« On va devoir affronter ceux qui a priori sont favoris, mais je dis toujours que pour être champion, il faut battre les meilleurs », a dédramatisé Sergio Ramos, le capitaine de la Roja, après la défaite inattendue contre la Croatie. Loïc Venance/AFP
Ce n'est peut-être qu'un accident, mais l'Espagne a raté mardi un tournant crucial à l'Euro : en perdant les pédales contre la Croatie (2-1), la Roja s'est engagée sur la voie la plus périlleuse du tableau final, avec l'obstacle italien dès les huitièmes.
Coûteuse sortie de piste
Jusqu'à la 87e minute de jeu et ce but d'Ivan Perisic, les doubles champions d'Europe en titre filaient vers la première place du groupe D, synonyme de parcours a priori plus dégagé pour la phase à élimination directe. Mais les Espagnols ont déraillé, concédant une défaite alors qu'un nul leur suffisait et que le capitaine Sergio Ramos venait de rater un penalty (72e). Les voilà donc versés dans la pire partie du tableau, avec l'Italie en huitièmes pour une dangereuse revanche de la finale de 2012, remportée par la Roja (4-0). Ensuite, il y aura éventuellement les champions du monde allemands en quarts et la France, pays hôte, en demies.
« Nous avons perdu sur une erreur au moment de la contre-attaque (croate). Cela nous a empêchés de choisir le chemin que nous voulions », a déploré le sélectionneur Vicente Del Bosque.
À plusieurs titres, la Seleccion s'est trop relâchée : finition déficiente, défense trop nonchalante et, peut-être, un petit manque de fraîcheur, en fin de rencontre, pour une équipe titulaire inchangée depuis le début de l'Euro. En outre, les premières critiques ont visé le jeune gardien David de Gea (25 ans), jusque-là relativement épargné malgré sa récente mise en cause dans un scandale sexuel. De quoi freiner l'enthousiasme de la presse espagnole, euphorique après les deux victoires initiales contre la République tchèque (1-0) et la Turquie (3-0). « Quel tableau ! » a titré hier le quotidien barcelonais Sport, tandis que le journal madrilène Marca analysait les raisons de ce revers : « Deux buts évitables, un penalty offert, mais raté, et un bon adversaire. »
Le chemin se corse
Désormais, l'Espagne n'a plus le choix. Pour espérer décrocher sa 3e couronne européenne consécutive, la 4e de son histoire, elle va devoir se montrer meilleure que les meilleures équipes. « Une défaite méritée envoie l'Espagne sur un chemin difficile : la route des champions », a résumé Marca en page une, avec ce gros titre : « Virages en vue ». « L'Espagne emprunte la route de la mort », a observé pour sa part le quotidien madrilène AS.
Lundi prochain, à Saint-Denis, l'Euro s'offrira un remake de la finale d'il y a quatre ans à Kiev, que l'Espagne avait survolée. Mais les hommes de Del Bosque peuvent se méfier de la robuste défense italienne, capable de neutraliser leur jeu de passes, et de la mauvaise pelouse du Stade de France, qui ne facilitera pas les transmissions. Il faudra voir également si la Roja aura l'énergie suffisante pour enchaîner les matches couperets, même si elle a quatre jours de repos d'ici à lundi.
Mardi soir, les joueurs espagnols oscillaient entre la déception d'une défaite évitable et la confiance en leur capacité à aller loin, quel que soit l'adversaire. « On va devoir affronter ceux qui a priori sont favoris, mais je dis toujours que pour être champion, il faut battre les meilleurs », a dédramatisé Sergio Ramos. Même conviction pour Andres Iniesta : « Nous sommes l'Espagne et nous devons garder confiance », a dit le meneur de jeu. Moins rayonnant que lors des deux premiers matches, Iniesta a été suppléé mardi par un grand David Silva. Et grâce à ce dernier, la Roja a livré une excellente première période contre la Croatie.
« L'espoir réside dans cette belle période de jeu. Une grande maîtrise et beaucoup d'occasions », a souligné dans un éditorial Alfredo Relaño, directeur du quotidien AS.
Peut-être, au fond, qu'un tel accident était nécessaire pour éviter à l'Espagne des sautes de concentration plus avant dans le tournoi. Contre l'Italie, il faudra être plus efficace devant, plus appliqué derrière, sous peine de devoir rebrousser chemin plus tôt que prévu.
(Source : AFP)
Coûteuse sortie de pisteJusqu'à la 87e minute de jeu et ce but d'Ivan Perisic, les doubles champions d'Europe en titre filaient vers la première place du groupe D, synonyme de parcours a priori plus dégagé pour la phase à élimination directe. Mais les Espagnols ont déraillé, concédant une défaite alors qu'un nul leur suffisait et que le capitaine Sergio Ramos venait de rater un penalty (72e). Les voilà donc versés dans la pire partie du tableau, avec l'Italie en huitièmes pour une dangereuse revanche de la finale de 2012, remportée par la Roja (4-0). Ensuite, il...

