Le 26 décembre 2025, le Conseil des ministres a adopté par 13 voix contre 9, le projet de loi sur le « rétablissement de l’ordre financier et la restitution des dépôts ». Depuis, ce projet de loi est soumis à un tir de barrage du secteur bancaire libanais, de nombreux partis politiques (allant des Forces libanaises au Hezbollah), voire d’associations de déposants ou de certaines voix réformistes jugeant la copie imparfaite. La question, aujourd’hui, est de savoir si ce projet de loi va se heurter, comme les plans précédents de 2020 et 2022, à un obstacle infranchissable au Parlement.
L'ambition du projet de loi : Le texte se présente comme une tentative de remettre de l’ordre dans un pays, le Liban, qui, depuis 2019, vit sans boussole financière et sans justice économique. Le projet de loi affiche une ambition : traiter à la fois les conséquences et les causes d’une crise qui a englouti l’essentiel de l’épargne des Libanais. Il promet, surtout, un début remarquable de redevabilité.
L'Association des banques du Liban y est opposée : Bloqué depuis presque le début de la crise, le projet de loi s'est attiré beaucoup de critiques et de réserves, notamment de la part du secteur bancaire. L'Association des banques du Liban a dénoncé un texte qui cherche à « liquider le secteur bancaire » et « détruire l’économie nationale ». Les banques militent depuis le début de la crise pour une solution qui fasse porter à l'État le gros de la charge des dizaines de milliards de dollars de pertes accumulées par le système financier libanais, en considérant que la crise est systémique.
Les arguments de ceux qui soulignent la responsabilité des banques : Leurs opposants considèrent que les banques ne peuvent se prévaloir de cet argument dans la mesure où elles ont massivement placé l’argent des déposants à la Banque du Liban et dans d’autres dettes de l’État libanais en dollars – hautement rémunérées – en dépit de signes apparus très tôt montrant la fragilité du système.
Le Fonds monétaire international, que le Liban a démarché dès l'annonce du défaut de 2020 sur les euro-obligations, considère que la restructuration bancaire doit d’abord faire contribuer les actionnaires de base avant de calculer d’éventuelles concessions ou décotes à imposer aux déposants.