Morgan Freeman Frederic J. Brown/AFP
Morgan Freeman, monument d'Hollywood à la voix de velours, joue à présent dans un remake survolté de Ben-Hur en 3D. Depuis ses débuts comme figurant dans The Pawnbroker (1964), la filmographie de l'acteur noir s'est allongée jusqu'à 79 titres qui ont collectivement généré 4,3 milliards de dollars au box-office, soit presque autant que les recettes combinées de tous les films d'Al Pacino et Robert De Niro. Freeman, 79 ans, a été nommé cinq fois aux oscars mais a dû attendre 2005 pour décrocher une prestigieuse statuette : celle du meilleur second rôle grâce au film de Clint Eastwood, Million Dollar Baby. Beaucoup à Hollywood estiment qu'il aurait dû remporter celle du meilleur acteur pour son interprétation magistrale d'Ellis Boyd dans Shawshank Redemption (1995), peut-être sa prestation la plus unanimement saluée. L'acteur prolifique est apparu également dans des comédies ou des blockbusters de science-fiction tels que Batman Begins ou The Dark Knight. Il collabore régulièrement avec Clint Eastwood, pour lequel il a campé l'ex-figure de la lutte antiapartheid devenu président d'Afrique du Sud Nelson Mandela (Invictus, 2009).
Quand il parle de Dieu, du travail et de l'Amérique
Lors d'une table ronde pour la sortie du remake du mythique péplum avec Charlton Heston, le comédien s'est entretenu avec les journalistes. « Jouer les divinités n'est pas si dur, si vous voulez tout savoir », a-t-il répondu, lui qui a interprété Dieu dans la comédie potache Bruce Almighty en 2003. « C'est juste un travail », poursuit Freeman. « C'est ce que nous faisons, nous les acteurs. Quand on a autant de chance que moi, de temps en temps, on tombe sur un rôle extraordinaire », ajoute-t-il.
Dans Ben-Hur, qui sort en septembre, Freeman se glisse dans la toge d'un chef nubien et donne la réplique à Jack Huston – un acteur sééééduisannnnt !, selon Freeman – qui redonne vie au légendaire prince juif trahi par son frère et qui devient champion de courses de chars dans les arènes de Jérusalem. La version 2016 de cette saga de rivalité fraternelle et de rédemption, réalisée par Timur Bekmambetov, s'attaque à l'un des films phares de l'histoire d'Hollywood. « Il y a beaucoup de choses dans cette histoire dont nous pouvons apprendre, nous les humains : la rédemption, la tolérance, le pardon, l'amour », juge-t-il.
S'il se définit comme agnostique, Freeman garde dans sa bibliothèque les grands textes religieux comme le Coran et la Bible, et a prêté sa voix à plusieurs documentaires sur la foi. Ce démocrate, gros donateur pour la campagne de réélection de Barack Obama en 2012 et qui finance localement des initiatives contre le racisme, avoue : « L'espérance, c'est la signification de l'Amérique. Nous allons finir par réaliser qui nous sommes, en tant que peuple, et du côté de Dieu. »
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