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Liban - Association

Le cardinal Sandri consacre une chapelle de l’ordre de Malte à saint Jean-Baptiste, à Faraya

Avec le centre de Chabrouh, l'association libanaise approfondit un peu plus sa vocation d'ordre hospitalier.

Leonardo Sandri au milieu des responsables, bénévoles et pensionnaires du centre de Chabrouh. Photos Michel Sayegh

C'est une cérémonie très rare que le cardinal Leonardo Sandri a présidée dimanche dernier au centre de l'association libanaise des chevaliers de l'ordre de Malte, à Faraya (Chabrouh). Le préfet de la congrégation pour les Églises orientales, qui avait ordonné et installé la veille Mgr César Essayan dans ses nouvelles fonctions de vicaire apostolique des latins au Liban, a dédicacé ce jour-là l'autel de la chapelle du centre, dédiée à saint Jean-Baptiste. Il s'agit de la première chapelle que l'ordre souverain de Malte dédicace au Moyen-Orient depuis... le XIIe siècle. Pour l'occasion, fra Jean-Louis (frère Jean-Louis Mainguy), chevalier de justice de l'ordre, c'est-à-dire, en termes profanes, laïc consacré ayant prononcé les trois vœux monastiques, avait ordonné la cérémonie dans ses moindres détails, depuis la dédicace du fond baptismal, à l'extérieur de la chapelle, jusqu'à la dernière note de l'extraordinaire chorale du P. Khalil Rahmé, qui a animé la messe avec des cantiques latins dont résonance n'avait rien à envier à celle de la basilique Saint-Pierre.
C'est ceint d'un large tablier de rémouleur, de boulanger ou de plâtrier que Leonardo Sandri s'est approché de l'autel en marbre qu'il devait consacrer. Et c'est des deux paumes large ouvertes qu'il a étalé l'huile sainte qu'il avait versée avec générosité sur la surface de l'autel. Sur son visage se lisait l'expression d'un homme entièrement pris par son travail. Le prince de l'Église s'était métamorphosé en ouvrier manuel. L'odeur de l'huile d'olive mélangée à du baume a rempli la chapelle, embaumant les dames et chevaliers de l'association présents, ainsi que le coffret contenant les précieuses reliques de saints qu'il venait d'installer dans une cavité spécialement aménagée dans l'autel, et qu'elles doivent, pour ainsi dire, habiter du dedans. Puis le couvercle de marbre de la cavité avait été scellé au ciment blanc. Maintenant, c'était au tour de l'huile sainte, appuyée par les paroles liturgiques, de faire son œuvre de sanctification. Mais avant que l'autel ne reçoive sa parure de trois nappes, des petits bûchers d'encens symbolisant les cinq plaies du Christ étaient allumés aux quatre coins de l'autel et en son centre. Une fois la table sainte dressée, l'autel devait à nouveau être encensé, avant de recevoir les bougeoirs, la sainte croix, le ciboire et la patène nécessaires pour la célébration de l'Eucharistie. La chapelle aux murs encensés et illuminés a ensuite pris son allure de fête.

Le dire et le faire
Dans son homélie, le cardinal insistera sur le mystère de l'écoute de la parole de Dieu comme temps primordial et source de la foi, renvoyant en quelque sorte à cette extraordinaire répartie de Jésus à l'éloge d'une femme qui déclarait bienheureuse la femme qui l'avait allaité : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. » Il insistera à nouveau, un peu plus loin, sur « la foi qui s'ouvre à la charité » et la cohérence entre le dire et le faire.
Et c'est effectivement la charité en action qu'il constatera, avec un mélange de plaisir et d'étonnement, à la visite du centre de Chabrouh, une beau bâtiment en ciment décoffré de quatre étages communiquant par des allées en pente, et non par des escaliers, que l'association a construite en surplomb de la vallée de Faraya.
Des dizaines d'enfants à retard trouvent leur bonheur au milieu de ses murs colorés, au cours de sessions organisées tout au long de l'année. Particularité : ces sessions sont animées par des bénévoles libanais et européens proches de l'association, sous l'œil vigilant de formateurs chevronnés et du père Raymond Bou Assi et de son épouse, qui veillent été comme hiver au bon ordre des choses.
Loin du club de riches qui s'amusent à revêtir des capes et des ornements d'un passé révolu, le cardinal Sandri devait découvrir, dans l'association libanaise des chevaliers de l'ordre de Malte, un ordre hospitalier au plein sens du terme, un ordre généreux, très engagé auprès des plus pauvres, dont les initiatives humanitaires sont présentes dans les coins les plus reculés du Liban, comme le Akkar ou la Békaa-Ouest, et dont la croix à huit branches, comme les huit Béatitudes, est réellement devenue un symbole transcommunautaire.

Les reliques

À la grande joie des dames, chevaliers et simples « manants » présents à la cérémonie, ce n'est pas une, deux ou même trois reliques que l'autel de la chapelle Saint-Jean-Baptiste de Chabrouh a reçues, mais sept. Outre des reliques des saints Charbel et Nehmetallah Hardini et de sainte Rafqa, le coffret aux bijoux scellé dans le marbre a reçu des reliques des saints Jean de Capistran (XVe siècle), Théophile de Corte (XVIIIe siècle), le seul saint corse, Bernardin de Sienne (15e siècle) et Nicolas de Tolentino (XIIIe siècle). Un reliquaire contenant un débris d'os rarissime de saint Jean-Baptiste, une autre de Marie-Madeleine et une troisième de Louis de Gonzague sera par ailleurs exposé dans la chapelle. Les visiteurs de la chapelle de Chabrouh auront donc l'embarras du choix entre l'intercession des saints de l'époque du Christ, un peu trop lointains peut-être, et celle de saint Charbel, dont la réputation de thaumaturge remplit le monde, de saint Nicolas de Tolentino, qui commença à jeûner dès l'âge de 7 ans et qui, à la fin de sa vie, entendait tous les soirs le chant des anges, de saint Bernardin de Sienne, auquel la tradition populaire attribue plus de deux mille guérisons miraculeuses et enfin de sainte Rafqa, dont la simple poussière de la tombe suffit à réveiller les morts. En l'honneur des saints et saintes, la liturgie de fra Jean-Louis comprendra la célèbre litanie des saints dont l'énumération se termine, sur terre, au bout de longues minutes, mais dont la récitation au ciel sera heureusement interminable.

C'est une cérémonie très rare que le cardinal Leonardo Sandri a présidée dimanche dernier au centre de l'association libanaise des chevaliers de l'ordre de Malte, à Faraya (Chabrouh). Le préfet de la congrégation pour les Églises orientales, qui avait ordonné et installé la veille Mgr César Essayan dans ses nouvelles fonctions de vicaire apostolique des latins au Liban, a dédicacé ce jour-là l'autel de la chapelle du centre, dédiée à saint Jean-Baptiste. Il s'agit de la première chapelle que l'ordre souverain de Malte dédicace au Moyen-Orient depuis... le XIIe siècle. Pour l'occasion, fra Jean-Louis (frère Jean-Louis Mainguy), chevalier de justice de l'ordre, c'est-à-dire, en termes profanes, laïc consacré ayant prononcé les trois vœux monastiques, avait ordonné la cérémonie dans ses moindres détails,...
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