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Politique économique

Le FMI réclame encore plus d’austérité aux pays du Golfe

Selon le FMI, la croissance économique dans l’ensemble du CCG devrait être légèrement inférieure à 2 % en 2016, avant de connaître l’an prochain « une modeste amélioration » pour se situer entre 2 et 2,5 %. Kim Kyung-hoon/Reuters

La modeste reprise des prix du brut est loin de combler les déficits budgétaires des monarchies du Golfe, a estimé le Fonds monétaire international (FMI), soulignant la nécessité de comprimer davantage les dépenses publiques.
Les prix du pétrole ont connu une reprise timide, tournant actuellement autour de 50 dollars le baril après avoir touché un plus bas en 10 ans à 30 dollars en janvier, après des pics à plus de 100 dollars à la mi-2014.
Cette reprise « va certainement aider en termes de statistiques financières cette année » dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), a déclaré le directeur du FMI pour le Moyen-Orient, Masood Ahmad. Mais, a-t-il ajouté dans un entretien avec l'AFP, « cela ne va pas vraiment changer (leurs) perspectives fondamentales ou les défis qu'ils affrontent ».

Prix inférieur à l'équilibre
Les prix du pétrole devraient à moyen terme se stabiliser autour de 60 dollars le baril, a-t-il prédit, un prix inférieur au niveau nécessaire pour un équilibre budgétaire dans certaines monarchies du CCG. Dans son nouveau rapport sur les perspectives économiques régionales, le FMI cite un prix d'équilibre à 79,7 dollars pour l'Arabie saoudite, à 62,1 dollars pour le Qatar et à 58,6 dollars pour les Émirats arabes unis. Ce prix tombe à 47,8 dollars le baril dans le cas du Koweït mais monte à 77,5 dollars et à 93,8 dollars respectivement pour Oman et Bahreïn.
« D'une manière ou d'une autre, les pays du CCG doivent réduire leurs dépenses au cours des cinq prochaines années et trouver des moyens d'augmenter leurs revenus non pétroliers », a dit le responsable du FMI.
Il a indiqué que la croissance économique dans l'ensemble du CCG devrait être légèrement inférieure à 2 % en 2016, avant de connaître l'an prochain « une modeste amélioration » pour se situer entre 2 et 2,5 %. Au niveau national, le FMI prévoit notamment pour 2016 : 1,2 % de croissance du PIB en Arabie saoudite ; 2,5 % au Koweït ; 2,6 % au Qatar et 2,3 % aux Émirats, dont l'économie est pourtant plus diversifiée.
La chute des recettes pétrolières a poussé les gouvernements de ces monarchies à geler plusieurs projets et à prendre des mesures d'austérité sans précédent, dont une réduction des subventions sur les carburants.
« Maintenant, nous entrons dans des sphères parmi les plus difficiles, à l'instar de la masse salariale dans le secteur public », qui représente une grande part des dépenses dans les monarchies du Golfe, a relevé M. Ahmad. Riyad a annoncé le mois dernier des mesures drastiques, réduisant de 20 % les salaires des ministres et amputant les indemnités des 160 membres du Majlis al-Choura (Conseil consultatif) et les avantages accordés aux fonctionnaires.
Selon M. Ahmad, « ces mesures ne sont pas faciles à mettre en œuvre mais elles sont nécessaires et doivent être prises » pour parer aux déficits déficitaires.

« Un secteur privé compétitif »
À long terme, les monarchies du CCG devront œuvrer pour réduire la masse salariale en encourageant leurs ressortissants à travailler dans le secteur privé « au lieu de penser automatiquement que leur avenir est lié à la fonction publique », a-t-il ajouté.
Le secteur privé dans la plupart des monarchies du Golfe est dominé par des expatriés, majoritaires dans certains de ces pays, dont les ressortissants optent pour des emplois bien rémunérés dans le secteur public, nécessitant souvent peu de travail.
« Plus de deux millions de jeunes vont arriver sur le marché du travail au cours des deux prochaines années dans le CCG », a prévenu M. Ahmad, prônant « un secteur privé compétitif » pour créer des emplois.
Il a salué la décision des monarchies du CCG, dans leurs efforts pour diversifier leurs revenus, d'introduire à partir de 2018 une TVA de 5 %, une mesure qui, selon lui, ne devrait pas décourager les expatriés, attirés actuellement par l'absence de taxes.
(Source : AFP)


La modeste reprise des prix du brut est loin de combler les déficits budgétaires des monarchies du Golfe, a estimé le Fonds monétaire international (FMI), soulignant la nécessité de comprimer davantage les dépenses publiques.
Les prix du pétrole ont connu une reprise timide, tournant actuellement autour de 50 dollars le baril après avoir touché un plus bas en 10 ans à 30...

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