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Sport - Route De La Soie

Mao Zedong défie Sébastien Loeb

Le légendaire rallye-raid relie Moscou à Pékin, à travers les steppes russes et le désert de Gobi.

Sur le rallye-raid de la route de la Soie, entre Moscou et Pékin, Yan Ke et ses 4x4 vintage « Drapeaux rouges », inspirés de l'emblématique limousine de Mao Zedong, entendent dompter les dunes du désert de Gobi et rallier la place Tiananmen, dans une Chine où le sport automobile gagne en popularité.
« D'habitude, on roule avec nos BMW Mini. Mais ce rallye traverse la Chine. Donc on voulait une voiture qui puisse représenter le pays », explique M. Yan, manager de l'équipe JJ-Sports, l'une des 23 écuries chinoises engagées sur le Silk Way Rally. « Au final, on s'est décidé pour ce modèle. Pas par admiration pour Mao, mais par patriotisme », assure le patron, un habitué du Dakar, autre rallye-raid légendaire. Ses trois 4x4 participant au rallye, équipés de moteurs Chevrolet, sont en effet dotés d'une carrosserie conçue spécialement pour l'occasion, qui reprend tous les codes extérieurs associés à la limousine « Drapeau rouge » (Hongqi en mandarin).
Cette dernière est un modèle mythique en Chine, avec sa longue silhouette noire, ses phares ronds, son énorme calandre chromée, son coffre gravé d'une calligraphie du Grand Timonier et son capot flanqué de deux petits drapeaux chinois. En 1958, lors d'une visite d'une usine automobile étatique, Mao, qui roulait alors dans une voiture soviétique blindée, offerte par Staline, avait regretté tout haut de ne pouvoir disposer d'un véhicule à 100 % chinois. Aussitôt dit, aussitôt fait : une « brigade de choc », ambitionnant « d'offrir une limousine au président Mao », est constituée.

Moteur de Mercedes
Reprenant un slogan communiste en vogue, les cadres de l'usine appellent à « chevaucher le vent de l'Orient et déployer le drapeau rouge », un mot d'ordre qui donnera son nom à la voiture. Les ingénieurs s'inspirent d'un moteur de Mercedes et du châssis d'une Simca. Après de multiples versions, le modèle final sort des ateliers en 1959, juste à temps pour le défilé militaire marquant les dix ans de la République populaire de Chine, auquel assiste Mao.
Depuis, les « Drapeaux rouges », désormais produites avec l'expertise d'Audi, sont ressorties à chaque grand-messe du régime communiste. En septembre 2015, pour le défilé célébrant la fin de la Seconde Guerre mondiale, le président Xi Jinping, comme ses prédécesseurs, avait parcouru l'avenue Chang'an – la plus longue de Pékin – debout dans un modèle Hongqi décapotable, saluant les soldats alignés le long de la voie menant à la place Tiananmen.
Au fil du rallye de la route de la Soie, le symbole interpelle les spectateurs chinois. « Lorsqu'on a passé la frontière du Kazakhstan vers la Chine, c'était le délire. Les douaniers et les soldats chinois sont tous venus prendre des photos avec la voiture. Les plus vieux, nés dans les années 1950, ont même pleuré. Ça leur rappelait leur jeunesse », raconte Yan Ke.

Boucler la boucle
Ses 4x4 « Drapeaux rouges » sont, selon lui, « un bon coup de projecteur » sur les sports automobiles, quasi inexistants en Chine dans les années 1980, mais désormais en plein essor. Le nombre de circuits professionnels devrait passer de 6 à 9 d'ici à 2017, selon la Fédération chinoise des sports automobiles. La Chine accueillera également, début septembre à Pékin, un rallye WRC – le top niveau mondial –, pour la première fois depuis une unique édition il y a dix-sept ans. Et si Pékin ne comptait aucune piste de karting dans les années 1990, elles sont aujourd'hui plus d'une vingtaine, faire une course entre amis étant devenu le dernier loisir à la mode dans la capitale chinoise.
D'ici à 2017, la fédération automobile espère également organiser chaque année de 8 à 10 compétitions « d'envergure ». « Aujourd'hui, il y en a 4 ou 5. Et, il y a dix ans, il n'y en avait aucune ! » souligne Yan Ke. Sur le Silk Way Rallye, le meilleur de ses trois pilotes, Li Aidong, est actuellement classé 34e. « C'est déjà une chance pour nous de pouvoir défier des pilotes légendaires comme Sébastien Loeb », juge le patron de JJ-Sports. « L'objectif n'est pas de finir premier, c'est de montrer le drapeau chinois et d'atteindre l'arrivée, devant la place Tiananmen (où se déroulent les traditionnels défilés militaires). Ça permettrait de boucler la boucle », sourit Yan Ke.

Ludovic EHRET/AFP

Tempête de sable sur la Grande Muraille : la 11e étape annulée

La 11e étape du rallye-raid de la Route de la soie (Silk Way Rally), disputée entre les villes de Dunhuang et Jiayuguan, dans le nord-ouest de la Chine, a été annulée hier en raison d'une tempête de sable, a annoncé un membre de l'organisation. « La météo empêche les hélicoptères d'assistance de décoller. Dans ces conditions, l'étape ne peut malheureusement qu'être annulée », a déclaré François Habib-Deloncle, coordinateur logistique de l'épreuve. Cyril Despres, le pilote français de l'équipe Peugeot Sports, reste donc solide leader au général, devant son compatriote Sébastien Loeb (Peugeot) et le concurrent saoudien Yazeed Mohammad al-Rajhi (Mini). Chez les camions, Marteen van den Brink, le Néerlandais de l'équipe Renault, est premier, devant une armada de pilotes Kamaz ayant très à cœur de remporter ce rallye-raid, à l'organisation russe et traversant la Russie. La caravane du Silk Way Rally, qui relie Moscou à Pékin, est arrivée hier à Jiayuguan, haut lieu touristique et historique, où se trouve la partie la plus occidentale de la Grande Muraille, entourée par un désert de sable, ainsi qu'un fort, très bien conservé, datant du XIVe siècle. La Grande Muraille n'est pas continue, mais constituée d'un agrégat de portions construites sous différentes périodes, dès le IIIe siècle avant notre ère. On estime sa longueur totale à environ 9 000 kilomètres.

Sur le rallye-raid de la route de la Soie, entre Moscou et Pékin, Yan Ke et ses 4x4 vintage « Drapeaux rouges », inspirés de l'emblématique limousine de Mao Zedong, entendent dompter les dunes du désert de Gobi et rallier la place Tiananmen, dans une Chine où le sport automobile gagne en popularité.« D'habitude, on roule avec nos BMW Mini. Mais ce rallye traverse la Chine. Donc on voulait une voiture qui puisse représenter le pays », explique M. Yan, manager de l'équipe JJ-Sports, l'une des 23 écuries chinoises engagées sur le Silk Way Rally. « Au final, on s'est décidé pour ce modèle. Pas par admiration pour Mao, mais par patriotisme », assure le patron, un habitué du Dakar, autre rallye-raid légendaire. Ses trois 4x4 participant au rallye, équipés de moteurs Chevrolet, sont en effet dotés d'une carrosserie...
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