Samir Geagea en compagnie de la délégation du Parti socialiste progressiste .
À l'occasion du quinzième anniversaire de la réconciliation druzo-chrétienne de la Montagne, consacrée par la visite, en août 2001, de l'ancien patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, au leader druze, Walid Joumblatt, à Moukhtara, le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, a affirmé hier que la guerre de la Montagne (1983) a été une guerre absurde et injustifiée.
M. Geagea a tenu des propos en ce sens lors d'une rencontre organisée à Meerab entre la section estudiantine des Forces libanaises (FL) de Baabda-Chouf-Aley et l'organisation estudiantine du Parti progressiste socialiste (PPS), autour du thème « La Montagne... est vraiment ressuscitée ».
« Le seul épisode non justifié de la guerre libanaise (1975-1990) et sur lequel s'applique le qualificatif d'absurde est celui de la guerre de la Montagne », a affirmé M. Geagea, qui a indiqué que « la plus grande preuve de cette aberration est qu'à peine ces hostilités terminées, chacune des parties a tenté de se rapprocher de l'autre parce qu'elles ont estimé que cette guerre n'avait pas de racines ».
Le leader des FL a souligné dans ce cadre que « beaucoup d'épisodes (de la guerre libanaise), hormis cet épisode de la guerre de la Montagne, étaient nécessaires et inévitables, du fait de la présence d'organisations armées qui avaient envahi le territoire de toutes parts, contraignant le peuple libanais à défendre son existence ».
« Quelles que soient les circonstances, il est désormais nécessaire de faire l'impossible pour ne pas tomber de nouveau dans le piège de la guerre », a poursuivi M. Geagea qui a en outre déclaré : « Notre sort est de toujours nous rapprocher, tant dans le passé qu'au présent et à l'avenir. » Il a révélé dans ce cadre que « du temps où l'autorité syrienne de tutelle interdisait tout contact entre les Forces libanaises et le Parti progressiste socialiste, les deux partis tenaient entre eux des réunions secrètes », évoquant des lieux de rencontre aussi variés que « Ras-Beyrouth, Beyrouth, et Ghedrass », que les interlocuteurs choisissaient de manière occulte « pour planifier l'avenir du Liban, en conformité avec l'accord de Taëf ».
M. Geagea a estimé que cette forte volonté de rapprochement, qui s'est traduite en 2001 par la visite du patriarche maronite, Mar Nasrallah Sfeir, à M. Joumblatt, « constitue l'exemple qui devrait être suivi en tout temps et dans toute situation de perdition ».
Dans le même cadre, le chef des FL a reçu une délégation du PSP, formée notamment du secrétaire général du parti, Zafer Nasser, et du chargé de la communication au sein du parti, Rami Rayess, qui lui ont transmis une invitation à assister à l'inauguration de l'église Notre-Dame de Moukhtara, le 6 août, en présence du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï.
« L'appui des FL à Aoun, une solution claire à la crise »
Sur un autre plan, M. Geagea a reçu une délégation des FL venant des États-Unis, devant laquelle il a affirmé que « l'appui des Forces libanaises à la candidature de Michel Aoun à la présidence de la République est la solution claire à apporter à la crise ». Il a qualifié de « compréhensible » le rejet par l'ancien Premier ministre Saad Hariri de cette candidature, mais
d'« incompréhensible » la même attitude du Hezbollah, qui « pourtant n'avait jamais raté une occasion pour clamer que Michel Aoun est son premier et dernier candidat ». Le leader des FL s'est en outre dit « de plus en plus convaincu qu'après plus de deux ans de vacance présidentielle, l'Iran et le Hezbollah ne veulent pas d'un chef d'État, ni même d'un État », estimant que ces deux parties « continueront à utiliser cette carte comme moyen de pression sur les communautés internationale et arabe jusqu'à ce qu'elles en encaissent le prix ».
Enfin, M. Geagea a affirmé à ses interlocuteurs que les Forces libanaises n'épargnent aucun effort pour élire le plus rapidement un président de la République, appelant les députés à se rendre au Parlement pour remplir leur devoir électoral. « Plus la vacance et la paralysie perdurent, plus le danger s'accroît », a-t-il averti.
Le chef des FL a en outre estimé, via Twitter, que « ce qui se passe dans le cadre de la conférence du dialogue (entamée mardi et qui s'achève aujourd'hui) oscille entre la grande tragédie et la petite comédie », souhaitant que le Liban puisse traverser « cette période difficile » pour arriver enfin « à bon port ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Nouvelle tactique mesquine de circonstance ou réveil tardif?? C'est toujours mieux qu'une declaraction d'hostilités entre leaders de la même patrie.
16 h 52, le 04 août 2016