Kenzaburô Ôé a tout vu du Japon d'après-guerre, d'Hiroshima à Fukushima. Aujourd'hui âgé de 81 ans, l'essentiel de son œuvre, récompensée par le Nobel de littérature en 1994, est rassemblé dans un volume de plus de 1 300 pages à paraître aujourd'hui, jeudi 22 septembre.
Se placer du côté des faibles est le fil rouge de l'œuvre du grand auteur japonais, parfois critiqué dans son propre pays à cause de son intransigeance.
Dans un de ses derniers poèmes, Un chant du souvenir (2013), Kenzaburô Ôé évoque la vieillesse. « N'aie pas peur des contradictions qui déchirent ta vieillesse, regarde tes problèmes en face et tends la main au-delà, du lieu instable où tu te trouves », écrit-il.
Alors que l'âge est censé apporter la sérénité, Kenzaburô Ôé se révèle, à la lecture de son œuvre, de plus en plus préoccupé par l'état du monde.
Fasciné par la mort – comme nombre de Japonais de sa génération, le jeune Ôé était prêt à mourir au combat pour le Japon et l'empereur – Ôé s'est converti inconditionnellement à la démocratie et au pacifisme dès la fin de la guerre. Dans toute son œuvre, il a cherché à « témoigner aux côtés des faibles contre la violence qu'on leur inflige », écrit Antonin Bechler, directeur du département d'études japonaises à l'université de Strasbourg, qui a dirigé le volume de la collection Quarto chez Gallimard consacré à l'écrivain.
Écrivain pacifiste, Kenzaburô Ôé n'a jamais cessé de s'engager « pour la périphérie, les minorités, les faibles, ceux qui cherchent le salut dans un monde absurde, contre le pouvoir, les prédateurs et finalement l'atome ».
Le volume, qui comprend de nombreuses photos ainsi qu'une biographie détaillée de l'écrivain, est divisé en trois parties qui reflètent autant de périodes d'écriture.
(Source : AFP)
Culture - Édition
D’Hiroshima à Fukushima, le Japon d’après-guerre vu par Kenzaburô Ôé
OLJ / le 22 septembre 2016 à 00h00


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