Miles Teller et Jonah Hill dans le désert de Fallouja (Maroc).
L'un est masseur à Miami Beach, mais rêve d'un avenir meilleur. L'autre est un magouilleur. Les deux copains d'enfance se retrouvent à un enterrement sous le soleil et le ciel bleu de la Californie. Le magouilleur va déceler chez son pote un certain désappointement dans la vie et lui propose un deal énorme. C'est l'époque où la guerre fait rage en Irak. Mais les deux amis naviguent entre soirées bien arrosées et coke. Surfant sur le Net et profitant d'un dispositif méconnu du gouvernement fédéral, permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d'offres de l'armée américaine, ils vont devenir de véritables trafiquants d'armes, décrochant des contrats fabuleux jusqu'au jour où, partis en Albanie sur un coup de 300 millions de dollars, ils vont se retrouver nez à nez avec un plus gros requin.
Entre Hill et Teller, l'alchimie
War Dogs est inspiré d'une histoire vraie, celle d'Efraim Diveroli et David Packouz, interprété respectivement par Jonah Hill et Miles Teller, deux jeunes gens qui ont monté un business juteux dans le trafic d'armes durant la guerre d'Irak en profitant d'une faille dans le système fédéral et qui ont été très vite dépassés par l'ampleur de leur entreprise. Leur histoire avait été révélée pour la première fois en 2011 dans le magazine Rolling Stone par le journaliste Guy Lawson. Le producteur Mark Gordon était dans un avion quand il est tombé sur l'article de Rolling Stone. Il a tout de suite eu envie d'en faire un film. « Je n'en croyais pas mes yeux. Il y avait là tous les ingrédients d'un projet cinématographique. Je me suis rendu compte que le public adore les films dont les personnages déjouent le système, même s'ils finissent par en payer le prix fort d'une manière ou d'une autre. Quand on pense que ces deux-là étaient sans doute les mecs les moins susceptibles de mener à bien ce type d'escroquerie, on tient une histoire totalement géniale », confie Gordon (propos rapportés sur le site allo-ciné). Todd Philips (auteur de la franchise Hangover et Very Bad Trip) a été pressenti à la mise en scène. C'est la première fois que Jonah Hill et Miles Teller se retrouvent dans un film, et cela fait des étincelles. Le duo de comédiens est exceptionnel, l'un témoignant de son extravagance et l'autre de sa réserve et de sa retenue. Sous la direction du déjanté Philips qui sait tirer de la situation la plus alarmante des scènes les plus burlesques, comme cette course folle dans la camionnette remplie de munitions, filant à vive allure dans l'obscurité de Fallouja. Jonah Hill, qui a fait ses débuts chez le maître de la comédie américaine contemporaine Judd Apatow, a fait bien du chemin. Le petit rondouillard allait plus tard être dans The Wolf of Wall street. Dans le film War Dogs, empruntant l'allure d'un mafieux un peu à Tony Soprano, un peu à Scarface, l'acteur épate. Le réalisateur avouera par ailleurs que Miles (qui s'est fait connaître en 2014 dans Whiplash) est (aussi) un acteur extraordinaire. On dirait qu'il n'a jamais besoin de faire des essais. Ce n'est pas péjoratif dans ma bouche : il est naturellement doué. C'est sidérant à voir. On a vraiment eu de la chance de pouvoir réunir Miles et Jonah dans le même film. Un film plus que divertissant où l'on apprend (même si on le savait déjà) que les grands pays font la guerre non pour faire prévaloir la démocratie et autres valeurs, mais simplement... pour la tune.
Entre Hill...


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