Des forces de sécurité irakiennes se dirigeant vers Fallouja, hier. Alaa al-Marjani/Reuters
Les forces irakiennes soutenues par l'allié américain peinent à avancer dans Fallouja face à la résistance de centaines de jihadistes aguerris du groupe État islamique (EI). Au 10e jour de leur offensive, les forces irakiennes tentent d'avancer vers le centre de la ville. Elles sont parvenues à entrer lundi dans ce fief jihadiste situé à seulement 50 km à l'ouest de Bagdad. « Nos forces poussent pour entrer dans le centre-ville, mais il y a une forte résistance » de l'EI, explique le général Abdelwahab al-Saadi, commandant de l'opération. Il a fait état de combats de rue. Le Pentagone a, pour sa part, affirmé que la bataille était « dure » et que les jihadistes avaient « l'intention de se battre ». Soumis à un siège quasi hermétique à Fallouja, l'EI est condamné à se battre, contrairement aux précédentes batailles où les jihadistes parvenaient à sortir des villes devant la progression des forces armées.
Des enfants forcés au combat
Implantés depuis janvier 2014 dans cette ville de la province d'el-Anbar, les jihadistes ont sans doute fortifié leurs défenses. « À chaque fois que nos forces essayent d'avancer, ils font face à des systèmes de défense mis en place par Daech » (acronyme en arabe de l'EI), a indiqué un colonel de la police. Les commandants irakiens affirment avoir tué des dizaines de jihadistes depuis le début de l'offensive le 23 mai, mais restent discrets sur leurs pertes. Néanmoins, le nombre de cercueils renvoyés dans les provinces à majorité chiite du sud de l'Irak et d'enterrements dans la ville sainte chiite de Najaf suggère que le camp antijihadiste a subi de lourdes pertes.
« Depuis le début de l'assaut, nous avons reçu quelque 70 cercueils de martyrs », a dit un membre des forces de sécurité devant la « Vallée de la paix » à Najaf, le plus grand cimetière au monde. Des responsables de la province de Bassora (Sud) ont confirmé la mort de 26 miliciens progouvernementaux originaires de la région. Un autre responsable a confirmé 12 morts originaires de Najaf. À Bagdad, une centaine de combattants ont été soignés depuis lundi dans des hôpitaux.
Aucun bilan n'est disponible sur des victimes civiles, mais quelque 50 000 civils sont bloqués dans le centre de Fallouja. Parmi eux, au moins 20 000 enfants « risquent le recrutement forcé », a déclaré le représentant de l'Irak pour le Fonds de l'Onu pour l'enfance (Unicef) Peter Hawkins. « Les enfants sont forcés à porter les armes pour combattre dans une guerre d'adultes. Leur vie et leur avenir sont en danger. » L'Unicef a appelé à l'ouverture de passages sûrs pour les civils, l'Onu ayant accusé l'EI de les utiliser comme boucliers humains. Les habitants, au nombre de quelque milliers, qui ont pu fuir Fallouja ou sa périphérie ont parlé d'un manque d'eau potable, de nourriture et de médicaments. Aucune aide n'est parvenue dans la ville depuis septembre 2015.
Enfin, s'adressant aux commandants de l'opération, le Premier ministre Haider al-Abadi a dit son inquiétude pour la population de Fallouja.
Cité par la télévision, il a expliqué qu'il aurait été « possible de conclure l'offensive rapidement si la protection des civils n'était pas l'un des fondements de notre plan ».
(Source : AFP)

