Les réserves de change de la Banque centrale chinoise ont fondu de 28 milliards de dollars le mois dernier pour glisser à 3 190 milliards de dollars. Archives AFP
Les réserves de devises étrangères de la Chine ont chuté en mai à leur plus bas niveau depuis 2011 selon la Banque centrale (PBOC), leur valeur étant écornée par le renchérissement du dollar face aux autres monnaies et par des fuites de capitaux.
Les colossales réserves de changes chinoises, les plus importantes du monde, ont fondu de 28 milliards de dollars le mois dernier pour glisser à 3 190 milliards de dollars, a indiqué hier soir la PBOC. Ce recul, après deux mois consécutifs de hausse, correspond à peu près aux attentes des analystes.
Ces réserves s'étaient déjà fortement repliées fin 2015 et début 2016, en raison des efforts de la Banque centrale pour contrer à tout prix la dépréciation trop rapide du renminbi (autre nom du yuan) face au dollar et l'hémorragie de capitaux hors du pays. Pour soutenir sa monnaie, Pékin avait puisé abondamment dans ses réserves de changes pour racheter des yuans.
Mais la rechute de mai « reflète principalement des fluctuations du marché des changes » et le renforcement du dollar, expliquait Julian Evans-Pritchard, analyste du cabinet Capital Economics.
Face à un billet vert renchéri – notamment en raison d'un relèvement attendu des taux directeurs de la Banque centrale américaine –, les réserves chinoises constituées d'autres devises étrangères ont vu logiquement leur valeur se réduire.
À ce phénomène se combine une nouvelle accélération des fuites nettes de capitaux hors de Chine, estimées par Capital Economics à 32 milliards de dollars pour le mois dernier, sur fond d'inquiétudes persistantes quant à l'économie chinoise et à l'évolution du renminbi.
Face à ces pressions conjuguées sur la devise chinoise, la PBOC a accompagné le mouvement en abaissant, le 30 mai, de presque 2 % en un jour le taux-pivot du yuan face au dollar, à son plus bas niveau en plus de cinq ans. Encore une fois, « cette dépréciation reflète le renchérissement du dollar plutôt qu'une tentative de la part de la PBOC de dévaluer le renminbi », avertissait Julian Evans-Pritchard.
Pékin, soucieux de faire du renminbi une devise internationale de référence, s'était engagé l'an dernier à laisser le cours du yuan fluctuer plus librement pour mieux refléter les mouvements du marché des changes. Mais le yuan avait fait l'objet d'une soudaine dévaluation d'environ 5 % en août dernier, puis d'une nouvelle forte dépréciation en janvier – exacerbant la nervosité et les inquiétudes des investisseurs.
L'usage du yuan dans les paiements internationaux a nettement reculé en avril, d'après la société financière Swift, sur fond de défiance à l'égard de la politique de changes de la Chine, et en dépit des efforts du régime pour promouvoir sa devise.
(Source : AFP)

