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Liban

Élan de solidarité avec quatre notables de Aïn Dara

Sauvegarde de l’environnement
M.H.G. | OLJ
11/06/2016

Une cinquantaine de personnes ont observé hier un sit-in de solidarité avec quatre notables du village de Aïn Dara – le moukhtar du village, Antoine Bader, un membre du conseil municipal, Steven Haddad, l'ingénieur Abdallah Haddad, ainsi que l’ingénieur Dib Bader – convoqués par la justice au poste de gendarmerie de Mdeirej, dans le cadre de la plainte déposée contre eux par Pierre Fattouche, le frère du député de Zahlé, Nicolas Fattouche.
Brandissant des calicots, les manifestants ont dénoncé des tentatives menées par le clan Fattouche visant à les terroriser en exploitant la justice dans le but de faire taire leurs protestations à caractère écologique – relayées par le conseil municipal fraîchement élu – contre le projet de mégacimenterie que le député souhaite transférer de Zahlé à la localité de Aïn Dara.

Prenant la parole, Abdallah Haddad – poursuivi pour « diffamation » contre M. Fattouche, apparemment pour des propos publiés dans L'Orient-Le Jour et sur Facebook – a affirmé que ce genre d'intimidations n'aurait pas raison de la lutte des habitants de Aïn Dara et ses alentours pour préserver leur environnement contre les « projets destructeurs », comme les carrières ou la cimenterie. Aussi a-t-il appelé le Conseil des ministres à se saisir du dossier pour empêcher une telle catastrophe de s'abattre sur son village.
Il a par ailleurs déploré le fait que pour M. Fattouche, comme il l'avait dit lors de l'affaire de l'agression contre l'employée du Palais de justice de Baabda Manal Daou en 2014, « les droits de l'homme et la liberté d'expression ne sont que des suppositoires créés par l'Occident ».

Venu soutenir son frère, le secrétaire général du Renouveau démocratique, Antoine Haddad, a dénoncé « l'utilisation de la justice comme moyen de répression de la liberté d'expression et comme moyen d'intimidation », estimant que « le droit et la loi ne sauraient servir d'instrument pour museler des citoyens qui ne font qu'exercer leurs droits légitimes ». Antoine Haddad a ensuite appelé la contestation à s'élargir à l'ensemble de la région touchée par la crise écologique en question, laquelle ne concerne pas que Aïn Dara.
Le conseiller médias de l'ancien président de la République Michel Sleiman, Bechara Khairallah, a également pris position contre cette mesure répressive prise à l'encontre de M. Haddad et des trois autres notables du village.

Il convient de signaler que durant son interrogatoire au poste de gendarmerie en marge du sit-in, il a été demandé à Abdallah Haddad de signer un engagement en vertu duquel il ne s'en prendrait plus à Nicolas Fattouche – un procédé qui n'est pas sans rappeler les méthodes des services de renseignements syriens sous l'occupation, qui faisaient signer des papiers aux étudiants pour les contraindre à cesser leurs activités politiques.
Inutile de préciser que M. Haddad et ses compagnons de résistance ont refusé d'obtempérer, estimant qu'ils se désisteraient ainsi d'un droit citoyen sacro-saint à défendre leur localité.
Affaire à suivre.

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rayelie

quelle tristesse! rien ne leur sert de leçons, pourquoi haïr les syriens parce qu'ils ont détruit et pillé le pays, quand nos "RESPONSABLES" politique font pareil et ils y arrivent même mieux que personnes.Pff!!

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