Le patriarche Raï à l’inauguration des travaux du colloque. Respect de la création, respect pour le Créateur.
Le secrétariat des écoles catholiques a inauguré ses travaux, hier, sur le thème « Éducation à l'environnement : réalité et perspectives ». C'est le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, qui a ouvert le colloque, dont les grandes lignes sont inspirées de l'encyclique du pape François « Laudato si », qui porte sur la sauvegarde de « la maison commune », la planète Terre.
L'encyclique du pape, a souligné le patriarche, est basée sur la parole de Dieu et reflète l'anthropologie chrétienne telle que définie par les pères de l'Église, en ce sens qu'elle tient compte de ce qui, en l'homme, l'incline vers l'indépendance à l'égard du Créateur, ou encore à vouloir se substituer à Dieu et se proclamer démiurge. Elle parle aussi de ce qui, en l'homme, le porte au péché, notamment au péché d'homicide et d'une terre « maudite » à cause du sang répandu.
Cela dit, le patriarche trace les grandes lignes de ce que doit être une éducation à l'environnement : engagement à l'égard d'une « écologie complète » qui tienne compte des dimensions environnementale, économique, sociale et culturelle, notions de bien commun, de la justice et de la solidarité.
Écologie politique
Le patriarche en vient ensuite à parler d'une écologie politique, dans laquelle il inclut, sur le plan libanais, le respect de la Constitution et des lois, du pacte national et des coutumes constitutionnelles. Il parle même d'une « conversion écologique », c'est-à-dire d'un « changement de conduite », notamment dans notre approche de la consommation.
Le rôle de l'école catholique, dans ce domaine, est d'insuffler à l'élève « une spiritualité écologique », en le sensibilisant aux données susceptibles de nuire ou, au contraire, de bénéficier à l'environnement, qu'il soit social ou géographique, estime le patriarche Raï. L'environnement, en effet, ce n'est pas seulement la sensibilisation à la beauté de la nature, mais à tout ce qui met cette beauté en danger. Le patriarche adresse ces orientations aussi bien aux écoles privées qu'aux écoles publiques.
Il va de soi, souligne le chef de l'Église maronite, qu'une saine écologie trouve sa source, d'abord, dans la foi en Dieu, auteur de la création. Il n'y a pas de paix avec la nature, sans paix avec Dieu comme Père, tel que révélé par Jésus-Christ. Un père qui tient à chacun d'entre nous comme à la prunelle de son œil, et qui connaît et pourvoit non seulement à nos besoins, mais à ceux du monde animal et végétal aussi.
« Culture du gaspillage »
Au nombre des activités que l'école catholique doit promouvoir figurent, pour le patriarche, la lutte contre « la culture du gaspillage », « la consommation forcenée », c'est-à-dire la tendance à vouloir s'approprier toujours davantage, et, surtout, user de la nature jusqu'à l'épuisement de ses ressources, y compris de son propre corps, en esclave des modes et de la technologie.
Par ailleurs, le patriarche n'hésite pas à parler du problème des déchets, dont notre imprévoyance a fait un énorme problème. Il promeut notamment le tri à la source, l'exploitation des déchets recyclables ou leur transformation en énergie, les campagnes de reforestation, la familiarisation avec le patrimoine naturel, historique, archéologie, artistique et culturel.


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