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Nos lecteurs ont la parole - Lamia Sfeir Darouni

Assassiner au Liban n’est plus un crime !

L'affaire Manal Assi, cette jeune maman de 34 ans, sauvagement battue par son époux, torturée à mort pendant plus de deux heures devant sa mère, cruellement attaquée et morte sous la violence des coups et la sauvagerie de l'acte de son mari, n'est pas jugée comme un crime important ! Son acte ne vaut pas le châtiment que mérite tout assassin qui abat aussi sauvagement une personne ! Son acte mérite tout juste cinq ans de prison comme tout fait banal, divers, quotidien. Mme la juge a donc décidé de se référer à l'article 252 du code pénal qui permet au coupable de bénéficier de circonstances atténuantes, s'il a commis son crime « sous le coup d'une violente colère due à un acte injuste et dangereux de la victime », en l'occurrence l'infidélité de son épouse découverte le jour du crime. Une raison valable et excusable pour être battue à mort ? Une raison beaucoup plus grave que l'acte lui-même ? Une raison qui justifierait le comportement et le crime de l'époux ?
Une raison qui pousserait ce dernier à sauver son honneur en battant à mort son épouse ? Une raison qui permettrait de mettre fin aussi sauvagement, froidement et cyniquement à une vie humaine ? Et, surtout, une raison qui pousserait d'autres maris blessés dans leur honneur de mâle trompé, à tuer et commettre le même crime ! Et voilà comment l'on crée des assassins qui se savent protégés par la loi. Voilà comment l'on encourage les crimes dans un pays devenu pire qu'une jungle ! Voilà comment l'on pousse à plus de violence conjugale ! Voilà comment il y aura encore plus de Manal Assi, de Roula Yaacoub, de Nisrine Rouhana et toutes ces femmes battues et assassinées par leur époux au nom de cette sacrée loi patriarcale et de la toute-puissance de l'homme dans ce pays ! Une question : et si l'infidélité avait été commise par l'époux, la femme aurait-elle été excusée si elle avait commis un crime ? Aurait-on défendu les droits de cette femme avec autant de véhémence ? Comment accepter de trouver des excuses à la mort d'une personne ? Honte à tous ceux qui se tairont et accepteront telle injustice ! Finalement les vrais criminels ne sont pas ceux que l'on croit ! Les vrais coupables ne sont pas ceux qui commettent l'acte. Les vrais criminels sont ceux qui ferment les yeux et banalisent la mort d'un être. Les vrais assassins sont ceux qui trouvent « légitime » et excusable l'atteinte à la vie d'une personne. Les vrais criminels sont ceux qui permettent de tuer au nom d'un honneur bafoué, d'assassiner au nom de n'importe quelle excuse donnée et de mettre fin à la vie d'une personne dans cette jungle qu'est devenu le pays où tuer et assassiner n'est plus un acte condamnable par la justice, mais tout simplement un fait divers commis pour laver un honneur bafoué.

Lamia SFEIR DAROUNI

L'affaire Manal Assi, cette jeune maman de 34 ans, sauvagement battue par son époux, torturée à mort pendant plus de deux heures devant sa mère, cruellement attaquée et morte sous la violence des coups et la sauvagerie de l'acte de son mari, n'est pas jugée comme un crime important ! Son acte ne vaut pas le châtiment que mérite tout assassin qui abat aussi sauvagement une personne ! Son acte mérite tout juste cinq ans de prison comme tout fait banal, divers, quotidien. Mme la juge a donc décidé de se référer à l'article 252 du code pénal qui permet au coupable de bénéficier de circonstances atténuantes, s'il a commis son crime « sous le coup d'une violente colère due à un acte injuste et dangereux de la victime », en l'occurrence l'infidélité de son épouse découverte le jour du crime. Une raison valable et...
commentaires (3)

C,EST QU,ON CONFOND A VOLONTE ASSAISONNER AVEC ASSASSINER... ET ON LUI ATTRIBUE MEME DES PRIMES !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

16 h 40, le 19 août 2016

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Commentaires (3)

  • C,EST QU,ON CONFOND A VOLONTE ASSAISONNER AVEC ASSASSINER... ET ON LUI ATTRIBUE MEME DES PRIMES !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    16 h 40, le 19 août 2016

  • Deux constatations : Très difficile de commenter les décisions de justice, et les machos libanais ne savent plus parler aux femmes. En bon Libanais qui voit partout de la politique, les crises politiques, et économiques mettent à mal le sentiment amoureux, avec la suite qu’on connaît, des dégâts de toutes sortes, des problèmes relationnels, et la femme, épouse, sœur, voisine, bouc émissaire par excellence est toujours à portée de baffes. Qui peut encore comprendre, avec la mondialisation, des hommes de religion (la religion est pour quelque chose) plaide pour l’excision, (opération aberrante du point de vue anatomique, n’importe que médecin le dira) alors que d’autres réclament un moratoire sur la lapidation des femmes. Le débat sur la violence faite aux femmes risque de s’éterniser, pas seulement en Orient et ses valeurs divines, mais en Europe et le reste du monde...

    Charles Fayad

    13 h 38, le 19 août 2016

  • Une révolution culturelle sera la bienvenue pour réformer les mentalités. Au pays de l’impunité, un homme tue sa femme, et de quel droit, fort du soutien, non seulement de quelques "machos", mais également de sœurs, de mères, n’ayant pour l’épouse que la considération qu’on accorde dans un temps qu’on croyait révolu, à une "pièce rapportée". Du pain sur la planche pour les juristes, les associations…

    Charles Fayad

    10 h 25, le 19 août 2016

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