Déjà qualifiée en huitièmes, l'Espagne défie la Croatie dans une partie d'échecs entre milieux de terrain ce soir à l'Euro 2016 (22h00), avec la crainte que cette « finale » pour la 1re place du groupe D soit perturbée par de nouveaux débordements de supporters croates.
À Bordeaux, la « Roja » devrait affronter l'une des rares équipes du tournoi capables de rivaliser techniquement dans l'entrejeu, même si la probable absence sur blessure du milieu du Real Madrid Luka Modric affaiblit grandement la sélection aux damiers.
Épouvantail de ce début de tournoi, l'Espagne pourrait faire tourner son effectif mardi : l'équipe double championne d'Europe en titre (1re, 6 pts) peut se contenter d'un match nul contre la Croatie (2e, 4 pts) pour passer au tour suivant comme première de groupe.
Finir en tête lui permettrait d'affronter un 3e de groupe et d'éviter un huitième de finale à l'odeur de poudre contre l'Italie, 1re de la poule E et opposée au 2e du groupe D. Cela enverrait aussi la « Roja » dans la partie de tableau opposée à celle de la France, pays organisateur, et, peut-être, des champions du monde allemands si ceux-ci terminent en tête du groupe C.
« Nous avons réussi un très bon début avec deux victoires contre la République tchèque (1-0) et la Turquie (3-0), s'est réjoui dimanche le milieu offensif David Silva. Mais il nous reste un adversaire difficile, la Croatie, et nous devons gagner ou faire match nul pour terminer premiers. »
« La petite Espagne »
Sans le métronome Modric et peut-être sans l'avant-centre Mario Mandzukic, incertain, les Croates gardent assez d'arguments pour contrarier le jeu espagnol. Avec les milieux du FC Barcelone Ivan Rakitic et du Real Madrid Mateo Kovacic, cette sélection a été rebaptisée « la petite Espagne » par le sélectionneur tchèque Pavel Vrba.
Et les joueurs de l'Inter Milan Ivan Perisic ou Marcelo Brozovic complètent un entrejeu très dense, à même de bousculer les maîtres à jouer espagnols.
« Je ne sais pas si les deux meilleurs milieux de terrain (du tournoi) vont s'affronter. Mais il est vrai que la Croatie a un bon entrejeu et nous aussi, a dit Silva. Je m'attends à un très bon match, un match divertissant. »
La qualification déjà acquise devrait permettre au sélectionneur Vicente del Bosque de faire souffler un peu ses hommes de base. Si le technicien s'en tient à la mise en place aperçue dimanche lors d'un entraînement ouvert à la presse, il pourra effectuer quatre ou cinq changements au sein de l'équipe titulaire qui a débuté les deux premières rencontres.
Dans ce scénario, les défenseurs Hector Bellerin et Mikel San José, le milieu Koke et l'avant-centre Aritz Aduriz seraient alignés d'entrée. Et des joueurs comme Sergio Ramos, sous la menace d'une suspension en cas de nouvel avertissement, ou Alvaro Morata seraient laissés au repos.
Casillas titulaire pour le symbole ?
En l'absence de Ramos, la question du capitanat se pose. En principe, le meneur de jeu Andres Iniesta, étincelant depuis le début de l'Euro, pourrait porter le brassard.
Dans ce match à enjeu relativement moindre, il n'est toutefois pas exclu que Del Bosque offre une titularisation symbolique au gardien Iker Casillas (35 ans), capitaine aux 167 sélections qui a perdu sa place de n° 1 au profit de David de Gea en début de tournoi.
Mais ces considérations sportives pourront passer au second plan à Bordeaux si les encombrants supporters croates, souvent ultranationalistes, refont des leurs.
Contre la République tchèque (2-2) vendredi, des jets de fumigènes sur la pelouse, apparemment prémédités, ont provoqué l'interruption du match. L'UEFA a ouvert une procédure visant la Croatie. Et le sélectionneur Ante Cacic a qualifié les supporters concernés de « terroristes du sport ».
Ces derniers, en conflit avec leur fédération qu'ils jugent corrompue, ont néanmoins laissé entendre sur les réseaux sociaux qu'ils comptaient récidiver mardi soir, laissant planer une nouvelle menace dans le ciel de l'Euro 2016.
(Source : AFP)

