À 1,1 %, la croissance du PIB réel au T1 faisait craindre un fort ralentissement de l'activité américaine en 2016. L'histoire se répétait puisque 2014 puis 2015 avaient commencé tout aussi mal avec des chiffres de croissance au T1 de -0,9 % et 0,6 % respectivement. Est-ce une coïncidence si les phases de faiblesses sont concentrées dernièrement en début d'année ou bien y-a-t-il une défaillance des procédures d'ajustement saisonnier? On devrait avoir un début de réponse la semaine prochaine avec la première estimation de la croissance au T2 qui contiendra de plus des révisions historiques sur les années 2013 à 2015 et une révision des ajustements saisonniers. Il est probable qu'une partie de la faiblesse des T1 sera corrigée mais sans l'effacer totalement. Après tout, les hivers rudes de 2014/2015 et les difficultés de l'industrie au tournant de 2016 n'ont pas été inventés de toutes pièces.
Quoi qu'il en soit, on a toutes les raisons de penser que la croissance est revenue sur une tendance plus normale. La première estimation du PIB réel est attendue en hausse de 2,6 % au T2, ce qui confirmerait les signaux positifs donnés par les enquêtes ISM. La croissance devrait être tirée par une consommation des ménages particulièrement dynamique. En revanche, elle continue d'être ralentie par la faiblesse de l'investissement des entreprises et par un ralentissement de l'accumulation des inventaires. Ces deux tendances, liées au cycle industriel, pourraient être arrivées à leur terme. L'ISM-manufacturier est repassé depuis mars en territoire positif et l'investissement du secteur pétrolier est parti pour être stable au T3 après six trimestres consécutifs de baisse. En contrepartie, la consommation des ménages pourrait se modérer quelque peu maintenant que le revenu réel ne sera plus boosté par la chute des prix de l'essence. Pour le T3, la Fed de New York mise pour le moment sur une croissance solide à 2,6 %.
Cet article est réalisé par Fidus

