Les réactions dans certains milieux politiques et religieux libanais, plus particulièrement chiites, se multipliaient ce week-end contre le bombardement saoudien qui a fait plus de 140 morts et 525 blessés dans la capitale yéménite Sanaa. Le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a été l'un des premiers à dénoncer « ce massacre horrible » lors d'un discours à l'occasion de la semaine de Achoura samedi. Il a pointé du doigt « cette agression saoudienne condamnable et claire », puisque « les avions de ce régime n'ont pas pilonné une cible militaire, mais civile ». À sa suite, de nombreux responsables du Hezbollah se sont prononcés contre le bain de sang au Yémen. Le député Hassan Fadlallah a dénoncé « un carnage sauvage sans pareil perpétré par le régime saoudien contre les Yéménites ». Il a suggéré que les takfiristes projetaient de commettre des actes terroristes de cette ampleur au Liban « s'ils en avaient été capables, et si nous ne les avions pas arrêtés ». « Le Liban se sent en sécurité malgré le vide dans ses institutions politiques », en a-t-il conclu.
Qualifiant le carnage de Sanaa de « génocide », le député Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah, a lancé une violente diatribe contre les États-Unis, en leur qualité d'alliés de l'Arabie saoudite. Il en a profité pour se demander « s'il est encore possible pour les États-Unis, après le carnage de Sanaa, d'exiger, par le biais de leur secrétaire d'État John Kerry, l'ouverture d'une enquête sur Alep, en guise de pression contre la Syrie ». Le ministre Mohammad Fneich a lui aussi dirigé sa colère en direction de Washington, estimant que « l'Arabie saoudite n'aurait pu poursuivre ses agressions sans le silence et l'assentiment américains ».
Pour sa part, le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Abdel Amir Kabalan, a qualifié le bombardement de Sanaa de « massacre terroriste », appelant la communauté internationale à se saisir de l'affaire. Dans un communiqué dénonçant le crime, le parti Amal a appelé « à mettre un terme à ce bain de sang qui ne mènera qu'à plus de tensions », estimant qu'il faut « revenir au dialogue entre pays arabes et musulmans en vue de règlements politiques ».
Le Parti syrien national social (PSNS) a estimé quant à lui que « la guerre au Yémen prend une tournure grave, se transformant en un conflit visant la destruction et la disparition de ce pays ». Le Mouvement du Tawhid islamique a dénoncé « le crime horrible » perpétré par la Coalition militaire arabe, se demandant si celle-ci ne ferait pas mieux « de diriger ses armes contre les Israéliens pour libérer les Palestiniens ».
Enfin, l'uléma Ali Fadlallah a qualifié « d'injustifiable et d'inacceptable » le bombardement de Sanaa. Il a estimé que « ce massacre doit se transformer en une occasion pour les sages de prendre des décisions courageuses, alors même que les horizons semblent bouchés ».
Liban - Carnage À Sanaa
« Crime horrible », « massacre terroriste », « génocide » : les réactions politiques au Liban
OLJ / le 10 octobre 2016 à 00h00


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