Est-ce que le(les) peuple(s) libanais veut (veulent) en finir avec toutes les tares accumulées au fil des siècles, et particulièrement depuis le début de l'occupation ottomane, et qui ont fait de notre société un ensemble de groupes hétéroclites, qui s'échangent les indispensables triples embrassades (le plus hypocritement du monde) chaque fois qu'ils se croisent, pour cacher leur méfiance ?
Si nous voulons sincèrement guérir définitivement de ces maladies héréditaires, voici une liste incomplète de nos fléaux dont il faudrait se débarrasser et qui sont intimement liés à la corruption active ou passive généralisée, ce mal pernicieux, malin et rongeur, responsable de presque tous nos malheurs :
Le confessionnalisme ; le tribalisme ; le régionalisme ;
la vassalisation ; le clientélisme exercé par nos politiques ; le népotisme et le trafic d'influence ;
la prévarication ; l'injustice concernant le règlement des impôts (où, primo, nous avons l'exemple des plus nantis qui paient à peine leurs impôts ;
secundo, il y a la tranche des contribuables jouissant des formules applicables à certains professions ou métiers, dont beaucoup sont modestes, formules qui leur laissent difficilement la possibilité de se dérober de leurs obligations ; tertio, il y a le cas du reste des contribuables, dont une certaine bourgeoisie, et qui sont souvent encouragés à imiter les plus nantis) ; la privation des soins sanitaires aux plus démunis, c.-à-d. à ceux qui en ont le plus besoin ; la répartition injuste des projets gouvernementaux entre les différentes régions, souvent pour des considérations confessionnelles, sinon politiques ; la politisation de la justice (comme le cas Michel Samaha) ;
Et je continue :
Les sempiternelles pénuries d'eau et d'électricité, parce qu'un certain milliardaire ou ex-milliardaire voudrait s'accaparer EDL surtout, sans rien payer ??? ; le ministère des P&T et sa caverne de Ali Baba, dont les réseaux illégaux de l'Internet ; les magouilles de la crise des déchets ;
la pollution de nos fleuves, de notre mer et de notre air ; les réseaux de prostitution clandestins ; les tirs de joie ou de deuil, qui tuent des innocents ;
les convois de personnalités accompagnées de gardes du corps agressifs, provocateurs et parfois assassins (NB : au Liban, il suffit d'être riche pour être considéré comme une personnalité ; cela n'exclut pourtant pas l'existence d'une minorité de riches, corrects, honnêtes et honorables) ; les lois électorales tordues, taillées sur mesure, faites pour assurer l'éternelle réélection des dynasties des bourreaux du peuple ; etc., etc., etc.
En somme, le pays est régi par un capitalisme sauvage (basé sur la corruption), inhumain et honteux, où la classe pauvre est ignorée, humiliée et écrasée, et dont le seul recours pour y faire face , pour les plus chanceux, consiste à quémander l'intervention du chef communautaro-féodal du patelin, en lui jurant fidélité, loyauté (et surtout les voix électorales de la famille ou du clan du solliciteur) pour la vie, sinon il ne resterait plus aux individus concernés qu'à crever en silence.
Si vraiment nous voulons guérir de toutes ces maladies, qui ont fait le malheur de notre pays et qui nous ont fait rater d'immenses et d'innombrables occasions, qui auraient pu faire du Liban un pays uni, civilisé, stable, riche, prospère et exemplaire, alors il n'y a qu'une solution : celle de revenir au peuple, source de tous les pouvoirs, et de l'inviter à voter chacun pour un seul candidat à la députation (c.-à-d. le vote uninominal) même si celui-ci appartient à une autre communauté religieuse et même s'il se trouve dans une autre circonscription, et ce selon le principe « one person, one vote ».
Une fois cela fait, on rassemblera tous les bulletins de vote du pays et on les répartira selon les mohafazats respectifs des candidats. Supposons qu'on obtienne environ 325 000 voix pour tous les candidats du mohafazat de Beyrouth. La deuxième étape serait celle du triage selon les confessions respectives des candidats. À supposer qu'il en faut, entre autres, dix sunnites + trois maronites, etc. pour Beyrouth. Alors, on choisira les dix sunnites et les trois maronites ayant obtenu le plus de voix et on les confirmera comme députés. Idem pour les autres confessions de Beyrouth. Même processus pour les autres mohafazats.
Ce système pourrait constituer un rempart, une citadelle imprenable contre la corruption et l'achat de voix. C'est alors seulement que s'opérera le grand changement tant rêvé et désiré, avec des figures différentes de celles des dynasties féodales, qui ont pillé, opprimé et humilié le pays. Une fois cela accompli, ces nouveaux élus seront invités à élire un président, quoique l'idéal serait à ce que le peuple élise lui-même ledit président, durant le même processus des élections législatives, avec juste deux noms sur le bulletin de vote : celui du candidat au Parlement + celui du candidat à la présidence.
Je ne prétends pas être expert en matière de lois électorales, quoique je trouve la susdite formule efficace et convaincante. Cependant, cela n'exclut pas la possibilité qu'il puisse en exister de meilleures, L'essentiel est que la nouvelle loi annule les dispositions néfastes de celle ayant régi les élections de 2009 et basée sur la majorité, afin de devenir représentative de la plupart des tendances politiques au sein de chaque communauté et de chaque région, qu'elle décourage l'effet de l'argent, et ce de sorte à ce qu'aucun groupe politique ne puisse en prévoir les résultats avant le dépouillement des bulletins. L'effet de surprise, tant recherché, sera alors aussi inévitable que bienvenu.
C'est ainsi que nous aurons pavé la voie à la laïcité totale, lequel but serait atteint dans une ou deux étapes ultérieures, mais entre-temps nous aurions au moins ouvert l'horizon aux nombreuses valeurs morales et compétences étouffées de notre société, en mettant fin à la corruption généralisée et à l'hémorragie de l émigration de nos élites (qui continuent de faire le bonheur et la joie d'autres pays, au détriment du nôtre).


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
UN ARTICLE DIGNE DE CE NOM... BRAVO !
20 h 45, le 11 août 2016