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#NotJustANumber : derrière le lourd bilan de l'attentat de Bagdad, des visages

Un jeune Londonien originaire d'Irak rend hommage sur twitter aux victimes de l'attaque terroriste de Bagdad.

Le 5 juillet 2016, lors des funérailles d'Akram al-Karrad, mort samedi dans l'explosion de Baghdad, des proches brandissent le portrait du jeune défunt.

Une petite fille aux yeux d'un vert éclatant, deux frères complices, un jeune homme fraîchement diplômé... Depuis hier, les visages des victimes de l'attentat qui a eu lieu samedi dans le quartier commerçant de Karrada, à Bagdad, défilent sur le compte twitter de Mustafa al-Najafi, un Londonien originaire d'Irak.

"Mohammed Mahdi alBadry a été tué dans l'attaque à la bombe de samedi. Aujourd'hui, sa femme a donné naissance à son fils."

 

Un attentat au camion piégé qui a fait 219 morts selon les derniers bilans. Derrière les chiffres, des hommes, des femmes et des enfants. Avec ces photos, accompagnées d'une courte biographie et du hashtag #NotJustANumber (Pas seulement un nombre), le producteur de films de 32 ans espère rendre hommage aux nombreuses victimes de l'attentat revendiqué par le groupe Etat islamique. "Tous ces gens étaient beaux et intelligents", s'insurge Mustafa al-Najafi, interrogé par L'Orient-Le Jour.

"Pour les médias, les morts en Irak ne sont que des statistiques. La fréquence des attaques fait que le choc n'est pas le même qu'ailleurs, comme quand un attentat a lieu en Europe par exemple", ajoute-t-il. Lors des récentes attaques de Paris, Bruxelles ou Orlando les médias du monde entier avaient proposé une couverture conséquente, multipliant notamment les reportages et portraits de victimes. Sur les réseaux sociaux, les messages s'étaient multipliés, pour dénoncer les attentats, exprimer sa solidarité avec les victimes, certains internautes changeant même leur photo de profil Facebook pour se mettre au diapason du deuil. L'attentat de Bagdad, pourtant l'un des plus meurtriers depuis le début de la guerre en Irak en 2003 et le plus meurtrier de l'année 2016, n'a pas suscité la même mobilisation.

 "La jeune Ruqayya Hasan, son frère Hadi et son père, ont tous été tués dans l'explosion de Bagdad."

 

Mustafa al-Najafi, d'origine irakienne, a donc décidé de regrouper lui-même les informations concernant les victimes : "Plusieurs victimes sont des proches ou des amis d'amis. J'ai également récupéré des infos trouvées sur twitter et dans les médias irakiens", explique-t-il.

 

" Mon ami Ahmad Dhia a disparu depuis l'explosion, sa voiture était juste à côté "

 

"Je ne veux pas qu'on se rappelle d'eux seulement comme d'un simple chiffre", martèle Mustafa al-Najafi.

 

 

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