Au Japon, c’est principalement en termes de tourisme que le jeu est vu comme une opportunité afin d’attirer de nouveau les visiteurs. Kazuhiro Nogi/AFP
Rien ne les arrête ! En figurine ou en peluche, flottant virtuellement dans des magasins, les Pokémon sont partout depuis la sortie mi-juillet du jeu en réalité augmentée qui les met à l'honneur, générant des attroupements et un passage inhabituel dont petits commerces et grandes enseignes cherchent à tirer profit.
« Ça marche très bien, c'est la quatrième fois qu'on réapprovisionne les peluches Pokémon en deux semaines », se félicite Corentin Flamand, vendeur au magasin Micromania Bastille à Paris, en désignant les Pikachu miniatures, lancés le 15 juillet à l'occasion des 20 ans des monstres de poche. « Pokémon fait partie des univers qui marchent le mieux chez nous habituellement, il est donc un peu tôt pour dire si le jeu a un effet significatif sur la consommation », tempère cependant Philippe Renaudin, directeur marketing de Micromania. Mais l'enseigne espère bien profiter de l'engouement actuel en mettant en place un jeu concours pour inciter les chasseurs à prendre en photos les Pokémon attrapés dans ses magasins. À gagner : des Poképièces, la monnaie du jeu pour y acheter des bonus. « On a régulièrement Pokémon Company au téléphone. On aimerait bien entendu avoir plus de Pokémon ou devenir des Pokéstop », espère M. Renaudin.
Des partenariats commerciaux, il n'en est cependant pas encore question pour The Pokémon Company (TPC), la société japonaise affiliée qui a codéveloppé le jeu et est détentrice des droits des produits dérivés. Celle-ci, détenue en partie par Nintendo, souhaite pour l'heure se concentrer sur le déploiement du jeu dans l'ensemble des pays. Sauf au Japon, berceau du jeu, où l'enseigne de restauration rapide McDonald's, en grande difficulté dans le pays, a réussi à nouer un partenariat.
De tels partenariats pourraient-ils se multiplier ? Le studio de développement Niantic, à l'origine du jeu, a invité les commerces intéressés à se manifester en remplissant un formulaire sur son site. « Les partenariats seront noués dans un second temps, mais cela se fera de manière sélective », explique-t-on du côté de TPC.
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« Pokémon Go compatible »
« S'il y a un intérêt d'affluence mécanique, les commerces veulent surtout montrer que leur marque est en adéquation avec son temps, qu'elle est Pokémon Go compatible », explique Philippe Bonnasse, expert consommation au cabinet CA Com.
Au Japon, c'est principalement en termes de tourisme que le jeu est vu comme une opportunité afin d'attirer de nouveau les visiteurs. Un accord a ainsi été signé avec le studio Niantic afin de placer les Pokéstop et arènes de manière à guider les touristes dans les régions qu'ils ont tendance à délaisser, tout en évitant d'en placer dans la zone d'exclusion autour de la centrale de Fukushima.
Selon l'institut de sondage YouGov, qui estime à 5,3 millions le nombre de joueurs réguliers au Royaume-Uni, « le succès évident de Pokémon Go ouvre la porte à des partenariats de marque, tant avec cette application qu'avec de futurs jeux de réalité augmentée plus généralement ».
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À Paris, certains commerces locaux observent déjà l'effet Pokémon comme le restaurant Park Avenue, premier Pokéstop dans la zone du parc de la Villette. « Ça n'arrête pas. Le quartier avait perdu de l'éclat avec les attentats, mais depuis la sortie de Pokémon Go, on a beaucoup d'affluence de jeunes et moins jeunes qui se posent, consomment et se réapprovisionnent en Pokéballs » (armes virtuelles pour attraper les Pokémon), détaille Noël Duman, 29 ans, directeur du restaurant situé dans le XIXe arrondissement.
Si bars ou restaurants peuvent en profiter, ce n'est pas toujours le cas des magasins car Pokémon Go crée « un trafic détourné et orienté, court-termiste qui n'a pas vocation à fabriquer un commerce immédiat », souligne M. Bonnasse. En ce qui concerne la question de la durée du phénomène, « les enseignes parient sur une durée de trois à six mois, jusqu'à Noël », constate Yves Marin, du cabinet Wavestone.
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« Ça marche très bien, c'est la quatrième fois qu'on réapprovisionne les peluches Pokémon en deux semaines », se félicite Corentin Flamand, vendeur au magasin Micromania Bastille à Paris, en désignant les Pikachu miniatures, lancés le 15 juillet à l'occasion des 20 ans des monstres de poche. « Pokémon fait partie des univers qui marchent le mieux chez nous habituellement, il est donc un peu tôt pour dire si le jeu a un effet significatif sur la consommation », tempère cependant Philippe Renaudin,...

