Le ministre démissionnaire de la Justice, Achraf Rifi, a refusé hier de « jouer aux faux témoins à la table du dialogue avec le Hezbollah », affirmant que ce dialogue est rien moins qu' « une duperie ».
« Nous ne permettrons pas au Hezbollah de porter atteinte à la Constitution libanaise, alors qu'il entrave déjà l'élection d'un président de la République », a souligné M. Rifi, dans un entretien accordé hier à Sky News.
« Les leçons de l'histoire militaire nous apprennent que tous ceux qui sont sortis hors de leurs frontières y ont trouvé leur fin. Persister dans l'erreur stratégique, c'est avoir l'exténuement et la dislocation comme destin », a affirmé l'ancien patron des Forces de sécurité intérieure, en allusion à l'équipée syrienne du Hezbollah.
« Tout le monde sait que l'Iran a mis la main sur quatre capitales arabes : Beyrouth, Sanaa, Damas et Bagdad, a poursuivi M. Rifi. Mais le Hezbollah, en dépit de toutes les capacités que le régime militaire syrien a mises à sa disposition lorsqu'il se trouvait au Liban, sait très bien qu'il ne peut pas gouverner le pays du Cèdre. En 2006, il a tenu bon face à l'ennemi israélien, avant de tenter d'investir sa puissance sur le territoire libanais, mais nous lui avons fait face. »
« Le début du déclin du Hezbollah a été lors de son entrée dans le bourbier syrien, en prenant part aux combats contre nos proches en Syrie. Il en paiera le prix tôt ou tard. Il y a des dizaines parmi ses combattants qui tombent du fait de son implication, et il y aura une immense explosion de colère de la part de leurs parents. Je m'attends à ce que cela se produise bientôt », a-t-il noté.
« Le Hezbollah a commis le 7-Mai au plan intérieur libanais. Voilà qu'il tente aujourd'hui de récolter au Liban les fruits de ce qu'il commet en Syrie, sous la forme d'une victoire. Il anticipe sur les événements, surtout après les développements survenus à Alep, mais il ne pourra traduire cela dans la vie politique libanaise à travers son appel à une Assemblée constituante. Nous ne lui permettrons pas de porter atteinte à la Constitution », a indiqué le ministre démissionnaire de la Justice. « Nous sommes des citoyens égaux et nous n'avons peur ni des armes du Hezbollah, ni de l'Iran, ni de la vieille influence d'Assad au Liban », a-t-il ajouté.
« Le Hezbollah est un instrument aux mains des Iraniens, à l'instar des houthis (au Yémen) et du Hachd el-Chaabi (milice chiite irakienne). Il bloque l'élection présidentielle et tente de pousser l'administration libanaise à la paralysie, pour plonger le pays dans un cercle vicieux », a encore dit Achraf Rifi.
« Concernant ce qui est dit autour du package deal, tout cela n'est qu'une manière pour ses acolytes de jouer aux plus fins. Ils ne pourront rien réaliser à nos dépens, nous, Libanais, a estimé l'ancien directeur des FSI. Ce qui se produit autour de nous dans la région nécessite des efforts arabes coordonnés et continus. Les Iraniens peuvent établir leur hégémonie sur certaines capitales, mais ni l'histoire, ni la géographie, ni la position arabe ne leur permettent d'aller trop loin dans leurs projets ».
Qualifiant ensuite la table du dialogue de « duperie visant à mener le pays vers une Assemblée constituante, ce que désire le Hezbollah », Achraf Rifi a ajouté : « Nous lui résisterons à travers la désobéissance civile. » « Nous ne permettrons pas au Hezbollah d'obtenir la majorité parlementaire aux prochaines législatives. Nous mobiliserons toutes les forces souverainistes. Le Liban ne tombera pas sous l'hégémonie iranienne », a-t-il souligné.
Interrogé sur « l'absence d'une décision sunnite unifiée », M. Rifi a répondu : « La décision sunnite devrait être entre les mains de personnes fougueuses, pas des adeptes de la politique de la résignation. Nous en avons assez des concessions faites au Hezbollah. Son projet est iranien et vise à établir une mainmise sur le Liban. Les résultats des élections municipales, notamment à Tripoli, étaient une mise en garde. Le peuple libanais a voulu adresser un message selon lequel il ne veut plus d'indulgence à l'égard du Hezbollah. » « J'appelle les forces sunnites à revenir aux constantes : la souveraineté, l'indépendance et l'attachement aux constantes de Rafic Hariri », a-t-il ajouté.


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VOILA UN HOMME DANS TOUT LE SENS DU MOT PATRIOTE ET HONNETE ET DIGNE D,ETRE PRESIDENT !
13 h 30, le 12 août 2016