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Moyen Orient et Monde - États-Unis

Trump finit par admettre qu’Obama est né en Amérique

Le candidat républicain met fin à une controverse qui durait depuis des années et qui lui valait des accusations de racisme.

Donald Trump lors de sa conférence de presse, hier. Mike Segar/Reuters

Tentant de mettre fin à une invraisemblable controverse, Donald Trump a reconnu hier que le président Barack Obama était bien né aux États-Unis, un « point final » qu'il refusait d'apposer depuis des années et qui lui valait des accusations de racisme.
« Le président Barack Obama est né aux États-Unis, point final », a déclaré le candidat républicain à la Maison-Blanche dans une brève déclaration à Washington, alors que la polémique sur cette théorie du complot était revenue à la une jeudi via une interview au Washington Post.
Depuis des années et jusqu'à jeudi soir, le milliardaire refusait absolument de reconnaître le fait, documenté, que Barack Obama est né à Hawaï, d'une mère américaine et d'un père kényan. Il avait alimenté cette théorie du complot visant à délégitimer son élection en 2008, prenant la tête d'un mouvement dit des « birthers » considéré très largement comme raciste, puisque Barack Obama est le premier président noir des États-Unis. La Constitution est ambiguë mais beaucoup estiment qu'elle stipule que le président doit être né sur le territoire.
L'absurdité du débat sur son lieu de naissance n'a pas amusé l'intéressé, alors que l'élection de son successeur aura lieu dans 53 jours. « J'aimerais que l'élection présidentielle porte sur des sujets plus sérieux que celui-ci », a-t-il dit hier, consterné, depuis la Maison-Blanche où il rencontrait des élus pour parler du traité de libre-échange transpacifique (TPP).

Mensonge
Toute la presse politique a donc suivi, haletante, une interminable conférence de presse au nouvel hôtel Trump de Washington, où le républicain avait donné rendez-vous pour clarifier sa position.
Les chaînes d'information ont diffusé l'événement en direct, montrant d'anciens militaires défilant au podium pour louer le leadership du candidat, jusqu'à ce que le milliardaire prenne enfin la parole, sans répondre aux questions des journalistes.
Mais souhaitant apparemment avoir le dernier mot, il a répété le mensonge que c'était l'équipe de Hillary Clinton en 2008 qui avait créé ces rumeurs sur Barack Obama. « Hillary Clinton et sa campagne de 2008 ont commencé la controverse des "birthers", j'y ai mis fin », a-t-il dit, une accusation maintes fois ridiculisée.
La candidate démocrate avait vu dans l'interview accordée jeudi par Donald Trump au Washington Post l'occasion de raviver ses attaques sur le « racisme » du républicain, qui la rattrape dangereusement dans les sondages. Il avait dit au quotidien dans cet entretien : « Je répondrai à cette question en temps voulu. Je ne veux pas encore y répondre. »
« Barack Obama est né en Amérique, c'est aussi simple que cela. Donald Trump lui doit, ainsi qu'aux Américains, des excuses », a tonné Hillary Clinton hier lors d'un discours devant une organisation de femmes noires à Washington, après avoir déjà dénoncé ses propos dès jeudi soir devant une organisation politique hispanique. « Il n'y a pas de nouveau Donald Trump, il n'y en aura jamais, a-t-elle ajouté. Imaginez quelqu'un, dans le bureau Ovale, qui propage des théories du complot et refuse de céder malgré les faits. »

« Ne pas réécrire l'histoire »
Puis, décidant de capitaliser sur la controverse, elle l'a étrillé dans une série de tweets, dont celui-ci : « Le mensonge "birther" est ce qui a transformé Trump de star ordinaire de téléréalité en personnalité politique. L'histoire de son origine ne peut pas être réécrite. »
Il faut remonter au premier mandat de Barack Obama pour trouver les racines de cette théorie du complot que Donald Trump, alors simple homme d'affaires et vedette de télévision, a défendue avec l'intensité qui est sa marque de fabrique. La rumeur diffusée sur Internet prit tellement d'ampleur que M. Obama finit par publier son acte de naissance complet, lors d'une conférence de presse en 2011 – un geste extraordinaire que Donald Trump s'est félicité d'avoir forcé. Mais qui n'avait jamais poussé le républicain à admettre lui-même que le président était légitime.
En 2012, il a même écrit sur Twitter que, selon une source à lui, l'acte de naissance complet était falsifié.
Les républicains et l'équipe de campagne même du candidat ont tenté de remiser ce passé encombrant, au moment où Donald Trump lance une opération de charme envers l'électorat noir, qui plébiscite aujourd'hui Hillary Clinton. A fortiori, alors que la démocrate a perdu une partie de son avance dans les sondages et est empêtrée dans sa propre controverse pour avoir qualifié la moitié des partisans de Donald Trump de « pitoyables » et xénophobes.

(Source : AFP)

Tentant de mettre fin à une invraisemblable controverse, Donald Trump a reconnu hier que le président Barack Obama était bien né aux États-Unis, un « point final » qu'il refusait d'apposer depuis des années et qui lui valait des accusations de racisme.« Le président Barack Obama est né aux États-Unis, point final », a déclaré le candidat républicain à la Maison-Blanche dans...

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