogne d'un lit à l'autre jusqu'à pratiquement coucher avec ceux qu'hier encore, ils nous présentaient comme ennemis de la patrie, buveurs de sang, forbans, scélérats et j'en passe de ces qualificatifs de bas étage. Quelle partouze ! Le Liban serait-il devenu un lupanar géant ? À ce compte-là, le peuple aurait dû être heureux, mais la jouissance reste l'apanage de quelques puissants qui ont transformé les communautés en partis. Ils l'ont privé de tout, lui gardant juste le devoir d'applaudir quand on le lui ordonne, sinon qu'il la boucle sans autre forme de procès.
Il faut donc être fou à lier pour croire encore que dans mon pays que j'aime tant, mon Liban, carrefour des civilisations, de la culture, de la liberté, il puisse encore exister des principes dans lesquels nous avons cru, certains en sont morts avec une rare violence : l'indépendance, la justice, la rectitude, la loyauté, la démocratie, la souveraineté.
Moi j'y croirai toujours, et Tararatata.


C'est fini, je ne klaxonne plus, j'économise ma batterie. Arrivé à un carrefour ou dans les encombrements, chose courante de nos jours, je baisse ma vitre, il fait beau encore, et sans fausse honte je lance à tue-tête le cri de guerre qui depuis une vingtaine d'années a fait le bonheur des uns ou le malheur des autres. Quel défoulement !C'est relaxant. Tant pis si les automobilistes d'à...

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