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Moyen Orient et Monde - Tentative de coup d’État

Le remaniement de l’armée turque complété

La purge s'étend aux entreprises ; des journalistes menacés de prison.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, saluant des gardes lors d’une visite au QG de la police à Ankara. Photo AFP/Kayhan Ozer

L'armée turque a subi un vaste remaniement après le limogeage de près de la moitié de ses généraux, après la nuit du soulèvement du 15 juillet qui s'est soldée par 270 morts et a représenté la pire menace pour le pouvoir islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan.
Le remaniement radical a été complété par l'annonce de changements au sein du haut commandement, à l'issue d'une réunion du Conseil militaire suprême à Ankara. Le porte-parole de la présidence, Ibrahim Kalin, a annoncé que le vice-chef d'état-major, le général Yasar Guler, allait prendre la tête de la gendarmerie, et que le commandant de la 1re armée, le général Umit Dundar, assumerait les fonctions de chef d'état-major adjoint. Le chef d'état-major, le général Hulusi Akar – pris en otage par les mutins pendant la tentative de putsch du 15 juillet –, est confirmé à son poste, de même que les chefs des armées de terre, de l'air et de la marine, a ajouté M. Kalin.
Des officiers de rang inférieur ont reçu des promotions rapides pour combler le vide créé par la saignée dans la hiérarchie de l'armée turque, la deuxième la plus importante de l'Otan, qui a vu le limogeage de 149 généraux pour indignité. « Nous allons fermer la base d'Akinci », a déclaré en outre le Premier ministre Binali Yildirim au sujet de la base aérienne, près d'Ankara, d'où ont décollé les appareils des mutins avant de semer la panique à Istanbul et dans la capitale. « Toutes les bases dont sont partis les hélicoptères et les chars seront fermées », a-t-il lancé. « Nous éliminerons tous les risques de nouveau putsch », a-t-il tonné devant la presse.
De son côté, le ministre turc de l'Intérieur Efkan Ala a annoncé hier de nouveaux chiffres donnant la mesure du « grand ménage ». À ce jour, plus de 18 000 personnes ont été mises en garde à vue à un moment donné. Près de 10 000 d'entre elles sont poursuivies et placées en détention préventive, a dit le ministre, et 3 500 ont été libérées.
Quelque 50 000 passeports ont été annulés, une « précaution contre le risque de fuite des terroristes », a précisé un responsable turc, alors que la Turquie s'est installée dans l'état d'urgence pour trois mois, ce qui autorise la prolongation des gardes à vue jusqu'à 30 jours pour éradiquer « le virus ».
Accusé du putsch par le président Erdogan sans qu'aucune preuve publique n'ait été fournie, le prédicateur septuagénaire Fethullah Gülen a démenti tout rôle dans le coup d'État avorté, depuis son exil américain. Mais ses sympathisants présumés sont les victimes d'une chasse aux sorcières radicale qui touche l'armée, les médias, la justice et l'éducation.

Critiques américaines « ridicules »
La Turquie a étendu hier au monde de l'entreprise sa traque aux gulénistes, alors que l'Union européenne laissait entrevoir un gel des négociations d'adhésion d'Ankara en cas de violation de l'État de droit.
Mustafa Boydak, président du conglomérat familial Boydak Holding, a été arrêté à Kayseri (centre), en même temps que deux dirigeants de son groupe, Sukru Boydak et Halit Boydak, a rapporté l'agence progouvernementale Anadolu. Des mandats d'arrêt ont également été délivrés contre l'ex-président de ce groupe qui a des intérêts dans l'énergie, la finance et les meubles, ainsi que contre deux proches. Mustafa Boydak est également le président de la Chambre de commerce de Kayseri, qui fait partie des Tigres d'Anatolie, ces villes ayant prospéré sous le règne de M. Erdogan.
La purge des médias – dont 131 ont été fermés abruptement – s'est poursuivie avec la comparution de 21 journalistes devant un tribunal d'Istanbul. Le parquet a requis pour 20 d'entre eux la détention préventive, et, pour Bulent Mumay, ancien éditeur du quotidien Hurriyet, une libération sous caution. Parmi eux figure Nazli Ilicak, ancienne députée, licenciée du quotidien progouvernemental Sabah en 2013 après avoir critiqué des ministres empêtrés dans un scandale de corruption – orchestré, a assuré Ankara, par Gülen.
Parmi les 47 employés de Zaman, quotidien guléniste jusqu'à sa brutale reprise en main en mars, 13 ont été placés en garde à vue, dont l'ex-éditorialiste et poète Hilmi Yavuz, 80 ans.
Sur le plan diplomatique, le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a affirmé que l'armée turque continuera la lutte contre le groupe jihadiste État islamique et sortira renforcée de son remaniement, en réponse aux critiques « ridicules » du général américain Joseph Votel, commandant des opérations du Pentagone au Moyen-Orient. Le président Erdogan a accusé ce général de « prendre le parti des putschistes » : « Celui qui a ourdi le coup d'État est déjà dans votre pays et vous le nourrissez », a-t-il lancé au sujet de Gülen, dont Ankara demande l'extradition. Le général américain avait dit « craindre l'impact que pourraient avoir » les purges dans l'armée turque sur les relations entre Washington et la hiérarchie militaire turque, selon des médias américains.
(Source : AFP)

L'armée turque a subi un vaste remaniement après le limogeage de près de la moitié de ses généraux, après la nuit du soulèvement du 15 juillet qui s'est soldée par 270 morts et a représenté la pire menace pour le pouvoir islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan.Le remaniement radical a été complété par l'annonce de changements au sein du haut commandement, à l'issue...
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Le bombardier russe a été abattu pour détériorer les relations entre Ankara et Moscou, estime l'ex-vice-président de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE Willy Wimmer. "Selon mes informations, un avion-radar américain et un saoud ont été impliqués dans l'affaire. On ne peut pas juste abattre un avion comme ce bombardier russe: le chasseur doit être dirigé vers la cible. Seuls les avions-radars en sont capables", a indiqué Willy Wimmer, ancien parlementaire allemand. "Ce qui s'est passé là entre en contradiction avec toutes les normes internationales. Ils ont abattu l'avion russe parce qu'ils voulaient l'abattre", a-t-il martelé. L'incident avait pour cause des intérêts politiques, estime M. Wimmer, plus précisément la volonté de détruire les relations russo-turques, qui étaient à leur point culminant. Initialement, le président Erdo a pris le parti des pilotes qui ont abattu l'avion, mais par la suite, il a pris ses distances avec eux pour se rapprocher de la Russie. Jeudi, l’ancien Premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait déclaré avoir lui-même donné l’ordre d’abattre l’avion russe.

FRIK-A-FRAK

12 h 12, le 30 juillet 2016

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  • Le bombardier russe a été abattu pour détériorer les relations entre Ankara et Moscou, estime l'ex-vice-président de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE Willy Wimmer. "Selon mes informations, un avion-radar américain et un saoud ont été impliqués dans l'affaire. On ne peut pas juste abattre un avion comme ce bombardier russe: le chasseur doit être dirigé vers la cible. Seuls les avions-radars en sont capables", a indiqué Willy Wimmer, ancien parlementaire allemand. "Ce qui s'est passé là entre en contradiction avec toutes les normes internationales. Ils ont abattu l'avion russe parce qu'ils voulaient l'abattre", a-t-il martelé. L'incident avait pour cause des intérêts politiques, estime M. Wimmer, plus précisément la volonté de détruire les relations russo-turques, qui étaient à leur point culminant. Initialement, le président Erdo a pris le parti des pilotes qui ont abattu l'avion, mais par la suite, il a pris ses distances avec eux pour se rapprocher de la Russie. Jeudi, l’ancien Premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait déclaré avoir lui-même donné l’ordre d’abattre l’avion russe.

    FRIK-A-FRAK

    12 h 12, le 30 juillet 2016

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