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Moyen Orient et Monde

« Pour vous, votre famille et l’avenir de notre pays, votez pour rester... »

Brexit

À J -2 du référendum, Cameron adresse une supplique en faveur du maintien dans l'UE, alors que les soutiens se multiplient à l'étranger.

OLJ
22/06/2016

À deux jours du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne (UE), le Premier ministre David Cameron a adressé hier une supplique aux Britanniques, les conjurant de penser à leurs enfants avant de choisir entre les deux camps, qui restent au coude-à-coude.
« Pour vous, votre famille et l'avenir de notre pays, votez pour rester » dans l'UE, a déclaré avec solennité M. Cameron, devant ses bureaux du 10 Downing Street. « Pensez aux rêves et aux espoirs de vos enfants et petits-enfants », a-t-il ajouté, soulignant qu'une sortie de l'UE ferait courir « un risque immense » à l'économie britannique et serait « irréversible ». « Nous quitterons l'UE pour de bon et la prochaine génération devra vivre avec les conséquences plus longtemps que nous ne le ferons », a-t-il insisté.
Un peu plus tôt dans la matinée, c'est l'ancienne star du football britannique David Beckham qui avait appelé à rester dans l'UE et à penser aux générations futures avant ce vote déterminant pour l'avenir du Royaume-Uni, mais aussi de l'Europe. « Pour nos enfants et leurs enfants, nous devrions faire face aux problèmes du monde ensemble et pas seuls », a-t-il fait valoir dans un communiqué publié par le camp du maintien dans l'UE.
Le milliardaire américain George Soros a, pour sa part, mis en garde contre un « vendredi noir » sur les marchés financiers en cas de sortie de l'UE de la cinquième économie mondiale, un scénario qui soulève aussi des craintes de contagion et qui pourrait faire vaciller tout l'édifice européen. George Soros anticipe une chute d'au moins 15 % de la valeur de la livre. « Alors, ironiquement, la livre sterling vaudrait à peu près un euro », a relevé, dans le quotidien The Guardian, celui qui s'était enrichi en spéculant contre la devise britannique lors du « mercredi noir » en 1992. Cette union protège « les droits des travailleurs », a martelé, de son côté, le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, appelant les électeurs à voter pour le maintien afin « de protéger les emplois ».
Si les bookmakers penchent sans ambiguïté pour une victoire du « In », la moyenne des six derniers sondages, effectuée par le site WhatUKThinks, place les deux camps à égalité parfaite (50-50 %). Jusqu'au dernier moment, chaque camp s'efforçait de convaincre les quelque 10 % d'indécis, lors d'un grand débat organisé par la BBC, hier soir, au stade de Wembley. C'est devant 6 000 personnes que s'affrontaient donc le chef de file des pro-Brexit, Boris Johnson, ex-maire conservateur de Londres, et son successeur, fraîchement élu à la mairie de la capitale, le travailliste Sadiq Khan.

Boîte de Pandore
Côté pro-Brexit, Nigel Farage, chef du parti europhobe Ukip, a présenté une nouvelle affiche, dénonçant des écoles surpeuplées en raison de l'afflux de migrants, lors d'une visite à bord de son bus de campagne dans le sud-est de l'Angleterre. La semaine dernière, il avait fait scandale, au sein même de son camp, avec une autre affiche, montrant une colonne de réfugiés avec la mention « Breaking Point » (Point de rupture). Ignorant les critiques, Nigel Farage a accusé le Premier ministre et le camp du maintien d'instrumentaliser le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox, sauvagement tuée à coups de couteau et par balles, jeudi dernier, dans sa circonscription du nord de l'Angleterre. Des appels sont également venus de l'étranger pour appeler les Britanniques à refuser un Brexit. Le président français, François Hollande, a souhaité que la réponse des électeurs britanniques soit « la plus confiante dans l'avenir de l'Europe ». « Le Royaume-Uni est en Europe, le Royaume-Uni fait partie de l'Europe, le Royaume-Uni porte les valeurs de l'Europe », a-t-il insisté. Et une trentaine de grandes entreprises françaises ont publié dans la presse britannique une déclaration d'amour à l'intention du Royaume-Uni pour qu'il « reste » dans l'UE.
À Hong-Kong, Li Ka-shing, l'un des hommes les plus riches d'Asie et détenteur d'énormes investissements en Grande-Bretagne, a jugé que le pays devait rester dans l'UE, estimant qu'un Brexit aurait « un impact négatif sur l'Europe tout entière ». Le ministre espagnol de l'Économie, Luis de Guindos, a quant à lui estimé que l'organisation du référendum avait été une « erreur » ayant ouvert une « boîte de Pandore ». « Je suis convaincu que le Brexit ne va pas l'emporter », mais, « de grâce, ne nous mettons pas dans cette situation une nouvelle fois », a-t-il ajouté, craignant la montée rapide du « populisme » en Europe.

(Source : AFP)

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