Entre l'ancien ministre et chef du parti al-Tawhid, Wi'am Wahhab, et la localité de Majdel Anjar, rien ne va plus.
Dans un rapide rappel des faits, M. Wahhab avait accusé de corruption, au cours d'un entretien télévisé, un certain Kassem Hammoud qui, selon lui, serait responsable des coupures du courant électrique en bloquant le fonctionnement de plusieurs centrales électriques. Selon l'ancien ministre, il ignorait alors que Hammoud était originaire de Majdel Anjar. Mais à la suite de cette émission, un habitant de la localité avait accroché sur une des principales routes une banderole dans laquelle il avait insulté M. Wahhab. Quelques jours plus tard, une charge explosive avait explosé devant la voiture de cet habitant. L'enquête menée par le service de renseignements des Forces de sécurité intérieure a pointé du doigt un des gardes du corps de l'ancien ministre, qui a été aussitôt arrêté. En même temps, des voix se sont élevées dans la localité pour réclamer la dissolution du parti al-Tawhid et dénoncer les agissements de Wi'am Wahhab, l'accusant de vouloir la discorde.
L'ancien ministre a donc répondu hier de façon violente à travers une conférence de presse tenue à son domicile à Jahiliyé, et il s'est déchaîné contre le service de renseignements des FSI.
M. Wahhab a commencé par saluer les habitants de Majdel Anjar, assurant qu'il les considère comme des frères. Ensuite, il a affirmé qu'il n'avait pas confiance dans l'enquête menée par le service de renseignements des FSI et, enfin, il a assuré que rien ne l'arrêtera dans sa lutte contre la corruption, ajoutant qu'il bénéficie dans ce combat de l'appui de la majorité des Libanais, alors que ses détracteurs n'ont avec eux qu'une minorité de corrompus. L'ancien ministre s'est aussi fait menaçant affirmant que « de grosses têtes tomberont » dans son combat contre la corruption. « Ces têtes iront dans la poubelle de l'histoire, a-t-il dit, ajoutant qu'il vaut mieux pour tout le monde que nous remportions cette bataille, car elle nous permettra de jeter les fondements d'un véritable État. » Wi'am Wahhab a encore affirmé que c'est la justice qui tranchera, non un groupe de sécurité, dans une allusion au service de renseignements des FSI.
« Rien ne m'arrêtera désormais »
Revenant à la charge dans ses accusations contre Kassem Hammoud, M. Wahhab a affirmé que cet entrepreneur empêche, avec la complicité de ministres dont il a dit qu'il divulguera les noms ultérieurement, la mise en marche des centrales de Deir Ammar, Jiyeh et Zouk, où la réhabilitation et les travaux de maintenance ont été achevés, pour toucher des pots-de-vin. Il prive ainsi les Libanais de dix heures de courant électrique pour se remplir les poches. L'ancien ministre a ajouté que lorsqu'il a entamé sa campagne contre la corruption, il ignorait que celle-ci était aussi importante. Mais il a assuré que « rien » ne l'arrêtera désormais.
Aussitôt après cette conférence de presse, des habitants de Majdel Anjar ont organisé un sit-in symbolique de protestation devant le siège de la municipalité. Le président du conseil municipal Saïd Yassine a pris la parole pour remercier le service de renseignements des FSI « qui a rapidement découvert le coupable » et il a réclamé qu'il soit condamné à la peine la plus lourde possible. À son tour, le parti al-Tawhid a publié un communiqué dans lequel il a accusé M. Yassine de vouloir semer la discorde et il a appelé à juger ceux qui ont accroché une banderole insultante pour Wi'am Wahhab, afin de circonscrire l'incident et éviter une dégradation de la situation.


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