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Inauguration du sentier culturel romain à Jabal Moussa

Patrimoine

L'Association pour la protection de Jabal Moussa (APJM) a aménagé un nouveau circuit pour les randonneurs, officiellement ouvert hier.

08/10/2016

C'est sous le regard amusé d'un grand daman des rochers en bois (l'animal symbolique de la réserve) que l'équipe de l'APJM a inauguré hier le nouveau sentier culturel romain à Jabal Moussa, autour de l'entrée de Qehmez. La cérémonie s'est déroulée en présence notamment de l'ambassadrice des États-Unis, Elizabeth H. Richard, du ministre de la Culture, Raymond Arayji, et du député Nabil de Freige, également membre du comité exécutif de Jabal Moussa. Le projet a été réalisé en coopération avec la Direction générale des antiquités du ministère de la Culture, intéressée par les nombreux vestiges phéniciens et romains du site.
Ce sentier est au cœur du projet Ranimer l'histoire romaine de Jabal Moussa financé par le Fonds pour la préservation culturelle auprès de l'ambassade des États-Unis (AFCP), et qui prévoit également la restauration de trois sites historiques.
Avant la cérémonie inaugurale, les invités ont eu la possibilité de découvrir le nouveau sentier qui serpente entre des escaliers romains, des inscriptions de l'empereur Hadrien, un ancien four à chaux ou encore des sites religieux au sommet de la montagne. Ils ont également pu profiter des explications des guides locaux sur les différents arbres, plantes ou animaux qui trouvent refuge à Jabal Moussa. Très prisé pour des excursions scolaires, le sentier conduit à une place forte naturelle, entourée de grands blocs rocheux et surplombant la vallée, au milieu desquels de nombreux vestiges romains ont été découverts ces dernières années.
Dans son discours, l'ambassadrice a rappelé la contribution des États-Unis à la promotion du développement durable, chiffres à l'appui : plus d'un demi-million de dollars ont été investis dans le projet de Jabal Moussa, fer de lance de l'écotourisme et du développement durable, a-t-elle dit. « Le Liban est unique et doit être préservé pour cette raison », a poursuivi Mme Richard qui a ensuite annoncé l'attribution d'une nouvelle subvention à la Direction générale des antiquités. Celle-ci devrait permettre la préservation et la réhabilitation des mosaïques datant du VIIe siècle av. J-C dans le temple d'Eshmoun, à Saïda.
Fruit d'un long travail, ce sentier a également pu voir le jour grâce à la contribution de la Banque libano-française. Sa directrice générale, Raya Raphaël Nahas, a longuement remercié l'APJM pour son travail qui permet au Liban de rester « plus qu'un pays, un message ». Le ministre de la culture Raymond Arayji a souligné lui aussi l'espoir que véhicule l'association.
Les invités se sont ensuite rassemblés autour d'un grand buffet traditionnel préparé par les femmes des villages environnants, qui travaillent habituellement à la confection de produits du terroir pour les écotouristes dans le tout nouvel atelier de l'association.

« Je sens que ça prend »
Le député Nabil de Freige a confié à L'Orient-Le Jour que cette ouverture « est un aboutissement car c'est sans doute le sentier qui a demandé le plus de temps et d'énergie ». Citant les chiffres annoncés par le président de l'APJM, Pierre Doumet (1 422 personnes ont déjà emprunté le sentier avant même l'inauguration, la réserve accueillant au total 14 000 visiteurs par an), l'élu s'est dit optimiste pour l'avenir de la réserve et le rôle positif qu'elle peut jouer : « L'association grandit, se modernise, attire du monde. Je sens que ça prend », constate-t-il.
Le Jabal Moussa est reconnu depuis 2009 comme l'une des 651 réserves de biosphère mondiales par l'Unesco – programme Man and Biosphere. L'APJM cherche à préserver son héritage culturel et naturel, tout en encourageant l'émancipation socio-économique des communautés locales. Celles-ci profitent pleinement des revenus de l'écotourisme encouragé par l'association : des produits du terroir aux visites guidées, en passant par la surveillance du site ou l'hébergement des touristes, elles se chargent d'accueillir leurs visiteurs dans les meilleures conditions et acquièrent ainsi les clés de leur propre autonomie. Un développement d'autant plus durable qu'il aurait pu, sans la bienveillance de l'APJM, être tiré par l'exploitation de carrières qui auraient détruit toute la richesse écologique, paysagère et culturelle du site.

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