Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, conforté dans sa position par les récentes élections sénatoriales, a remanié mercredi son gouvernement, gardant une partie de ses hommes-clefs et installant une femme nationaliste à la Défense, un fait exceptionnel.
Revenu au pouvoir fin 2012 après un premier mandat raté en 2006-2007, le Parti Libéral-Démocrate (PLD) de M. Abe a depuis gagné toutes les élections majeures et mis en place une ligne de droite qu'il maintient voire renforce à chaque reconfiguration de son gouvernement.
Restent en place le ministre des Finances et vice-Premier ministre Taro Aso, le ministre des Affaires étrangères Fumio Kishida et le secrétaire général, également porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, des piliers depuis plus de trois ans.
Le ministre de la Revitalisation économique, Nobuteru Ishihara, conserve aussi son portefeuille, ainsi que Sanae Takaichi aux Affaires intérieures et Yasuhisa Shiozaki à la Santé. M. Abe a en revanche décidé de remplacer le locataire du ministère du Commerce et de l'Industrie (Meti) pour y placer Hiroshige Seko.
Le changement le plus notable est cependant l'arrivée à la Défense, à la place de Gen Nakatani, de la très conservatrice Tomomi Inada, qui fut déjà un temps ministre de la Réforme administrative dans un précédent gouvernement Abe. C'est la deuxième fois seulement qu'une femme prend de telles fonctions au Japon, la précédente ayant été Yuriko Koike (élue dimanche gouverneur de Tokyo), qui y passa quelques semaines en 2007.
L'avocate Inada, 57 ans, diplômée de la section de droit de l'Université de Waseda, devra à ce titre accompagner l'application concrète de la nouvelle interprétation d'une partie de la charte fondamentale, rendue possible par de récentes lois de défense et sécurité voulues par M. Abe et qui renforcent les prérogatives des forces armées japonaises à l'extérieur.
Elle arrive en outre en poste accueillie par un tir de missile nord-coréen (tombé en mer du Japon) et alors que le gouvernement nippon s'est inquiété une fois de plus dans un livre blanc publié mardi des agissements de la Chine qui mène, selon lui, une politique de fait accompli en décrétant unilatéralement sa souveraineté sur de larges zones maritimes en Asie.
Avec sa nouvelle équipe, M. Abe est censé mettre l'accent sur la relance économique (un plan de 28.000 milliards de yens - 240 milliards d'euros - a été validé mardi par son gouvernement), le pays ne s'étant toujours pas débarrassé de la lancinante déflation qui plombe son activité depuis près de deux décennies, même si la stratégie dite "abenomics" avait promis d'en venir à bout rapidement.
Dans le même temps, il nourrit d'importantes ambitions dans le domaine diplomatique et de la Défense, avec comme ultime but d'amender la Constitution pacifiste dictée par les Américains (qui ont occupé le Japon entre 1945 et 1952) et inchangée depuis près de 70 ans.
Revenu au pouvoir fin 2012 après un premier mandat raté en 2006-2007, le Parti Libéral-Démocrate (PLD) de M. Abe a depuis gagné toutes les élections majeures et mis en place une ligne de droite qu'il maintient voire renforce à chaque reconfiguration de son gouvernement.
Restent en place le ministre des Finances et vice-Premier ministre Taro Aso, le ministre des Affaires étrangères Fumio Kishida et le secrétaire général, également porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, des piliers depuis plus de trois ans.
Le ministre de la Revitalisation économique,...

