Sans trembler, mais sans faire vibrer, ainsi pourrait-on résumer les trois premiers matches des champions du monde de Joachim Löw. Poussifs pour leurs débuts à l'Euro, les Allemands ont bouclé leur 1er tour par une prestation convaincante face à l'Irlande du Nord et en tête du groupe C, ce qui leur promet pourtant un parcours délicat.
Sur le papier, le bilan est satisfaisant : 7 points en 3 matches, 3 buts marqués, 0 encaissé. Dans le détail, tout n'est pas si rose, même si on sait que l'Allemagne est souvent un diesel : laborieuse au 1er tour, bien plus redoutable dans la phase à élimination directe. Et poussive, elle l'a été lors de son succès inaugural contre l'Ukraine, Manuel Neuer ayant réalisé deux ou trois interventions décisives, avant qu'un but dans les arrêts de jeu de Bastian Schweinsteiger ne donne au score (2-0) une teinte flatteuse. Contre la Pologne (0-0), elle l'a été encore davantage, incapable de se montrer dangereuse et passant deux fois près de la correctionnelle.
Le match de mardi contre l'Irlande du Nord, venue chercher le nul qui aurait assuré sa qualification en 8es, lui a permis de travailler ses gammes offensives. Dans un système bonifié par la titularisation de Mario Gomez en pointe, qui a bien plus pesé sur la charnière centrale adverse que Mario Götze, on a revu un Mesut Özil en chef d'orchestre inspiré.
Müller, le maudit
Avec 29 tirs en 90 minutes, soit presque un toutes les 3 minutes, du mouvement, des enchaînements alliant enfin vitesse et précision, il n'en fallait pas plus pour que Michael Ballack s'enflamme et clame qu'on avait « retrouvé une Allemagne fantastique », alors qu'il y a quatre jours il déplorait son « manque de personnalité ».
Mais, évidemment, personne n'est dupe, surtout pas Joachim Löw, qui a eu l'honnêteté de reconnaître ce que la prestation de son équipe devait à la faiblesse de l'opposition. Il a, à juste titre, regretté le manque de réalisme de son équipe, au sein de laquelle Götze et, surtout, Thomas Müller se sont donné beaucoup de mal pour démontrer que l'expression « occasion immanquable » ne veut rien dire. En 8 matches de phase finale, Müller n'a toujours pas marqué. « Je ne suis pas inquiet qu'il n'ait pas marqué. Je serais plus inquiet s'il ne se créait pas d'occasions », a tempéré Löw pour voler au secours de son attaquant maudit.
L'Allemagne peut en revanche être rassurée d'avoir retrouvé une bonne assise défensive lors du 1er tour, qui sera certainement un atout précieux pour la suite. Il faut juste espérer que le problème à un mollet de Jerome Boateng, rayonnant aussi bien défensivement que dans la relance, sera bénin. Mais les Allemands vont devoir rapidement exploiter la marge de progression conséquente qu'il leur reste, s'ils veulent aller au bout de cette compétition et réaliser le doublé Mondial/Euro. D'autant que la 1re place du groupe a placé la Mannschaft dans la moitié de tableau la plus relevée.
(Source : AFP)

