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Liban

Raï : Si Sfeir et Joumblatt avaient attendu un mot d’ordre de l’extérieur, la réconciliation n’aurait toujours pas eu lieu...

La réponse du patriarche Raï. Photo Ani

Voici de larges extraits de l'allocution prononcée par le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, en réponse au discours du chef du Rassemblement démocratique, le député Walid Joumblatt.
« Qu'il est beau, ce jour qui nous réunit dans la demeure du leader national Walid bey Joumblatt, afin de célébrer le 15e anniversaire de la réconciliation de la Montagne, dont les bases ont été jetées par le cardinal Nasrallah Sfeir le 4 août 2001, lors de sa visite historique qui avait englobé la plupart des villages de la Montagne dans ses différents cazas. Nous vous remercions, ainsi que votre épouse, pour cet accueil. C'est l'occasion pour chacun de nous, à partir de son emplacement, de respecter son engagement en faveur du parachèvement de cette réconciliation, en lui assurant son cadre spirituel, social, économique et développemental, de sorte que la vie revienne dans la Montagne comme avant, dans la fraternité et la vie sociale active », a indiqué Mgr Raï.
« Ce jour-là, vous aviez dit, Walid bey, à Sa Béatitude : "Je vous demande l'autorisation de vous annoncer que la guerre de la Montagne est révolue à tout jamais. C'est avec vous que nous protégeons la Montagne, le Liban et le vivre-ensemble partout." En réalité, c'est dans ce but que le patriarche a relevé ce grand défi dans de telles circonstances, et que vous aviez initié la réconciliation historique. Aujourd'hui, il se trouve avec nous par l'esprit et la prière. Nous poursuivons la même voie en construisant les piliers de cette réconciliation pour la protection de la Montagne et du Liban. Sa Béatitude était convaincue, comme il l'avait annoncé ce jour-là, que l'atteinte à la Montagne est fatale, comme une blessure au cœur », a-t-il poursuivi.
Après avoir évoqué les circonstances de l'édification de l'église Notre-Dame de Moukhtara par l'émir Bachir Joumblatt en 1820, sous le mandat du patriarche Youhanna Hélou, ainsi que les liens historiques de la famille Khazen avec le patriarcat maronite, le cardinal Raï a ajouté : « Lors de cette visite historique, le patriarche Sfeir était fermement convaincu – et nous partagions ce point de vue – que la réconciliation entre les chrétiens et leurs frères druzes constituait la première étape incontournable pavant la voie à une réconciliation globale entre tous les Libanais, et que sans cette réconciliation globale, le projet de l'édification de l'État libanais capable, souverain, libre et indépendant ne verrait pas le jour. Le patriarche et Walid bey n'avaient absolument pas à l'esprit l'idée de relancer un binôme historique. Ils voulaient partir de l'idée de base qui avait servi de fondement à l'entité libanaise, la pluralité dans l'unité, afin de réaliser l'unité nationale globale. »

Réconciliation « politique »
Et Mgr Raï de souligner : « Aujourd'hui, nous aspirons tous à une réconciliation politique entre le 8 Mars, le 14 Mars et les centristes. Tout comme la réconciliation de la Montagne a ramené la vie à cette région et à sa société, de la réconciliation politique dépend la relance de l'État et de ses institutions constitutionnelles, à commencer par l'élection d'un président de la République, qui en est la porte d'entrée. C'est en vain que nous tentons de procéder à une ascension de l'État par d'autres procédés. À quoi bon poser tous les problèmes avant l'élection d'un président de la République, seul capable de mener le débat sur ces questions et de les étudier toutes, à travers le Parlement, lieu naturel d'un tel examen, et un pouvoir, afin de se concerter, voter et prendre des décisions ? De quel droit bloque-t-on l'élection d'un président pour telle ou telle considération ? Sur base de quoi l'ensemble du Parlement se retrouve bloqué et le gouvernement paralysé, avant que le chaos ne gagne toutes les institutions publiques, que les nominations s'arrêtent, que la manie de la prorogation ne devienne facile (...), que la pauvreté et la misère n'enserrent leur étau autour des citoyens, que l'activité économique se bloque, que les offres d'emplois baissent et que l'émigration augmente, alors que le pays se noie dans les réfugiés qui forment désormais la moitié de sa population... ? Qui a le droit de se livrer à un acte politique allant autant à l'encontre du bien public (...) ? »
« Ce sont deux grands hommes courageux qui ont pris l'initiative de la réconciliation de la Montagne : le patriarche Sfeir et Walid bey Joumblatt. S'ils avaient attendu une décision de l'extérieur, comme c'est le cas actuellement, cette réconciliation n'aurait toujours pas eu lieu. Aujourd'hui, l'initiative d'élire un président de la République nécessite de grands hommes d'État de telle ou telle partie, des hommes conscients que la solution provient de l'intérieur, avec le courage et l'impartialité, loin des intérêts personnels, et avec le souci de l'intérêt du pays, qui est supérieur à tout le reste. Sur cette base, il est possible d'aller vers une réconciliation nationale qui mettrait le doigt sur la véritable plaie au niveau du dialogue et qui protègerait l'État libanais de l'effondrement. Nous prions pour que Dieu nous donne de tels hommes (...) », a conclu le patriarche maronite.

Voici de larges extraits de l'allocution prononcée par le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, en réponse au discours du chef du Rassemblement démocratique, le député Walid Joumblatt.« Qu'il est beau, ce jour qui nous réunit dans la demeure du leader national Walid bey Joumblatt, afin de célébrer le 15e anniversaire de la réconciliation de la Montagne, dont les bases ont été jetées par le cardinal Nasrallah Sfeir le 4 août 2001, lors de sa visite historique qui avait englobé la plupart des villages de la Montagne dans ses différents cazas. Nous vous remercions, ainsi que votre épouse, pour cet accueil. C'est l'occasion pour chacun de nous, à partir de son emplacement, de respecter son engagement en faveur du parachèvement de cette réconciliation, en lui assurant son cadre spirituel, social, économique et...
commentaires (1)

Il faudra beaucoup beaucoup prier Monseigneur Rai car des hommes politiques intègres, visionnaires et courageux ne courent pas les rues dans ce bled.....

Tabet Karim

09 h 09, le 08 août 2016

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Commentaires (1)

  • Il faudra beaucoup beaucoup prier Monseigneur Rai car des hommes politiques intègres, visionnaires et courageux ne courent pas les rues dans ce bled.....

    Tabet Karim

    09 h 09, le 08 août 2016

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