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Un Canado-Libanais 3e Ironman du monde dans sa catégorie

Success story

À l'âge de 56 ans, Gaby Azar, propriétaire d'une entreprise d'informatique au Canada, compte parmi les meilleurs triathlètes du monde. Mais, pour y arriver, cet ex-officier de l'armée libanaise a dû sacrifier beaucoup plus que son temps...

25/08/2016

Près de 3,8 km de natation, 180 km de vélo, 42 km de course à pied. L'Ironman est la compétition sportive la plus exigeante au monde. Lancée à Hawaï en 1978, elle attire des triathlètes professionnels mais aussi des amateurs assez audacieux pour tenter leur chance. Parmi ces derniers figure Gaby Azar, ancien officier de l'armée libanaise qui, en 1990, a tout quitté pour s'installer au Québec et étudier l'informatique à l'université McGill. C'est en 2009, à l'âge de 49 ans, et après avoir créé sa propre compagnie d'informatique, qu'il décide de participer à son premier Ironman, aux États-Unis. Sept ans et huit compétitions Ironman plus tard, il se trouve à la troisième place du championnat du monde chez les 52-56 ans.

Si sa passion pour l'extrême s'est manifestée assez tardivement dans sa vie, ses racines sont ancrées dans une période bien plus lointaine. Dès l'âge de 5 ans, Gaby Azar passe son temps dans des clubs sportifs et participe à des compétitions de natation, de ski ou bien de bicyclette. Une fois dans l'armée, il intègre un bataillon de chasseurs alpins, une troupe d'élite spécialement entraînée pour le combat en altitude, dans des conditions climatiques rigoureuses. « Cette expérience a déclenché en moi une envie de pousser mes limites au-delà du possible ; une envie qui m'accompagne jusqu'à aujourd'hui », dit-il lors d'un entretien avec L'Orient-Le Jour, au bord d'une piscine d'une station balnéaire à Jounieh. « Et quand j'ai quitté l'armée pour aller au Canada, je faisais deux, parfois trois marathons par année jusqu'à mon premier Ironman », ajoute-t-il.

Les raisons derrière son passage progressif vers de telles compétitions semblent pourtant difficiles à expliquer. « C'est peut-être parce que je suis à la recherche d'une sensation un peu plus extrême que celle qu'on ressent quand on boit un verre de vin, ou quand on joue aux cartes. Cela m'offre une stabilité mentale et émotionnelle, puis cela me remplit. Si je m'arrête, je sens un manque qui me déstabilise », explique-t-il. « C'est comme une drogue, quand il le fait, il se sent heureux », rajoute Mirelle Alam, sa coach de natation et championne nationale de natation, assise près de lui.

 

(Lire aussi : À Nice, Depolla se montre d'acier)

 

« Je n'ai aucune vie sociale »
Mais comme toute drogue, celle-ci aussi a son prix. Les entraînements pour les compétitions Ironman occupent, lors de la saison, trois à quatre heures par jour (soit 18 à 25 heures par semaine), accompagnées d'un régime strictement végétalien. Sinon, pendant les périodes « normales », l'entraînement se limite à deux activités par jour, préférablement avant-midi. « Comme je travaille quatre heures par jour depuis chez moi, le temps que je passe aux entraînements ne me pose pas vraiment de problèmes au niveau professionnel, précise-t-il. Mais je n'ai aucune vie sociale. Puis j'ai eu des problèmes au niveau familial...» Père de deux enfants, maintenant adultes, divorcé, Gaby ne cache pas son amertume : « Bien sûr que ces aspects de la vie me manquent, mais si j'arrêtais ces activités, elles me manqueraient aussi », avoue-t-il, son regard vacillant entre regret et détermination.

Héritage soupçonné de son passé militaire, son esprit de sacrifice semble aller de pair avec une discipline bien testée. Pour Gaby Azar, la douleur, tant mentale que physique, n'est d'ailleurs qu'un « sentiment régulier » qu'il faut apprendre à mettre de côté pour pouvoir avancer. « La phrase "je n'en peux plus" n'existe pas dans mon système ; ressentir de la douleur ou pas, pour moi c'est la même chose. Vous allez pensez que je suis fou, c'est vrai, je suis fou », affirme-t-il. « À la seule exception, bien sûr, d'un pied cassé ou d'un autre problème de santé...» rajoute-t-il comme pour admettre sa mortalité. Parmi ces problèmes, il évoque de nombreux genoux et chevilles blessés, une épaule cassée, il y a deux ans, lors d'une course à bicyclette. Si cet « inconvénient », comme il l'appelle, l'a privé des compétitions Ironman pendant un an, il ne l'a pourtant pas empêché de participer, quatre mois plus tard, à un marathon.

De retour au Liban pour des vacances de courte durée, Gaby Azar ne se laisse pas trop séduire par les rythmes enivrants de l'été. Son prochain Ironman aura lieu au Mexique, le 27 novembre prochain. Quant à savoir ce qu'il en sera dans un avenir plus lointain, il ne semble pas préoccupé pour autant. « Je continuerai aussi longtemps que possible, ce n'est pas l'âge qui m'arrêtera », dit-il avec persuasion.

 

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