La vice-rectrice à la recherche Dolla Karam Sarkis prononçant son allocution : priorité aux grandes questions de société. A ses côtés, Maher Sakkal et Ivan Rodriguez (de g. à d.). Photo Michel Sayegh
« S'agit-il de lancer sans cesse de nouveaux produits pour répondre aux besoins du marché et d'une société de consommation ? Ou d'apporter des solutions aux grands défis d'aujourd'hui et de demain posés par le vieillissement de la population, les maladies émergentes, le réchauffement climatique, le manque des ressources naturelles ? » Cette question pertinente posée par la vice-doyenne à la recherche de l'USJ, Dolla Karam Sarkis, était au cœur des Journées de la recherche (12-13 juin) organisées en collaboration avec l'Agence universitaire de la francophonie (AUF) et placées sous le patronage du ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan. Thème général adopté : « Pour un rôle plus actif dans l'innovation et le transfert de technologie ».
La journée a été marquée par des prises de parole du ministre de l'Industrie, du Pr Salim Daccache s.j., recteur de l'USJ, de Dolla Karam Sarkis, vice-rectrice à la recherche, d'Hervé Sabourin, directeur du bureau du Moyen-Orient de l'AUF et de Fady Gemayel, président de l'Association des industriels.
Mme Sarkis a affirmé que la priorité va aujourd'hui à la recherche qui génère des retombées utiles pour la société tout en induisant un effet levier sur l'économie du pays.
« Nous nous retrouvons aujourd'hui, a-t-elle indiqué, pour réfléchir ensemble sur les possibilités de faire profiter l'industrie libanaise de la recherche entreprise dans les universités et de tracer une feuille de route de cette collaboration. Il me paraît important de poser une question : au fond, quelle est la finalité de l'innovation ? (...) Pour être pratique et aller au cœur du sujet, nous avons choisi de discuter aujourd'hui de trois domaines où nous avons déjà des collaborations limitées université-industrie mais qui sont à développer. Ces trois domaines sont le domaine pharmaceutique, l'agroalimentaire et l'ingénierie. »
Pour le professeur Hervé Sabourin, « l'Agence universitaire de la francophonie ne peut que se réjouir de sa participation à cet événement. L'AUF agit pour soutenir un monde scientifique d'excellence au service du développement des sociétés ».
De son côté, Fady Gemayel a insisté sur « les axes concrets de la recherche » qui permettent d'accéder aux marchés internationaux ainsi que sur « les procédés de fabrication où beaucoup d'opportunités se présentent : remettre nos machines à jour, profiter de l'hydraulique, de l'électronique et de la pneumatique ».
Enfin, Hussein Hajj Hassan a imputé à l'État la responsabilité de l'absence de liens plus développés entre le monde industriel et l'Université. « L'industrie doit représenter 20 % du PIB pour pouvoir absorber tous les résultats de toutes les recherches universitaires. Ce qui n'est pas le cas », a-t-il souligné. M. Hajj Hassan a déploré les conséquences négatives de la signature des accords commerciaux avec l'étranger qui, a-t-il noté, « ont été faits dans l'idée qu'ils allaient encourager les exportations, alors que c'est l'inverse qui s'est passé». Pour lui, « le potentiel humain pour la recherche est plus grand, proportionnellement, que l'économie », et « le volume monétaire est plus grand que le volume de l'économie».


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve