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Nos lecteurs ont la parole - Lamia Sfeir Darouni

Akh Ya Bachir !

Comme j'envie ceux qui ne t'ont pas connu Ya Bachir! Bach, Bacho, Bachir ! Un seul nom pour tant d'émotions! Un seul nom qui fait revivre tellement de douleurs! Un seul nom qui remue tant de choses en nous! Avec ce reportage sur toi, ta vie, tes espoirs et tes rêves, c'est tout un pan de notre passé qui ressurgit à la surface. Ce sont nos rêves et nos espoirs perdus que nous pleurons aujourd'hui encore, ce sont nos illusions enterrées avec toi que nous regrettons et qui font tellement mal, 34 ans après ta mort! Akh Ya Bachir! Comme j'envie ces jeunes qui ne t'ont pas connu! Comme j'envie ces générations d'aujourd'hui qui scandent ton nom et crient «Bachir Hayy Fina» sans savoir vraiment ce que veut dire «Bachir Hayy Fina»! Comme j'envie ceux qui n'ont pas connu le sens d'un vrai leader, celui qui peut déplacer des montagnes, qui redonne espoir, qui porte à bout de bras toutes les peines de son peuple ! Comme j'envie ceux qui n'ont pas vibré au son de ta voix comme nous, lorsque tu défendais ces 10 452 km2 qu'est notre petit Liban ! Comme j'envie ceux qui n'ont pas connu cette fébrilité que nous ressentions à chacune de tes apparitions, vêtu de ton habit de combattant et de « Qai'd », et qui n'ont pas vécu cette poussée de patriotisme que nous éprouvions à chacun de tes discours empreints de mots justes, puissants, forts, sans haine, ni menaces, ni escalades. Comme j'envie ceux qui n'ont pas pleuré la mort de ta petite Maya, qui n'ont pas vécu la douleur de Solange et n'ont pas vu tes larmes et ta souffrance, toi, l'homme, le «Qai'd», le combattant, démoli, meurtri à la mort de sa petite fille ! Comme j'envie ceux qui n'ont pas vécu ces sentiments de fierté, d'espoir, de bonheur, ce fameux 23 août 1982, lorsque tu as été élu président du Liban ! Comme je les envie de n'avoir pas connu ces 23 jours mémorables, euphoriques, après ton élection, tous portés par une rage de reconstruire, une envie de recommencer, un désir de rebâtir ce Liban que tu nous promettais ! Mais je les envie surtout, Ya Bach, de n'avoir pas connu cette immense douleur ressentie ce 14 septembre, le jour de ton assassinat en plein cœur de ton fief et de ta maison à Achrafieh ! Je les envie de n'avoir pas vécu ce séisme qui s'est abattu sur nous, cet espoir écroulé, ces promesses arrachées, ces rêves disparus, enterrés avec toi. Je les envie de n'avoir pas vu la douleur de tes jeunes gens, ces combattants, ces hommes, qui hurlaient ta perte, pleuraient la mort de leur chef et leur idole, mais pleuraient surtout la disparition de leurs rêves et de leur espoir ! Oui Ya Bachir, j'envie cette génération de jeunes! Je les envie, mais je les plains surtout! Car ces jeunes ne connaîtront jamais le vrai sens d'un leader, celui qui donne envie de poursuivre et d'aller encore plus haut, toujours plus loin ! Ils ne connaîtront jamais la valeur d'un vrai discours, sans haine ni menaces, juste mené avec sincérité, courage et détermination. Ah si tu entendais les discours de nos «pseudos» dirigeants, ceux qui se prétendent leader, qui scandent des menaces et des insultes à longueur de journée, qui jouent aux Za3im et aux « Qai'd ». Tu pleurerais de rage et tu leur lancerais à la face tout ton dégoût et ton mépris !
Akh Ya Bach, tu es passé dans nos vies l'espace d'un temps. Et tu es parti, laissant orpheline toute une génération de jeunes à la recherche d'un idéal, à la recherche d'une cause à défendre et d'un pays à sauver ! Tu as payé cher le prix de ce courage Ya Bach ! Mais aujourd'hui, ce n'est plus ta mort que l'on pleure. C'est la mort d'un rêve disparu, d'un espoir que l'on recherche et que l'on attend. L'espoir de voir ressurgir un jour un vrai leader comme toi, un leader qui a su insuffler à toute une génération l'envie de se battre, le courage de se défendre et l'espoir de sauver encore ces 10 452 km2.

Comme j'envie ceux qui ne t'ont pas connu Ya Bachir! Bach, Bacho, Bachir ! Un seul nom pour tant d'émotions! Un seul nom qui fait revivre tellement de douleurs! Un seul nom qui remue tant de choses en nous! Avec ce reportage sur toi, ta vie, tes espoirs et tes rêves, c'est tout un pan de notre passé qui ressurgit à la surface. Ce sont nos rêves et nos espoirs perdus que nous pleurons aujourd'hui encore, ce sont nos illusions enterrées avec toi que nous regrettons et qui font tellement mal, 34 ans après ta mort! Akh Ya Bachir! Comme j'envie ces jeunes qui ne t'ont pas connu! Comme j'envie ces générations d'aujourd'hui qui scandent ton nom et crient «Bachir Hayy Fina» sans savoir vraiment ce que veut dire «Bachir Hayy Fina»! Comme j'envie ceux qui n'ont pas connu le sens d'un vrai leader, celui qui peut déplacer des...
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