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Campus

Charbel Aad, la fac, l’art et l’engagement social

Portrait

Charbel Aad, un étudiant de l'Iesav originaire de Qaa, est un amoureux de la langue française, passionné de théâtre, de musique, et qui se démarque par un profond engagement social.

Nelly HÉLOU | OLJ
29/07/2016

Charbel Aad, 19 ans, a grandi à Qaa, dans cette belle région verdoyante de la Békaa-Est dont sa famille est originaire, et témoigne d'un vif attachement à son village qui vient d'être touché par le terrorisme. Très jeune, il s'y implique sur le plan social. «Faire quelque chose de beau, d'utile pour autrui et voir les gens heureux est très épanouissant. Mon engagement social est, je pense, la clé qui m'a amené à tout ce que je suis aujourd'hui», confie-t-il. Ce potentiel, le jeune homme le met au service du centre culturel et d'animation de Qaa, dont il devint coresponsable, s'occupant notamment de la communication et de la direction de jeunes volontaires, à travers des ateliers de théâtre et de chant. Ainsi, dans le cadre du projet «Promoting positive interaction through art», il a monté cet hiver une pièce de théâtre avec des jeunes originaires de Qaa et de Ersal, ainsi qu'avec des réfugiés de Syrie. «Trois groupes différents, trois cultures différentes», souligne-t-il. Sur le thème de la relation avec l'autre et à travers la personnification de quelques objets, les jeunes ont montré de façon humoristique l'importance des relations humaines. Près de 350 personnes ont assisté au spectacle. Une réussite.
De même avec la fondation Frederich Ebert et Nahar al-Chabab, Charbel a participé en 2015 à un concours d'écriture concernant la société civile au Liban, abordant pour sa part le thème «La société civile et l'État». Il fut choisi avec d'autres jeunes pour prendre part à des ateliers socioculturels et académiques, puis sélectionné avec une autre personne pour se rendre à une conférence à Berlin sur «L'implication des jeunes dans le travail social en Allemagne et au Moyen-Orient», où il a présenté un exposé sur les conflits religieux et politiques au Liban. «Ce fut une expérience riche et intéressante qui nous a ouvert des horizons pour l'avenir. Nous avons rencontré des gens issus du monde des banques, des affaires ou des ONG et créé un réseau pour communiquer, collaborer et partager des nouvelles et des opportunités dans le travail social, des offres d'emploi, des stages... chacun dans son pays», dit-il.

Un grand changement
Élève des sœurs basiliennes choueirites, Charbel Aad s'oriente après le bac vers l'audiovisuel. « Je suis un passionné de théâtre, mais le théâtre ne fait pas vivre au Liban. La formation que j'ai choisie m'offre de multiples options dont le montage, le décor, les costumes... Mon diplôme sera mon passeport pour une sécurité professionnelle», estime-t-il. La 1re année à l'Institut des études scéniques, audiovisuelles et cinématographiques de l'USJ a changé sa vie à tous les niveaux. « Outre le changement du cadre de vie, de Qaa à Beyrouth, la porte s'est ouverte pour moi sur un monde artistique immense. Grâce à mes profs, mais aussi à des amis plus âgés et avancés que moi, j'ai beaucoup appris. » Le jeune homme, qui a apprécié les tournages, la production et la synchronisation, s'est « senti le plus efficace dans la scénographie et la direction artistique». «D'ailleurs, j'ai une passion pour les costumes et je fais un peu de couture et du stylisme », confie Charbel qui pense avoir hérité cela de sa mère. «Elle travaillait dans ce domaine avant son mariage.» Le jeune homme, qui espère «monter un jour sur les planches, vivre l'énergie sur scène et sentir le contact avec le public», ajoute: «Mais si je n'ai ni du talent ni du charisme, je passerai en coulisses.»
Lauréat en 2015 du concours «Dis-moi dix mots» organisé par l'Institut français, il qualifie la langue française de « belle, musicale et élégante ». Doté d'une belle voix, Charbel, qui accorde à la musique une grande importance, chante et fait des arrangements musicaux dans le cadre d'activités sociales. «Ma plus grande passion est pour Fayrouz. Et Dalida est une idole pour moi. J'ai de même une grande admiration pour Hiba Tawaji que j'ai suivie dès ses débuts et avec laquelle je me suis lié d'amitié. Les trois forment un triangle important dans ma vie, aux côtés d'Aznavour, de Lama, de Brel... qui m'inspirent pour écrire et participer à des performances artistiques.»

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