X

Moyen Orient et Monde

Le suspense est total à J -1 d’un référendum aux enjeux colossaux

G-B / Brexit

Les mises en garde de dirigeants européens contre la sortie du Royaume-Uni de l'Europe se sont multipliées hier.

OLJ
23/06/2016

Plusieurs dirigeants européens ont lancé, hier, d'ultimes mises en garde aux Britanniques contre un Brexit, à la veille d'un référendum sur l'Union européenne aussi indécis que déterminant pour l'avenir du Royaume-Uni et du reste de l'Europe. À J-1, deux sondages en ligne donnaient une très légère avance aux partisans d'une sortie de l'UE et toujours beaucoup d'indécis, alors que la possibilité d'un Brexit (« British Exit ») plonge dans l'angoisse Bruxelles, les milieux économiques et la quasi-totalité des dirigeants de la planète. Selon Opinium, qui a interrogé 3 011 Britanniques, 45 % étaient pour une sortie, 44 % pour un maintien dans l'UE, mais 9 % étaient toujours indécis et 2 % préféraient ne pas se prononcer. Selon TNS, qui a sondé 2 320 personnes, 43 % étaient favorables au Brexit, 41 % voulaient rester dans l'UE et 16 % étaient encore indécis. À quelques heures du vote, les 46,5 millions d'électeurs britanniques se trouvaient face à un choix de dimension historique. « C'est l'avenir de l'Union européenne qui se joue », a souligné le président français François Hollande en évoquant une décision « irréversible ». « Une fois que vous avez sauté de l'avion, il est impossible de remonter à bord », a souligné le Premier ministre britannique David Cameron, qui joue lui son avenir politique et sa place dans l'histoire. En cas de sortie, l'UE, qui observe avec inquiétude la montée de l'euroscepticisme, perdrait l'un de ses membres les plus puissants, cinquième économie mondiale, avec un siège permanent au Conseil de sécurité.

« Dehors c'est dehors »
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a mis en garde contre un « acte d'automutilation ». « Dehors c'est dehors. Il n'y aura aucune nouvelle négociation » avec Londres, a-t-il dit. Depuis des semaines, les principales institutions internationales mettent en garde contre des conséquences économiques graves, la Banque d'Angleterre évoquant même une possible récession au Royaume-Uni. La directrice générale du FMI Christine Lagarde a dit, hier, qu'un vote en faveur du Brexit aurait « un impact » sur l'économie américaine.
Hier, près de 1 300 dirigeants d'entreprise – dont la moitié des poids lourds cotés à la Bourse de Londres – ont à leur tour appelé à un maintien dans l'UE. La Bourse de Londres a clôturé en légère hausse hier, dans un marché prudent, et la livre était également en très légère hausse.
Dans le camp du « Out », emmené par l'ex-maire de Londres Boris Johnson, on assure que tous ces cris d'alarme sont seulement destinés à « faire peur » inutilement. Sillonnant le pays à bord d'un petit avion, hier, Boris Johnson a dit attendre avec impatience de pouvoir décréter un « Independence Day » britannique. « Demain, nous pouvons voter pour un vrai changement. Et d'autres nations vont nous suivre », a lancé le chef du parti europhobe Ukip, Nigel Farage, à Londres. Les pro-Brexit ont placé l'immigration au centre de leur campagne. Ils appellent à « reprendre le contrôle » des frontières du pays pour arrêter l'afflux de migrants en provenance de l'UE et mettent en garde contre une éventuelle adhésion de la Turquie.

L'ombre de Jo Cox
Au fil des jours, la campagne a gagné en intensité, jusqu'à prendre des accents haineux. La tension a culminé jeudi dernier avec le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox, tuée par un homme de 52 ans qui, lors de sa première comparution devant la justice, a déclaré : « Mort aux traîtres, liberté pour le Royaume-Uni ». Personne n'en a déduit qu'il s'agissait d'un tournant déterminant dans la campagne, même si les pro-Brexit, après trois jours de deuil et d'union nationale, ont accusé le camp d'en face de vouloir exploiter le drame.
De nouveaux hommages ont été rendus hier à Jo Cox, qui aurait dû fêter ses 42 ans ce jour même, à Londres, Paris, Beyrouth, Nairobi, New York et Alep, en Syrie. La campagne a également mis en évidence une fracture générationnelle, les jeunes Britanniques se disant majoritairement pro-UE tandis que les plus âgés veulent en sortir. Londres, les grandes villes, l'Écosse et l'Irlande du Nord sont pour le maintien, tandis que la province anglaise penche vers un Brexit. État membre depuis 1973, le Royaume-Uni, qui ne fait pas partie de l'espace Schengen et n'a pas adopté l'euro, profite déjà d'un statut à part dans l'UE. Il pourrait devenir le premier pays à décider de la quitter.

(Source : AFP)

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué