Dès le 19 novembre, les compagnies pétrolières pourront soumettre leur offre pour le champ pétrolifère d’Azadegan du Sud, et la Snip attribuera le contrat d’ici à 2017. Vahid Salemi/AFP
L'Iran va lancer le mois prochain son premier appel d'offres sur ses champs de pétrole et de gaz depuis la levée des sanctions internationales à son encontre, a déclaré hier un haut responsable pétrolier. Cette annonce fait suite à plusieurs mois de discussions internes sur les termes de cet appel d'offres, pour le rendre le plus attrayant possible pour les compagnies internationales.
Le troisième producteur de l'Opep espère ainsi redynamiser son secteur énergétique, qui a été affecté pendant des années par des sous-investissements dus aux sanctions internationales, et atteindre à nouveau les niveaux de production de 2012. Les autres sanctions américaines restées en place, notamment sur le secteur bancaire, ont toutefois douché les espoirs d'une reprise rapide des investissements.
L'Iran souhaite lancer son nouveau modèle de contrats de production, appelés IPC, en novembre, a déclaré Ali Kardor, directeur de la Société nationale iranienne du pétrole (Snip), en marge d'une conférence sur le pétrole à Téhéran. Le lancement de ces contrats IPC avait déjà été repoussé plusieurs fois, à cause de l'opposition des rivaux du président iranien Hassan Rohani à tout contrat remettant en cause le système de rachats de production, qui empêchaient les firmes étrangères de détenir une participation dans les compagnies iraniennes. Ce système, selon des groupes comme Eni ou Total, ne permettait pas de dégager des bénéfices, voire était source de pertes.
La Snip a signé son premier contrat IPC de production pétrolière au début du mois, avec une compagnie identifiée par les États-Unis comme faisant partie d'un conglomérat contrôlé par le guide suprême, Ali Khamenei.
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Peu attractifs
Dès le 19 novembre, les compagnies pétrolières pourront soumettre leur offre pour le champ pétrolifère d'Azadegan du Sud, et la Snip attribuera le contrat d'ici à 2017, a indiqué M. Kador. Après l'Azagedan du Sud, la Snip va organiser des appels d'offres pour les 11 autres champs disponibles, les uns après les autres, à un rythme mensuel, a-t-il précisé. L'Iran espère ainsi signer des contrats d'exploration et de production au début de 2017.
La Snip a commencé à recevoir hier les candidatures des compagnies pétrolières. Elles vont présenter sur le site de la Snip les documents nécessaires à leur préqualification. Dans les deux semaines qui suivent, la Snip va évaluer ces compagnies et certaines seront sélectionnées pour le premier appel d'offres de novembre.
Selon plusieurs analystes, les contrats IPC iraniens sont peu attractifs. Dans un contexte de chute des prix du pétrole, et en comparaison avec l'Irak, dont les nouveaux contrats pétroliers ont permis la relance de sa production, les IPC vont difficilement pouvoir lever des milliards de dollars d'investissements étrangers, d'après ces analystes.
Cependant, le climat économique et sécuritaire de l'Iran est meilleur que celui de ses voisins, a déclaré hier le vice-président iranien Eshaq Jahangiri. « Certains pays sont dirigés par des tribus, l'Iran est différent », a dit M. Jahangiri lors d'une conférence pétrolière, s'adressant aux représentants de grandes compagnies comme Total et BP. « Même si les contrats iraniens ne sont pas aussi attractifs que ceux de nos voisins, l'Iran a ses propres avantages », a-t-il ajouté.
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