Le président du Conseil chérié du Hezbollah, le cheikh Mohammad Yazbeck, a répondu samedi aux accusations faites au parti chiite de bloquer la présidentielle. « Nous sommes les premiers à réclamer l'édification d'un État fort et la relance des institutions, à savoir la présidence de la République, le Parlement et le gouvernement. Nous sommes pour l'élection d'un président sans plus attendre. Le problème n'est pas chez nous, et que nul ne joue sur des accusations porteuses de discorde. L'affaire n'est pas libanaise, mais régionale, et c'est l'Arabie saoudite qui en est le principal fondement (...). Dire que les chiites ne veulent pas de l'État est un mensonge. Depuis l'époque de l'imam Moussa Sadr jusqu'à ce jour, nous croyons que le Liban est un pays pour tous, un pays qui ne se redressera qu'avec toutes ses composantes, parce que nul ne peut annuler l'autre », a déclaré le cheikh Yazbeck, qui parrainait une cérémonie de réconciliation familiale à Hoch Rafqa, dans la Békaa.
« Désormais, nous ne permettrons plus à personne de nous outrepasser en nous accusant de quoi que ce soit : nous voulons que cette patrie soit indépendante et libre, et pas seulement dans les mots ou les slogans. Nous sommes ceux qui ont payé le prix le plus lourd pour libérer le pays depuis que l'imam Moussa Sadr a lancé la résistance et jusqu'à ce jour », a-t-il poursuivi, avant d'affirmer une nouvelle fois que le Hezbollah « ne recherche pas la guerre », mais se doit de « protéger le Liban et toute la région libanaise, comme il le fait à Alep : si Alep tombe, c'est tout le Liban qui sera menacé d'un danger existentiel ».
Politique « mensongère »
Le président du Conseil exécutif du Hezbollah, le sayyed Hachem Safieddine, a lui aussi mis en garde contre un danger similaire. « Tous les développements dans la région indiquent que le Liban se doit de réfléchir vite à ses choix politiques internes, et aux issues et ententes possibles, loin des expectatives des ambassades misérables et des directives externes troublées », a-t-il déclaré, lors d'une grande rencontre populaire organisée par le Hezbollah à Nabatiyé, en présence du député Mohammad Raad et de nombreux officiels et responsables des services de sécurité dans la région.
« Ce dont le Liban a besoin aujourd'hui, c'est davantage de courage pour prendre des décisions énergiques et sortir du cercle d'hésitations et d'incertitudes, et cela avant que la situation ne déraille au niveau politique et économique, voire aussi sécuritaire », a-t-il ajouté. Il a en parallèle déclaré que « l'heure est à la protection de la résistance ».
En outre, le sayyed Safieddine a réitéré hier son appel à une solution interne, lors d'une cérémonie funèbre organisée par le Hezbollah dans le village de Yater (Liban-Sud). « Que les Libanais qui parient sur un appui extérieur sachent que la donne régionale a changé et que l'équation s'est inversée : le pari sur l'étranger n'est désormais que très peu utile au Liban. Les parties politiques doivent compter sur elles-mêmes pour régler les problèmes politiques, sociaux, économiques et même sécuritaires », a-t-il estimé. Et d'insister : « Les Libanais doivent compter sur eux-mêmes afin d'éviter que le pays ne soit entraîné dans le tumulte régional et ne finisse par s'effacer. » Il a réitéré enfin ses accusations à l'encontre de l'Arabie et des États-Unis, lesquels « mènent une politique mensongère et hypocrite dans la région, en disant combattre les fondamentalistes qu'eux-mêmes ont créés ». « Mais la politique de l'Arabie ne vaincra ni au Yémen, ni en Irak, ni en Syrie », a-t-il conclu.


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