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Moyen Orient et Monde - Syrie

Ankara et Riyad évoquent une possible trêve avant l’Adha

Des dizaines de personnes ont été intoxiquées hier par une attaque au gaz soupçonné d'être du chlore, dans un quartier d'Alep contrôlé par les rebelles.

Des Syriens souffrant de difficultés respiratoires après une attaque au gaz des forces du régime sur le quartier de Soukkari contrôlé par les rebelles à l’est d’Alep, hier. Taher Mohammad/AFP

Le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al-Joubeir, a évoqué hier la possible conclusion dans les 24 heures d'un accord de cessez-le-feu en Syrie.
Interrogé lors d'un point de presse à Londres sur l'incapacité des États-Unis et de la Russie, jusqu'à présent, à s'accorder sur une trêve dans ce pays, M. Joubeir a dit qu'il ne parlerait pas d'un échec mais d'un « work in progress ». « La possibilité existe de parvenir à un accord au cours des prochaines 24 heures environ, qui permettra de se rendre compte si (le président syrien) Bachar el-Assad est véritablement prêt à le respecter », a-t-il dit. Peu avant, la Turquie avait exprimé son souhait d'instaurer un cessez-le-feu avant le début de la semaine prochaine. Le porte-parole de Recep Tayyip Erdogan, Ibrahim Kalin, a révélé que le président turc avait rencontré une seconde fois ses homologues russe et américain avant de quitter la réunion du groupe des grandes puissances économiques à Hangzhou. Selon lui, M. Erdogan a affirmé à Vladimir Poutine et Barack Obama qu'il était essentiel de « convenir d'un cessez-le-feu ou d'une trêve le plus tôt possible » dans la province d'Alep, dans le nord de la Syrie. « Nous attendons un accord final. Nous en avons reçu les grandes lignes, mais nous attendons un accord sur le papier qui puisse être mis en œuvre », a déclaré M. Kalin à la chaîne de télévision turque NTV. Interrogé sur la date à laquelle une telle trêve pourrait être appliquée, M. Kalin a répondu que le président turc avait dit à M. Poutine que les habitants d'Alep devraient voir les combats cesser à temps pour la fête d'al-Adha qui, en Turquie, commence le 12 septembre.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où des dizaines de personnes ont été intoxiquées par une attaque au gaz soupçonné d'être du chlore dans un quartier d'Alep contrôlé par l'opposition syrienne, a-t-on appris de source médicale. D'après les bénévoles de la Défense civile syrienne, l'organisation fournissant les premiers secours dans les zones rebelles, des hélicoptères de l'armée syrienne ont largué des barils d'explosifs contenant du chlore sur le quartier de Soukari, dans l'est d'Alep. La Défense civile parle sur sa page Facebook de 80 personnes souffrant de suffocation, dont des enfants, mais ne fait pas état de morts. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) évoque pour sa part 70 cas de suffocation en citant des sources médicales sur place.

Deux soldats turcs tués
Par ailleurs, dans le nord de la Syrie, deux soldats turcs ont été tués hier dans la première attaque meurtrière imputée au groupe État islamique depuis le début d'une offensive turque il y a deux semaines, selon des sources officielles. L'attaque d'hier a fait aussi cinq blessés parmi les militaires turcs, selon les mêmes sources. « Deux de nos camarades sont tombés en martyrs et cinq ont été blessés dans une attaque à la roquette menée par des éléments de Daech (acronyme arabe de l'EI) sur deux de nos chars », a annoncé l'armée dans un communiqué, cité par la télévision privée NTV. Un haut responsable turc a confirmé le bilan. Selon l'armée, l'attaque s'est déroulée au sud d'al-Raï, près de la frontière, où des chars turcs ont ouvert le week-end dernier un nouveau front. Deux combattants de l'opposition syrienne soutenue par Ankara ont été tués et deux autres blessés dans des affrontements dans la même région, selon le communiqué. L'armée turque a également annoncé avoir frappé hier « 44 cibles à 153 reprises avec précision à l'aide de howitzers (obusiers) dans une région contrôlée par des terroristes », ajoutant que les avions de la coalition avaient également mené des raids contre des positions de l'EI. Les rebelles syriens soutenus par les forces de la coalition ont repris deux villages près d'al-Raï, a-t-elle ajouté, précisant que « l'opération se poursuit dans la région ».
Ankara et les rebelles syriens souhaitent la mise en place d'une zone de sécurité dans les zones frontalières prises à l'État islamique. Ahmad Osman, commandant du groupe insurgé Sultan Mourad, propose que cette zone de sécurité soit établie sur 90 km le long de la frontière turque, entre les villes de Jarablous et Azzaz. « Notre objectif est de sécuriser la campagne du nord et de l'est (d'Alep) de Daech et des séparatistes kurdes. Mais s'il y avait une zone de sécurité pour la sécurité de notre peuple à la frontière turco-syrienne, ce serait quelque chose d'excellent qui nous satisferait », a-t-il indiqué. « La Turquie à elle seule ne peut pas le faire. Il faut qu'il y ait unité d'opinions entre la Turquie, la Russie et l'Amérique (...). Si elles se mettent d'accord sur la question, alors, il y aura une zone sécurisée », a précisé le commandant rebelle.
Appuyé par les troupes turques, le groupe Sultan Mourad et les autres factions rebelles qui combattent sous la bannière de l'Armée syrienne libre ont pris dimanche les derniers territoires occupés par l'EI à la frontière turco-syrienne. Ahmad Osman a également annoncé que les rebelles soutenus par la Turquie seraient bientôt forcés d'affronter les milices kurdes parce qu'elles ne se sont pas retirées du secteur comme l'ont demandé les États-Unis et la Turquie.
(Sources : agences)


Le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al-Joubeir, a évoqué hier la possible conclusion dans les 24 heures d'un accord de cessez-le-feu en Syrie.Interrogé lors d'un point de presse à Londres sur l'incapacité des États-Unis et de la Russie, jusqu'à présent, à s'accorder sur une trêve dans ce pays, M. Joubeir a dit qu'il ne parlerait pas d'un échec mais d'un « work in progress »....

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