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Tunisie : des journalistes mis au chômage fustigent le "mutisme" du gouvernement

AFP
01/06/2016

Des journalistes d'un quotidien arabophone tunisien, en sit-in depuis plusieurs semaines pour protester contre la fermeture "sans préavis" de leur journal, ont fustigé mercredi le "mutisme total" du gouvernement et estimé que leur bataille était celle "de tout le secteur".

Vingt-et-un journalistes et trois techniciens de "Attounissia", un quotidien lancé fin 2011 dans la foulée de la révolution, observent un sit-in devant le siège du journal depuis le 12 mai, date à laquelle ils disent l'avoir trouvé fermé.

"Nous n'avons reçu aucun millime depuis quatre mois, et (le directeur) Nasreddine Ben Saïda a fermé le local du journal sans préavis", a affirmé à l'AFP Jihane Laghmari, jusque-là responsable du service politique. "Nous en avons informé le gouvernement mais il n'y a aucune réaction de sa part. C'est le mutisme total", a-t-elle ajouté.
Sollicités, le service de communication du gouvernement ainsi que M. Ben Saïda n'ont pu être joints jusqu'à présent.

Selon un photographe de l'AFP, des banderoles arborant les slogans "Le salaire est un droit et l'Etat est muet devant les voleurs" ou encore "Affamer les gens pour les soumettre" ont été déployées devant le siège du journal.
"La bataille d'Attounissia est celle du tout le secteur", a encore déclaré Mme Laghmari.

Interrogé par l'AFP, le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Néji Bghouri, a apporté son soutien aux employés du quotidien.
"Le patron d'Attounissia a fermé le journal et n'a pas payé ses employés depuis février alors qu'il prépare dans le même temps le lancement d'une nouvelle revue", a-t-il avancé.
"Le gouvernement doit prouver son soutien aux médias par des actions et non par des paroles. (...) Il faut que l'Etat intervienne rapidement pour que les patrons des groupes de presse appliquent la loi", a clamé M. Bghouri.
D'après lui, de juin 2015 à mai 2016, environ 160 cas de "licenciements arbitraires" ont été recensés dans les médias, et quelque 300 employés n'ont pas perçu tous leurs salaires.

La situation de la presse est financièrement "très fragile et plusieurs journaux risquent de fermer", surtout après les décisions des gouvernements successifs de l'après-révolution de baisser les abonnements des entreprises publiques, a pour sa part estimé le président de la Fédération tunisienne des directeurs de journaux, Taieb Zahar.
Le gouvernement actuel "continue de faire la sourde oreille et n'a rien fait de concret pour organiser ce secteur", selon lui.

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