Un jour de printemps, un papillon vint se poser sur une feuille de dessin en présence de plusieurs camarades de classe. On se regarda tous et par un clin d'œil nous fîmes comme si de rien n'était et on contourna avec notre regard amusé cet insecte qui semblait, lui, être fasciné par la blancheur du papier à dessin. Nous nous sommes armés d'une loupe et nous nous permîmes de regarder de plus près ce joyau vivant. Comment un être aussi minuscule avait-il réussi tant d'opérations compliquées ? En effet, pour que la chrysalide se métamorphose en papillon, il lui avait fallu recueillir la matière première nécessaire à son évolution et la transformer en organes divers : yeux, pattes, antennes, ailes. Les ailes surtout provoquaient nos réflexions, surtout des adolescentes habituées au dessin. Leurs couleurs genre pastel disposées en formes géométriques d'une parfaite régularité, d'où provenaient-elles ?
Sur ce corps minuscule et fragile, nous voyions des teintes qui égalaient ou surpassaient en beauté les œuvres des grands peintres lors de nos visites dans les musées. Alors, devant ce prodige, nous nous sommes dit sans grands commentaires qu'il était impossible de l'attribuer au hasard. Et avec nos cœurs ardents pleins de jeunesse, nous comprîmes sans commentaires en cette journée mémorable qu'un être supérieur régissait la terre et tout ce qu'elle contient. Si l'on s'émerveille devant un papillon, de quelle admiration n'est-on pas saisi devant le mystère d'une vie humaine qui commence ! Ce corps miniature aux proportions si parfaites, ces doigts, par exemple, à peine plus gros que des allumettes, qui deviendront des doigts d'adulte. On comprend qu'une jeune maman en train de baigner son poupon s'arrête parfois, ravie, dans une sorte d'extase.
Et un peu plus tard, quand s'éveillent les milliards de cellules du cerveau et que le bébé se met à comprendre et à parler, quand l'amour naît dans son cœur et qu'il se serre fortement contre nous dans un geste spontané d'affection. Le hasard ? Une série que certains attribuent aux coïncidences. N'est-il pas moins difficile de croire en Dieu comme origine intelligente de cette magnificence ?
Songeons un peu : la lumière de certaines étoiles, parmi les milliards d'étoiles de l'univers, qui met environ deux mille années à nous parvenir. Le scintillement aperçu ce jour-là parcourt l'espace à 300 000 kilomètres à la seconde depuis le temps où le Christ vivait en Palestine avec sa mère et son père nourricier. N'est-ce pas à donner le vertige ? Surtout si l'on se souvient que cette gigantesque horlogerie fonctionne avec la plus rigoureuse exactitude. Chaque astre, chaque soleil, chaque planète voyage avec une régularité « astronomique », c'est-à-dire avec le summum de précision. Et cela depuis des millions d'années. Tout cela est-il effet du hasard ? Ne doit-on pas remonter plutôt jusqu'à cet être infini, d'une intelligence illimitée, qu'on appelle le Seigneur Dieu tout-puissant ? Dieu ou le hasard ? Telle est l'unique alternative. Nous trouvons plus difficile de croire au hasard qu'à Dieu comme cause suprême de l'univers. C'est aussi l'opinion de la plupart des savants astronautes, dont les témoignages de foi sont bien connus.
« Quand nous contemplons, Seigneur, votre firmament qui est l'ouvrage de vos doigts, quand nous contemplons la lune et les étoiles que vous y avez fixées, nous nous écrions : qu'est-ce donc que l'homme... pour que vous vous occupiez de lui ? » « Au commencement, Dieu créa le ciel et la Terre... Il créa le Soleil, la Lune et les étoiles... Et Dieu vit que cela était bon. » À ces croyants, comme à tous ceux qui ne se satisfont pas du hasard pour expliquer l'univers, Dieu lui-même donne de mystérieuses confirmations de la justesse de leur recherche à sa manière, il leur dit : « Je suis là. »
Souvenez-vous d'une chose. Si les croyants ne comprennent pas tout, s'ils ont des doutes, ce n'est pas que les vérités même de la révélation divine soient obscures, mais bien à cause des limites de l'esprit humain. Quand des doutes angoissent des croyants, Dieu lui-même les apaise. Nous tenons à évoquer les grands esprits tout au long de ce XXIe siècle qui ont cru au Christ comme en un messager du Père. Avec eux, nous nous estimons en bonne compagnie. Et, comme chacun l'espère, nous avançons dans la vie sur un chemin d'espérance. Nous savons que notre destinée ne s'achèvera pas dans un trou au cimetière. Au bout de la route, le Christ nous accueillera, les bras ouverts, pour nous conduire au royaume de Dieu le Père.
Sylvain THOMAS

