Rechercher
Rechercher

Liban - En Toute Liberté

Assumer notre histoire, une majorité silencieuse nous attend

Prenant la parole, mardi, à la réunion intercommunautaire de prière pour la paix organisée par la Commission Justice et Paix de l'APECL, le P. Georges Yeghyayan, de l'Église arménienne catholique, a fait entendre une parole plutôt rare en ces temps de gémissements, celle du courage nécessaire pour assumer notre histoire présente. Sur le modèle de ce qui se passait dans l'Ancien Testament, quand le peuple, dans le malheur, s'humiliait devant Dieu et implorait miséricorde, il a appelé à des moments de contrition et de conversion personnelles et collectives.

Cette déclaration rejoint des propos récents du cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, rapportés par la presse française, et notamment par Gauthier Vaillant dans le journal La Croix (édition du 15 septembre). L'islamisme pourrait bénéficier de la tiédeur de la foi en Europe, a déclaré l'archevêque de Vienne, dans une homélie prononcée le 11 septembre, ajoutant que « beaucoup de musulmans » souhaitent une « conquête islamique » de l'Europe, pointant la responsabilité des Européens qui ont « dilapidé » leur héritage chrétien.

Sur le site du diocèse, une mise au point a été publiée quelques jours après cette homélie, pour empêcher qu'elle ne soit comprise comme une attitude d'hostilité envers les migrants. Sans revenir sur les propos du cardinal, indique le journal La Croix, ce texte – non signé – insiste sur la responsabilité des Européens dans la situation qu'il décrit. « Nous sommes ceux qui ont mis l'héritage chrétien de l'Europe en péril. Il est vrai que l'islamisme pourrait en bénéficier », peut-on lire.
Le cardinal a également commenté, jeudi 15 septembre, sur son compte Twitter personnel : « Les islamistes aimeraient pouvoir tirer profit du fait que nous perdions notre héritage chrétien, mais ils n'en sont pas responsables. C'est nous qui le sommes. »

Ainsi, ce n'est pas à une nouvelle guerre de religion que l'archevêque de Vienne appelle, mais au courage d'assumer sa part de responsabilité dans ce qui arrive à l'Europe.
Tout à fait comme cela se passait avec le peuple de l'Ancien Testament, il ne s'agit pas de justifier l'adversaire, ou « l'ennemi », mais de remonter à la cause première des événements, de scruter son cœur, de voir où l'infidélité du peuple pourrait l'avoir exposé aux vicissitudes de l'histoire. Ce n'est pas un jugement de valeur, mais un examen de conscience qui est demandé.

On le voit, nous sommes loin de la théorie du complot ou de la paranoïa du plan visant à vider l'Orient de ses chrétiens. Certes, tout comme il est « beaucoup de musulmans » qui souhaitent une « conquête islamique » de l'Europe, il doit y en avoir qui souhaitent aussi la disparition des chrétiens d'Orient. Mais, comme l'affirme aussi l'archevêque de Vienne, « les islamistes (...) n'en sont pas responsables. C'est nous qui le sommes ».
Comme cette attitude est loin de ces plaintes et gémissements qui s'élèvent continuellement non des fidèles, mais des pasteurs qui hurlent à la dévastation de leurs pacages et ne savent plus à qui s'adresser pour retrouver ce qu'ils ont perdu.

« Pour pouvoir assumer notre histoire, il faudrait en finir de ces plaintes et gémissements continuels qu'on entend sur le fait qu'il existe des versets violents dans l'islam. C'est entendu, ils existent, mais il en est aussi dans la Bible », commentait un observateur revenu de la Conférence du Conseil des Églises du Moyen-Orient qui s'est tenu à Amman.
« Cessons de réclamer des musulmans des condamnations de la violence, comme autant de certificats de bonne conduite, ajoute cet homme. Allons à la rencontre de ceux d'entre eux qui ont été à l'origine des déclarations d'al-Azhar, du Maroc, de Beyrouth. Encourageons-les à traduire en actes ces déclarations très importantes sur la nature civile de l'État, la citoyenneté, la liberté religieuse. Refusons le surgissement du discours confessionnel "chrétien", refusons de construire sur tout fondement religieux. Ni l'islam politique ni le christianisme isolationniste ne permettent l'édification d'un avenir commun dans la région. »

Un discours libanais mobilisateur et populaire porté par des valeurs évangéliques, voici ce dont le Liban a besoin aujourd'hui. C'est un grand défi que de se dresser contre le discours confessionnel, qu'il soit chrétien ou musulman. Pour faire face à la violence, à l'extrémisme, il y a une voie et une seule. On peut dénoncer le mal au point de finir par lui ressembler. Ou l'on peut aller à contre-courant de la violence qui entraîne la région vers l'abîme et l'effritement, et commencer à promouvoir le bien. C'est l'affaire des élites, et c'est à leur arrivée au pouvoir qu'il faut œuvrer. Scandalisée par l'affairisme et le cynisme avec lequel les choses sont conduites, il y a une grande majorité silencieuse, muette d'indignation, qui attend la réapparition des valeurs.

 

Lire aussi
François dénonce l'assassinat "satanique" du père Hamel

Les versets d'épée du Coran incitent-ils à la violence ?

Prenant la parole, mardi, à la réunion intercommunautaire de prière pour la paix organisée par la Commission Justice et Paix de l'APECL, le P. Georges Yeghyayan, de l'Église arménienne catholique, a fait entendre une parole plutôt rare en ces temps de gémissements, celle du courage nécessaire pour assumer notre histoire présente. Sur le modèle de ce qui se passait dans l'Ancien Testament, quand le peuple, dans le malheur, s'humiliait devant Dieu et implorait miséricorde, il a appelé à des moments de contrition et de conversion personnelles et collectives.
Cette déclaration rejoint des propos récents du cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, rapportés par la presse française, et notamment par Gauthier Vaillant dans le journal La Croix (édition du 15 septembre). L'islamisme pourrait bénéficier de la...
commentaires (5)

Et au régime sanguinaire des Assad ...

Bery tus

23 h 21, le 22 septembre 2016

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • Et au régime sanguinaire des Assad ...

    Bery tus

    23 h 21, le 22 septembre 2016

  • ,Comme il est beaucoup de musulmans qui souhaitent une conquête islamique de Europe , dites vous , il doit y en avoir qui souhaitent aussi la disparition des chretiens de l orient . En deux mots les chretiens , ici et ailleurs , sont pris entre le marteau et l enclume . Tous ces dignitaites religieux avaient un discours homogene qui pourrait donner de l espoir .. Mais comment faire parvenir ces messages de paix et de misericorde à des zigs comme daechs coupeurs de tête et bouffeurs de tripes ???

    Hitti arlette

    14 h 41, le 22 septembre 2016

  • un article qui merite de paraitre dans tous les journaux d'Europe ,et y inclus les Etats Unis bravo

    LA VERITE

    13 h 48, le 22 septembre 2016

  • AUSSI, IL FAUDRAIT QUE TOUT LE MONDE SOIT DE BONNE FOI ET NE CONSIDERE PAS LES AUTRES DES MECREANTS... SINON L,HISTOIRE SUIVRA UN COURS DES PLUS TUMULTUEUX ... ET HELAS, SUR CETTE VOIE ROULENT LES CHOSES !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 50, le 22 septembre 2016

  • JOLIE TRES JOLIE !!

    Bery tus

    03 h 01, le 22 septembre 2016

Retour en haut