Il y a quelques jours, une usine de tri et de compostage de déchets était incendiée dans la ville de Baalbeck. À la suite de cette agression, une réunion s'est tenue samedi au siège du Forum culturel de Baalbeck, en présence de plusieurs notables de la ville afin de protester contre cet acte de vandalisme. De leurs discours transparaissait un ras-le-bol à l'égard du « chaos » sécuritaire dont l'incendie criminel de l'usine n'est qu'un épisode, avec un sentiment que les vandales sont facilement identifiables, mais qu'ils n'ont pas été arrêtés par les forces de l'ordre pour autant.
Les propos du vice-président du conseil municipal de Baalbeck, Moustapha Solh, sont particulièrement inquiétants. Il a rappelé que l'usine en question avait été financée par l'Union européenne, d'autres donateurs ainsi que le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), sachant qu'elle présentait des lacunes que le conseil municipal tentait de combler. « Après l'incendie, les voitures de la municipalité ont été la cible de coups de feu, et les forces de l'ordre n'ont pas bougé le petit doigt, a-t-il dit. Nous avons fait face aux mêmes difficultés quand nous avons essayé d'interdire l'utilisation des eaux usées pour l'irrigation dans les champs, et nous avons constaté la même inaction de la part des forces de l'ordre. » Il a déploré que les agresseurs n'aient pas été arrêtés, demandant aux agents de frapper d'une main de fer pour protéger la ville.
Duraid Yaghi, représentant le Parti socialiste progressiste (PSP), a relevé qu'il ne s'agit nullement du seul incident de ce type, appelant « le Hezbollah à réunir les différents partis et organisations de la ville afin de demander à la police de faire régner l'ordre, tout en lui faisant sentir qu'elle n'est pas isolée ». Le représentant du parti Baas pro-Assad, Ali Raad, a carrément proposé la démission du conseil municipal et de tous les députés de la région au cas où leurs postes de responsabilité n'aideraient pas à mettre un terme au chaos.


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