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Moyen Orient et Monde - France

Le gouvernement cherche à éviter l’embrasement social

Les employés de la SNCF, transporteur officiel de l'Euro, ont entamé hier soir une grève illimitée et une nouvelle journée de manifestations est prévue le 14 juin.

Après la grève illimitée entamée hier soir par son personnel, la SNCF estime que les perturbations dans les transports, qui se feront sentir aujourd’hui, seront significatives mais pas paralysantes. Matthieu Alexandre/AFP

À dix jours de l'Euro de football, le gouvernement français tentait hier d'éviter qu'une grève dans les transports n'ajoute au désordre né de trois mois de fronde contre la réforme du droit du travail.
Pour la huitième fois depuis début mars, les employés de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), transporteur officiel de l'Euro, ont entamé une grève hier soir, cette fois-ci pour une durée illimitée. Selon la SNCF, les perturbations dans les transports qui se feront sentir aujourd'hui seront significatives, mais pas paralysantes (60 % des TGV et 30 % à 40 % des trains régionaux circuleront). À l'international, la SNCF prévoit un trafic normal sur Eurostar (Royaume-Uni) et Alleo (Allemagne), 75 % des Lyria (Suisse) et Thalys, et seulement 40 % des Ellipsos (Espagne) et un tiers des trains SVI (Italie).
Centré sur le temps de travail des cheminots, ce conflit n'est pas directement lié à la fronde animée par les syndicats contestataires contre la réforme du code du travail défendue par le gouvernement. Soucieux d'apaiser ce foyer secondaire, l'exécutif a fait pression pour faire aboutir les négociations entre les cheminots et la direction de la SNCF. Selon le syndicat réformateur CFDT, il a véritablement « forcé la main de l'entreprise », notamment pour obtenir le maintien des règles actuelles sur le repos hebdomadaire des conducteurs. Toujours pour éviter l'embrasement social, le gouvernement a annoncé hier une revalorisation du salaire des enseignants. La veille, il avait sauvegardé des crédits pour la recherche. « Noël est en mai », a ironisé le président du Sénat, Gérard Larcher (droite).
Le gouvernement essaie-t-il de prévenir tout autre front en donnant satisfaction à des revendications catégorielles ? « Je ne nie pas qu'il y ait un contexte, mais l'idée d'un troc, non », a déclaré à la presse le Premier ministre Manuel Valls.

Huile sur le feu
L'exécutif a réaffirmé en revanche son refus de céder sur la réforme du droit du travail. « Reculer serait une faute politique », selon M. Valls. « Si on abandonne, si on cède », c'est acter « au fond que le blocage paie », fait valoir son entourage. Le projet « ne sera pas retiré », a aussi réaffirmé le président François Hollande.
Pour l'exécutif, à l'impopularité record, la loi, en cours de discussion au Parlement, doit permettre d'adapter les règles du travail à la réalité de l'entreprise et favoriser ainsi la lutte contre un chômage endémique (10 %). Estimant qu'elle va accroître la précarité des salariés, ses détracteurs continuent de réclamer le retrait pur et simple du texte et ont programmé une nouvelle journée de manifestations pour le 14 juin.
En attendant, les syndicats contestataires CGT et FO, majoritaires à eux deux, mobilisent leurs militants dans tous les secteurs. La semaine dernière, ils ont bloqué de nombreux sites pétroliers, suscitant des pénuries de carburants. La grève se poursuivait hier dans les raffineries, mais l'Union française des industries pétrolières a constaté « une très nette amélioration » de l'approvisionnement des stations-service. La CGT a également appelé à la grève dans le métro et les transports publics parisiens à partir de demain. D'autres actions auront lieu dans le secteur des déchets ou des aéroports.
Le Medef, principale organisation patronale, dont le président s'est attiré les foudres de la CGT en comparant ses militants à des terroristes, a encore jeté de l'huile sur le feu hier : il a appelé les entreprises touchées par les blocages à porter plainte pour « délit d'entrave à la liberté du travail ».
(Source : AFP)

À dix jours de l'Euro de football, le gouvernement français tentait hier d'éviter qu'une grève dans les transports n'ajoute au désordre né de trois mois de fronde contre la réforme du droit du travail.Pour la huitième fois depuis début mars, les employés de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), transporteur officiel de l'Euro, ont entamé une grève hier soir, cette fois-ci pour une durée illimitée. Selon la SNCF, les perturbations dans les transports qui se feront sentir aujourd'hui seront significatives, mais pas paralysantes (60 % des TGV et 30 % à 40 % des trains régionaux circuleront). À l'international, la SNCF prévoit un trafic normal sur Eurostar (Royaume-Uni) et Alleo (Allemagne), 75 % des Lyria (Suisse) et Thalys, et seulement 40 % des Ellipsos (Espagne) et un tiers des trains SVI...
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