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Liban - Vacance présidentielle

Bkerké réclame des explications « franches »

Le patriarche maronite inaugurant hier les nouveaux locaux du couvent de l'Institut antonin à Baabda (photo Ani).

En clôture de la retraite spirituelle et du synode qui se sont tenus au patriarcat de Bkerké depuis le 8 juin, les évêques maronites du Liban et des pays de la diaspora ont publié hier un communiqué dans lequel ils ont évoqué les thèmes religieux, sociaux et nationaux débattus durant le rassemblement, appelant notamment les responsables politiques à s'exprimer franchement sur les raisons qui entravent l'élection d'un président de la République.
« Les évêques ont discuté de la vacance présidentielle qui se perpétue depuis plus de deux ans et ont appelé députés et factions politiques à s'expliquer avec franchise sur les véritables raisons qui empêchent l'élection d'un chef de l'État », indique ainsi le communiqué, qui souligne en outre que les participants au synode ont insisté sur « les répercussions négatives du vide présidentiel aux niveaux politique, sécuritaire, économique et social, ainsi qu'à l'échelle des institutions constitutionnelles et administratives, et de la corruption pratiquée sur le compte des deniers publics ».
Selon le texte, les responsables politiques ont été appelés à « revoir leurs comptes et leurs positions à la suite des résultats des élections municipales, afin d'être attentifs à la volonté du peuple et d'œuvrer à la reconstruction de l'État des institutions via l'élection présidentielle et l'élaboration d'une loi électorale moderne dans laquelle toutes les tranches de la population seraient équitablement représentées ». Les députés ont également été invités « à assumer leur devoir national et parlementaire à travers le renforcement du dialogue ».

Le vivre-ensemble
Sur un autre plan, les prélats ont passé en revue la situation des évêchés maronites au Liban, en Syrie (Damas, Alep et Lattaquié), à Haïfa, en Égypte et à Chypre, invitant ceux-ci à « résister sur leurs terres pour faire face à tous les plans internationaux de partition de la région, et (à) préserver le vivre-ensemble islamo-chrétien dans un climat de liberté, de démocratie et de respect de la diversité ».
Les évêques se sont en outre penchés sur les conditions déplorables que subissent le Liban et les pays du Moyen-Orient au double niveau économique et social, du fait des crises et des guerres qui y sévissent. Ils ont dans ce cadre passé en revue l'action des associations éducatives et sociales rattachées au patriarcat et aux congrégations religieuses, saluant les efforts déployés par ces organisations pour venir en aide aux familles incapables de subvenir à leurs besoins, tout en constatant que « les aides restent insuffisantes en l'absence d'un État et face à l'accroissement du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté ». Les prélats ont sollicité dans ce cadre « les responsables, qui veillent au devenir du peuple, à mettre en place un plan de sauvetage pour relever l'économie du pays ». Ils ont en outre exhorté la communauté internationale à « se solidariser avec le Liban et accroître son soutien matériel afin de procurer des aides suffisantes à près de deux millions de déplacés et d'œuvrer sérieusement à leur retour rapide dans leur pays ».
Sur le plan familial, les prélats n'ont pas manqué de constater « l'augmentation des procès touchant aux conflits conjugaux », estimant que ceux-ci « menacent la stabilité de la famille », tout en saluant les efforts fournis par les tribunaux religieux et les évêchés pour favoriser les réconciliations et accompagner au préalable les jeunes couples dans la préparation de leur mariage.
Enfin, le rassemblement des évêques a évoqué le volet sécuritaire, rendant hommage aux « efforts titanesques que fournissent l'armée et les forces de sécurité pour préserver la stabilité et la paix civile, et protéger les citoyens ».
Signalons que le P. Boulos Naffah, qui sera bientôt ordonné évêque, a été nommé par les participants au synode au poste d'assistant patriarcal, succédant ainsi à Mgr Boulos Sayah, vicaire patriarcal.

Raï et l'État de droit
En clôture du synode des évêques, le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a concélébré hier une messe à Bkerké avec les évêques maronites du Liban et de la diaspora. Dans son homélie, il a appelé à l'élection présidentielle et la réactivation des institutions constitutionnelles, soulignant que les « acteurs politiques ne peuvent procurer le bien public et bâtir l'État de droit tant que la parole de Dieu et les valeurs spirituelles, évangéliques et morales ne les auront pas libérés d'eux-mêmes et de leurs intérêts ». Il a estimé en conclusion
qu'« a tort celui qui ne voit la réussite que dans la richesse, le pouvoir et les armes, et non dans la vie pour le royaume de Dieu ».
En soirée, Mgr Raï s'est rendu à Baabda, accompagné des évêques Boulos Matar, Hanna Alouane, Boulos Sayah, Tanios Khoury, Samir Nassar, ainsi que du responsable du bureau de presse à Bkerké, Walid Ghayad. Sur la place principale, il a été accueilli par le président du conseil municipal de Baabda, Antoine Hélou, et le supérieur de l'Institut des pères antonins, Georges Sadaka, ainsi que par une foule d'habitants devant laquelle il s'est engagé à « prendre soin du Liban malade pour qu'il recouvre sa santé et vive dans la joie et la tranquillité ».
Le patriarche s'est ensuite dirigé vers l'Institut antonin, où il a été accueilli notamment par des personnalités du monde politique, social, culturel et religieux.


En clôture de la retraite spirituelle et du synode qui se sont tenus au patriarcat de Bkerké depuis le 8 juin, les évêques maronites du Liban et des pays de la diaspora ont publié hier un communiqué dans lequel ils ont évoqué les thèmes religieux, sociaux et nationaux débattus durant le rassemblement, appelant notamment les responsables politiques à s'exprimer franchement sur les...

commentaires (3)

COMME S.ILS NE SAVENT PAS ! WAYNAK YIA PATRIARCHE DES PATRIARCHES SFEIR... WAYNAK...

LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

10 h 23, le 18 juin 2016

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Commentaires (3)

  • COMME S.ILS NE SAVENT PAS ! WAYNAK YIA PATRIARCHE DES PATRIARCHES SFEIR... WAYNAK...

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    10 h 23, le 18 juin 2016

  • En tout cas, dommage, si ces "gens" subissaient les mêmes pertes que subit "le peuuuple" de ce pays, ils l’auraient consolé bien mieux qu’ils ne le font en déliant, e. g, les cordons de la bourse de leurs bien-aimés Wâkkfs-Biens-d’Église !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 33, le 18 juin 2016

  • De quoi je me mêle ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 23, le 18 juin 2016

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