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Moyen Orient et Monde

Alep encore et toujours meurtrie par les bombes

Syrie

L'Onu a annoncé avoir obtenu l'autorisation pour acheminer en juin de l'aide par voie terrestre à 12 zones assiégées.

OLJ
04/06/2016

La ville d'Alep a vécu l'enfer des bombardements incessants qui ont fait plusieurs dizaines de morts, hier. Dans la deuxième ville du pays ravagé par plus de cinq ans de conflit, au moins 57 civils ont ainsi péri dans des frappes de l'aviation du régime sur les quartiers est contrôlés par les rebelles, selon un dernier bilan de la Défense civile. Ces bombardements, « d'une folle intensité », selon un correspondant de l'AFP, sont les plus forts depuis un mois. Leur violence était telle que la prière du vendredi a été annulée et les rues étaient désertées, alors que les secouristes s'employaient à trouver des survivants dans les décombres d'immeubles endommagés ou détruits. En soirée, le rythme des frappes a fortement diminué alors que les bombardements à la roquette étaient intermittents. Au moins 43 civils ont péri dans la chute de barils d'explosifs largués par l'aviation, tandis que 14 sont morts dans un raid contre un bus circulant sur la route du Castello, le seul axe permettant un contact des secteurs rebelles avec l'extérieur, selon la Défense civile.
« La route du Castello est de facto coupée car tout mouvement est visé », a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Cela signifie que les quartiers rebelles, où vivent quelque 200 000 personnes, « sont désormais totalement assiégés ». Alep, l'ancienne capitale économique située dans le Nord syrien, est divisée entre quartiers rebelles à l'Est et quartiers contrôlés par le régime à l'Ouest. D'après les médias du régime, deux enfants ont péri dans des tirs des rebelles sur les quartiers gouvernementaux.
Toujours dans la procince d'Alep, le fief rebelle de Marea continue d'opposer une farouche résistance aux jihadistes de l'EI qui tentent de prendre la ville. Dans cette même région, les avions de la coalition internationale ont largué des munitions aux rebelles qui combattent l'EI, a annoncé hier l'OSDH. « Les avions de la coalition ont largué, ces dernières 24 heures, des munitions, des armes légères et des armes antichars aux rebelles à Marea », a affirmé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Selon lui, c'est la première fois que la coalition largue des munitions à des combattants autres que les Kurdes. Un responsable américain de la Défense a confirmé le largage des munitions aux rebelles près de Marea, mais a démenti qu'il s'agissait d'un premier largage et la présence des armes légères et antichars.

Progrès des forces arabo-kurdes
Sur un autre front, les forces du régime soutenues par l'aviation russe avançaient à partir du Sud en direction de la ville de Tabqa, contrôlée par l'EI dans la province de Raqqa (Nord), a indiqué l'OSDH. Dans le même temps, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes et appuyées par les États-Unis, progressaient vers cette même ville mais à partir du Nord, à la faveur d'une offensive lancée le 24 mai.
Du côté de la ville de Minbej, dans la province de Raqqa également, les groupes rebelles syriens qui cherchent à reprendre la localité à l'EI ont conquis pour l'instant environ 100 kilomètres carrés de terrain, selon un porte-parole militaire américain. « Depuis le début de l'offensive, le 30 mai, avec le soutien de plus de 55 frappes aériennes de la coalition » internationale conduite par Washington, les forces rebelles ont gagné environ « 100 kilomètres carrés de terrain » à l'ouest de l'Euphrate, a indiqué hier le colonel Pat Ryder, un porte-parole du Centcom, le commandement militaire américain au Moyen-Orient. La ville de Minbej est située sur un axe reliant Raqqa, le bastion du groupe État islamique en Syrie, à la frontière turque. Reprendre la ville permettrait de couper cet axe « crucial », utilisé par l'EI pour faire aller et venir « combattants, armements, finances, approvisionnements » entre la frontière turque et Raqqa, a expliqué le porte-parole. Selon la même source, l'offensive sur Minbej est menée par environ 3 000 combattants arabes locaux, avec le soutien d'environ 500 miliciens kurdes.

Aide « limitée » à Daraya et Douma
L'escalade de la violence rend plus urgente la nécessité d'envoyer des aides humanitaires dans le pays, où près de 600 000 personnes, selon l'Onu, vivent dans 19 zones ou localités encerclées par les belligérants, principalement par le régime, et près de quatre millions dans des zones difficiles d'accès. Alors que le Conseil de sécurité à New York était réuni pour discuter des moyens de fournir nourriture et médicaments à des centaines de milliers de personnes assiégées dans le pays en guerre, l'Onu a annoncé avoir reçu le feu vert du régime de Bachar el-Assad pour envoyer ces secours. Au total, l'Onu avait demandé l'accès à l'aide humanitaire dans 34 zones assiégées ou difficiles d'accès. Damas a autorisé l'accès à 23 d'entre elles, dont 12 zones assiégées, a indiqué le bureau des opérations humanitaires de l'Onu. Mais le régime a seulement accepté une livraison d'aide « limitée » dans trois zones assiégées, dont Daraya et Douma, et a refusé l'accès au quartier al-Waer à Homs et la ville de Zabadani. Des diplomates à l'Onu ont néanmoins souligné que des autorisations accordées dans le passé par le régime ne s'étaient jamais matérialisées sur le terrain. Ils ont en outre rapporté que l'Onu allait demander demain dimanche l'accord du pouvoir à Damas pour pouvoir acheminer aussi de l'aide par largages aériens.

(Source : AFP)

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