Angela Merkel a prévenu jeudi qu'en cas de Brexit les Britanniques ne pourraient plus espérer bénéficier des avantages de l'UE et seraient considérés comme un "pays tiers", extérieur au bloc, lors de futures négociations.
"Les négociations que nous menons aujourd'hui à 28 Etats membres deviendraient une négociation entre 27 Etats membres et un autre, qui serait alors un pays tiers", extérieur au bloc, a déclaré la chancelière allemande à Berlin lors d'une conférence de presse, aux côtés du Premier ministre slovaque, Robert Fico, dont le pays assurera à compter du 1er juillet la présidence tournante semestrielle de l'Union européenne. "Je ne peux pas m'imaginer que cela constitue un avantage" pour la Grande-Bretagne, a-t-elle ajouté.
Cette mise au point, déjà faite la semaine dernière par son ministre des Finances Wolfgang Schäuble, vise à répondre aux arguments de certains des partisans du Brexit, qui affirment qu'il sera possible au Royaume-Uni, même en cas de sortie, de négocier un statut privilégié permettant au pays de jouir de la plupart des avantages de l'UE, notamment en matière commerciale à l'image de la Norvège ou de la Suisse.
Tant la Grande-Bretagne que les autres pays de l'UE ne pourront plus profiter, en cas de sortie du Royaume-Uni de l'UE suite au référendum du 23 juin, des avantages communs liés au "marché unique" et au "bien-être commun" qu'apportent l'UE à 28 pays, a ajouté la chancelière.
Ces bénéfices "ne seront plus disponibles", a-t-elle dit.
Selon deux nouveaux sondages publiés jeudi, les partisans de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne vont l'emporter le 23 juin, Ipsos-Mori voyant le "leave" en tête pour la première fois, à 53% contre 47%, tandis que Survation donne un rapport de 52% contre 48%.
Le chef du gouvernement slovaque a du coup paru se résoudre à une victoire des partisans d'un départ du Royaume-Uni.
"Permettez-moi d'emprunter à la rhétorique du football: lorsqu'une équipe perd 3 à 0 à la 90ème minute du match j'ai du mal à croire que nous allons gagner 4 à 3 à la fin. Cela veut dire que nous devons rester réalistes (...) il nous faut nous préparer de manière très professionnelle aux deux scénarios", à savoir le Brexit ou le maintien du pays dans l'UE, a-t-il dit.
Il a ajouté en avoir discuté avec Angela Merkel. "Nous souhaitons le maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE mais si cela advient (le Brexit, ndlr) nous devrons être prêts et nous avons parlé avec Mme Merkel de manière très ouverte des évolutions qu'il pourrait y avoir après le référendum", a-t-il dit.
Il n'a toutefois pas donné de détail. Les médias européens spéculent depuis longtemps sur un "plan B" que pourraient présenter les institutions européennes et les pays fondateurs de l'UE, à commencer par l'Allemagne et la France, pour tenter de relancer la construction européenne et d'éviter un effet de contagion après le Brexit.
Toutefois rien de précis n'a été dévoilé jusqu'ici. Et M. Schäuble, pourtant grand défenseur du projet européen, a mis en garde récemment contre toute tentation d'un projet de relance d'inspiration fédéraliste, au vu de la poussée des sentiments populistes et anti-européens sur le continent.
"Nous ne pourrions pas, comme réponse à un Brexit, promouvoir davantage d'intégration. Cela serait stupide, beaucoup demanderaient à juste titre si nous autres responsables politiques n'avons toujours pas compris" ce que veulent les peuples européens aujourd'hui, a-t-il déclaré à l'hebdomadaire Spiegel.
"Les négociations que nous menons aujourd'hui à 28 Etats membres deviendraient une négociation entre 27 Etats membres et un autre, qui serait alors un pays tiers", extérieur au bloc, a déclaré la chancelière allemande à Berlin lors d'une conférence de presse, aux côtés du Premier ministre slovaque, Robert Fico, dont le pays assurera à compter du 1er juillet la présidence tournante semestrielle de l'Union européenne. "Je ne peux pas m'imaginer que cela constitue un avantage" pour la Grande-Bretagne, a-t-elle ajouté.
Cette mise au point, déjà faite la semaine dernière par son ministre des...


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